Les prévisions budgétaires pour 2026 mettent en lumière de fortes disparités parmi les cantons suisses, notamment dans la région romande. Alors que certains cantons affichent des excédents budgétaires notables, d’autres comme Genève ou Vaud, se retrouvent confrontés à des déficits importants, mettant à l’épreuve leur gestion financière.
Ces différences reflètent des réalités économiques et démographiques distinctes, avec des conséquences pour les services publics et les contribuables. Ces écarts financiers soulignent l’importance de politiques fiscales adaptées aux spécificités de chaque canton et d’une gestion rigoureuse pour éviter des déséquilibres à long terme.
Les cantons romands : de grands écarts financiers
L’écart entre les cantons romands en termes de résultats financiers est frappant pour 2026. Parmi les plus touchés figurent les cantons de Genève et Vaud, qui prévoient d’importants déficits, tandis que Berne et Zoug affichent des bénéfices notables. Genève, en particulier, table sur un déficit de près de 410 millions de francs, le plus élevé du pays, suivi de Vaud avec un trou de 331 millions, rapporte Watson. Ces déficits résultent en grande partie de l’augmentation des charges publiques, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des affaires sociales, qui ont largement dépassé la croissance des recettes fiscales.
Le canton de Genève explique son déficit par une croissance des charges nettement plus rapide que celle des revenus. Pour tenter de contenir la progression de ces charges, le gouvernement genevois a annoncé des mesures d’économie drastiques, avec un plan d’économies de 177,7 millions de francs. Parmi les mesures proposées figurent une participation accrue des communes dans le financement de la péréquation cantonale et la suspension de l’annuité des fonctionnaires.
Dans le canton de Vaud, malgré un plan d’économies de 305 millions de francs, le déficit reste conséquent. Le gouvernement vaudois a déjà annoncé des réductions de subventions dans des domaines clés tels que l’action sociale, la santé, et les hautes écoles, ainsi que des coupes dans les dépenses de fonctionnement, dont un impact significatif sur le personnel de l’État. Ces mesures visent à limiter la hausse des charges, mais elles ne suffisent pas à éviter un déficit important.
Le canton du Jura, bien que prévoyant un déficit plus modeste de 16,2 millions, se trouve également dans une situation de transition après l’intégration de Moutier et un changement législatif, ce qui a complexifié sa gestion financière pour 2026.
Les cantons qui s’en sortent avec des excédents
À l’opposé, certains cantons romands affichent des résultats financiers positifs pour 2026. Zoug, le champion des excédents, prévoit un excédent de 370 millions de francs, suivi de près par Berne, qui budgétise un surplus de 365 millions. Ces cantons bénéficient de structures économiques plus solides, une croissance soutenue des recettes fiscales, et un contrôle rigoureux des dépenses publiques.
Le canton de Berne, malgré une forte augmentation des charges dans le secteur de l’éducation, a su compenser cette hausse par des rentrées fiscales supplémentaires et des versements compensatoires issus de la péréquation financière nationale. Ce surplus permettra non seulement de financer les investissements nécessaires dans les infrastructures mais aussi de réduire l’endettement cantonal de plus de 200 millions de francs sur la période 2026-2029. De plus, le gouvernement bernois a décidé de faire profiter ses contribuables de cette situation positive avec des mesures fiscales allant de 2027 à 2029, après avoir déjà accordé des allégements fiscaux aux entreprises en 2024 et aux particuliers en 2025.
Lucerne et Fribourg font également partie des cantons romands relativement mieux lotis, avec des excédents modérés. Fribourg, par exemple, prévoit un bénéfice modeste de 0,3 million de francs, un résultat qu’il attribue à une gestion rigoureuse des dépenses et à une réévaluation de ses recettes fiscales. Neuchâtel et le Valais, quant à eux, ont dû puiser dans leurs réserves pour afficher de faibles excédents : 14,6 millions pour Neuchâtel et 0,1 million pour le Valais. Bien que ces cantons bénéficient encore d’une situation financière favorable, ils doivent se préparer à un retournement économique, notamment en raison des incertitudes géopolitiques et des risques liés aux catastrophes naturelles, qui impactent leur prévision budgétaire.
Dans ces cantons, les prévisions fiscales sont particulièrement scrutées, car des facteurs externes tels que les surtaxes douanières américaines et les changements dans les programmes de péréquation financière de la Confédération pourraient affecter l’équilibre financier dans les années à venir.








