Surendettement en 2024 : La Banque de France alerte sur une hausse alarmante et précise les profils des personnes concernées

Le nombre de dossiers de surendettement a augmenté de 10,8 % en 2024, avec 134 803 dépôts, selon la Banque de France. Les ménages modestes sont les plus touchés, notamment à cause des crédits à la consommation. L’inflation aggrave la situation, malgré une tendance à la baisse sur le long terme.

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Photo de la Banque de France pour évoquer le surendettement
Surendettement en 2024 : La Banque de France alerte sur une hausse alarmante. Les profils des personnes concernées | Econostrum.info

Le nombre de dossiers de surendettement déposés en France a augmenté de 10,8 % en 2024, selon les données publiées par la Banque de France. Cette tendance confirme l’impact de l’inflation sur les ménages les plus fragiles. Bien que ces chiffres restent inférieurs aux niveaux d’avant la pandémie, ils traduisent une augmentation continue du recours aux dispositifs d’aide pour les personnes en difficulté financière.

La Banque de France rapporte dans un dossier publié le 13 février que 134 803 dossiers ont été déposés au cours de l’année 2024 auprès des commissions départementales de surendettement. Cette hausse fait suite à une augmentation de 8 % en 2023, marquant ainsi une accélération du phénomène. Si ces niveaux restent inférieurs de 6 % à ceux de 2019 et de 42 % à ceux de 2014, ils témoignent d’une vulnérabilité persistante de certaines catégories de la population.

Un surendettement qui touche en priorité les ménages modestes

L’enquête typologique de la Banque de France indique que les personnes les plus concernées par le surendettement sont majoritairement seules et disposent de revenus modestes. Plus de la moitié des dossiers déposés en 2024 proviennent de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, contre 14 % pour l’ensemble de la population française.

Les locataires et les personnes hébergées à titre gratuit sont surreprésentés parmi les ménages surendettés, représentant 88 % des dossiers. La répartition géographique met en évidence de fortes disparités entre les départements. Si Paris enregistre 154 dossiers pour 100 000 habitants, ce chiffre grimpe à 459 dans l’Aisne et 455 dans le Pas-de-Calais, contre seulement 125 en Lozère.

Le poids croissant des crédits à la consommation

La Banque de France souligne que la part des crédits à la consommation dans les dossiers de surendettement reste élevée. En 2024, 43 % des dossiers sont liés à ce type de prêts, incluant les crédits renouvelables, les prêts personnels et les locations avec option d’achat. La proportion de ménages ayant au moins une dette à la consommation a progressé de 0,6 point sur un an, atteignant 73 %.

L’institution explique cette hausse par un effet retardé de l’inflation sur le budget des ménages les plus fragiles. Malgré cette augmentation, la Banque de France observe dans son rapport une tendance générale à la baisse du surendettement sur le long terme. L’encadrement plus strict des crédits à la consommation et la diminution du chômage ont contribué à limiter la progression du phénomène ces dernières années.

Si l’inflation continue d’exercer une pression sur les budgets les plus modestes, les dispositifs de prévention et d’accompagnement mis en place par les autorités restent essentiels pour éviter une aggravation de la situation.

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