Le Sénat a rejeté la création de la taxe Zucman, une mesure visant à taxer les ultra-riches et à rétablir l’égalité devant l’impôt. Cette décision relance le débat sur la justice fiscale en France, alors que les inégalités de patrimoine continuent de se creuser et que l’État cherche à renforcer ses finances publiques.
La taxe Zucman tire son nom de l’économiste français Gabriel Zucman, défenseur d’un système fiscal mondial plus équitable. Selon lui, cette mesure permettrait de combattre l’évasion fiscale des ultra-riches qui parviennent à structurer leur patrimoine de manière à réduire leur imposition. En France, les 1.800 foyers les plus riches, selon Zucman, seraient les premiers concernés par cet impôt. Cette taxe aurait permis de récupérer jusqu’à 20 milliards d’euros par an, renforçant ainsi les finances publiques.
Zucman a détaillé dans plusieurs tribunes que cette mesure visait à rétablir l’égalité devant l’impôt, un principe fondamental inscrit dans la Constitution. Pour lui, la mise en place d’un impôt minimum sur les plus grandes fortunes permettrait de garantir que ceux qui bénéficient le plus de l’économie ne puissent plus échapper à leur contribution. En parallèle, il a aussi proposé que cette taxe s’inscrive dans une démarche internationale, notamment dans le cadre des discussions au G20.
Un rejet de la taxe Zucman motivé par des craintes économiques
Le Sénat, cependant, a rejeté cette proposition, invoquant plusieurs raisons. En premier lieu, la crainte d’un exil fiscal des plus fortunés a pesé lourd dans la décision. La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a souligné que cette taxe risquait de créer une « illusion fiscale », avec des effets néfastes à long terme. Selon elle, les ultra-riches pourraient choisir de quitter le pays, ce qui entraînerait une perte de recettes fiscales pour l’État. Cette perspective a inquiété les sénateurs, surtout dans un contexte où la France cherche à maintenir son attractivité économique et ses investissements étrangers.
De plus, certains opposants ont évoqué le caractère « confiscatoire » de la mesure, soulignant qu’elle risquait de nuire à l’image de la France en tant que destination favorable à l’investissement. Le gouvernement a aussi soulevé des préoccupations sur la constitutionnalité du texte et les risques d’injustice qu’il pourrait engendrer dans un système fiscal déjà complexe, rapportent nos confrères de BFMTV.
Une bataille pour l’égalité fiscale qui n’est pas terminée
Le rejet de cette mesure n’est pas un point final pour les partisans de la taxe Zucman. Les sénateurs écologistes, soutenus par une partie de la gauche, ont déjà promis de revenir à la charge lors de l’examen du budget 2026. Ils voient dans ce rejet une « bataille perdue », mais pas la fin du combat pour une plus grande justice fiscale. En attendant, certains observateurs estiment que cette taxe aurait pu constituer une solution efficace face aux défis budgétaires de la France, surtout dans un contexte où le pays cherche à réduire sa dette et à financer des réformes sociales importantes.
Les partisans de cette taxe sur les ultra-riches prévoient donc de redéposer le texte lors du prochain budget, avec l’espoir de convaincre davantage de parlementaires et de mettre une nouvelle pression sur le gouvernement pour garantir un système fiscal plus juste. Mais la question de la justice fiscale dans un pays où les inégalités de richesse continuent de se creuser est loin d’être réglée, et le débat sur la taxation des plus fortunés reste ouvert.
Cette défaite au Sénat relance le débat sur l’équité fiscale en France. Malgré les arguments en faveur de la taxe Zucman, la question de la taxation des ultra-riches continue de diviser la classe politique, et les dilemmes économiques restent présents. Le débat sur un système fiscal plus juste est loin d’être clos.








