Suppression de jours fériés : un choc pour le secteur du tourisme en France

La proposition de supprimer deux jours fériés suscite des inquiétudes dans le secteur du tourisme, qui redoute des conséquences économiques importantes.

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Suppression de jours fériés : un choc pour l’industrie du tourisme en France. Crédit : Canva | Econostrum.info

Le gouvernement propose de supprimer deux jours fériés pour réaliser des économies, une mesure qui suscite des inquiétudes au sein de l’industrie du tourisme. Si cette décision venait à être adoptée, elle pourrait avoir des conséquences économiques importantes pour plusieurs secteurs, notamment l’hôtellerie et la restauration.

François Bayrou propose de supprimer deux jours fériés dans le cadre d’une réforme visant à réaliser des économies annuelles de 4,2 milliards d’euros. Cette initiative a suscité une vive inquiétude parmi les professionnels de l’industrie du tourisme, qui craignent des conséquences économiques dramatiques, notamment pour les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. Ces jours fériés, tels que le 8 mai et le lundi de Pâques, sont des périodes clés pour ces activités, générant des revenus significatifs à travers les réservations, le tourisme et les sorties.

La suppression de deux jours fériés pourrait aggraver la situation pour le secteur du tourisme

La suppression de ces journées aurait, selon les experts, un impact direct sur le chiffre d’affaires du secteur. Catherine Querard, présidente du GHR (Groupement des Hôtelleries et Restaurations de France), explique que le manque à gagner serait de 100 millions d’euros par jour, ce qui serait particulièrement dommageable pour le secteur du tourisme de loisirs, rapporte Euronews. Ces jours fériés correspondent également à des moments clés pour la reprise de la saison touristique, notamment avec le recrutement des saisonniers, élément essentiel du fonctionnement des établissements en haute saison.

Pour le GHR, cela va à l’encontre de la dynamique positive que le secteur cherche à impulser en cette période importante de l’année. Face à cette situation, l’industrie du tourisme propose d’autres alternatives, suggérant de supprimer des jours fériés qui auraient moins d’impact économique. Le 11 novembre, par exemple, est cité comme une date moins affectant directement le secteur du tourisme, comparativement à Pâques ou au 8 mai. Toutefois, le débat reste ouvert et très régional, car les besoins varient grandement en fonction des zones géographiques.

Frank Delvau, président de l’Union des métiers de l’industrie hôtelière (UMIH) Paris-Île-de-France, met en lumière une autre réalité : à Paris, les jours fériés peuvent avoir des effets contreproductifs. En mai, les établissements parisiens ont observé une baisse de l’activité, car les habitants de la capitale partent souvent en vacances, et les touristes n’ont pas compensé l’absence des locaux. Cette situation a provoqué un déséquilibre dans les chiffres de fréquentation des restaurants et hôtels, un problème qui pourrait être amplifié par la suppression de certains jours fériés.

Les restaurateurs sous pression

Le secteur de la restauration traditionnelle se trouve déjà dans une situation précaire, avec environ 25 fermetures d’établissements par jour, selon Delvau, ce qui rend encore plus problématique la perte de journées clés. Si cette réforme devait être adoptée, elle pourrait bien peser encore davantage sur un secteur déjà fragilisé par les fluctuations économiques et l’évolution des habitudes de consommation. Le gouvernement, de son côté, invite les partenaires sociaux à se prononcer sur la question d’ici le 1er septembre, afin de permettre des discussions constructives avant toute décision finale.

La suppression des jours fériés reste donc un sujet de vives négociations, avec un enjeu important pour plusieurs secteurs économiques, particulièrement ceux du tourisme, qui risquent de perdre un levier important de croissance et de dynamisme. Alors que l’économie française cherche à réduire ses dépenses publiques, la suppression des jours fériés semble être une mesure tentante pour les finances publiques. Toutefois, elle devra être soigneusement étudiée pour éviter des répercussions néfastes sur des secteurs déjà fragilisés par la crise sanitaire et les ajustements économiques en cours.

 

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