Le groupe ArcelorMittal a annoncé le mercredi 23 avril la suppression de 600 postes au niveau de sept usines. Cette décision, que le groupe justifie par un sureffectif, est fortement décriée en raison de son impact sur le secteur de la sidérurgie en France, ainsi qu’en Europe. Sophie Primas, la porte-parole du gouvernement, n’a pas manqué de faire part de l’opposition du gouvernement contre cette mesure.
« C’est vraiment une mauvaise nouvelle qui est due à la non-compétitivité de la sidérurgie européenne dans son ensemble », a-t-elle dénoncé au micro d’Europe1/CNews. Elle souligne également les conséquences de ce plan, notamment sur l'emploi et la durabilité de l’industrie.
Sept sites d’ArcelorMittal sont concernés par la suppression de postes
De son côté, ArcelorMittal avait indiqué dans un communiqué diffusé à l’issue d’un comité social et économique (CSE) au siège à Saint-Denis que ces suppressions concerneraient 7 usines, celles de Desvres, Mardyck, Montataire, Mouzon, Dunkerque, Basse-Indre et Florange. Celles-ci emploient un total de 7 100 employés.
Sophie Primas, porte-parole du gouvernement, sur la suppression potentielle de 600 postes chez ArcelorMittal dans le Nord de la France : «Marc Ferracci, le ministre de l’Industrie, rencontre ArcelorMittal» dans #LaGrandeInterview pic.twitter.com/P47cyZwcZM
— CNEWS (@CNEWS) April 24, 2025
Comme le rapporte Le Monde, le nouveau directeur général d’ArcelorMittal France, Bruno Ribo, a déclaré lors d’un entretien téléphonique que le sureffectif concerne deux tiers des postes de production et un tiers des fonctions supports. C’est pourquoi, le groupe prévoit de retirer 400 postes de production et entre 210 et 260 du côté des fonctions supports. « Cette décision difficile à prendre s’explique par un contexte global difficile depuis plusieurs années pour l’industrie de l’acier en Europe », a déclaré le nouveau dirigeant.
La surproduction chinoise représente un facteur de déstabilisation supplémentaire pour le secteur de la sidérurgie
« Nous avons un deuxième problème, c’est la surproduction chinoise notamment en acier, qui vient complètement bousculer les marchés et qui fait que nous sommes décrochés », a déclaré Sophie Primas à Europe1/CNews. Selon elle, cette situation crée une pression tarifaire insoutenable pour les producteurs européens, qui peinent à rester compétitifs face à des produits importés à bas coût.
« La France et huit autres pays européens demandent des mesures de protection contre l’acier chinois. On a pris des premières mesures sur les questions de quotas, mais nous devons aller plus loin. La France est en première ligne. L’acier, ça fait les canons Caesar », a-t-elle ajouté. La représentante du gouvernement a également soulevé l’importance de concilier compétitivité et transition écologique.
« Il faut travailler à la décarbonation, mais sans jamais oublier la compétitivité. Quand on oublie la compétitivité, il y a des catastrophes », a-t-elle assuré. Elle a par ailleurs souligné que le ministre de l’Industrie, Marc Ferracci, avait pris en charge ce dossier.
« Je pense qu’il faut se mettre autour de la table pour discuter d’un plan avec l’Europe, avec la France, avec ArcelorMittal et l’ensemble de l’acier français », a-t-elle conclu.








