{"id":3876,"date":"2024-09-15T11:26:56","date_gmt":"2024-09-15T09:26:56","guid":{"rendered":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/?p=3876"},"modified":"2024-09-15T16:19:08","modified_gmt":"2024-09-15T14:19:08","slug":"etrangers-entreprises-suisses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/etrangers-entreprises-suisses\/","title":{"rendered":"Les \u00e9trangers prennent les r\u00eanes des grandes entreprises suisses"},"content":{"rendered":"<p>Alors que<strong> les Suisses sont en minorit\u00e9 dans les comit\u00e9s ex\u00e9cutifs<\/strong>, la diversit\u00e9 internationale devient la norme au sein des grandes soci\u00e9t\u00e9s du pays.<\/p>\n<p>Une tendance qui se confirme avec la nomination de<strong> Laurent Freixe \u00e0 la t\u00eate de Nestl\u00e9<\/strong>, succ\u00e9dant \u00e0 l&rsquo;Allemand Mark Schneider. Cette situation soul\u00e8ve des questions quant \u00e0 <strong>la raret\u00e9 des talents locaux<\/strong>, la concurrence mondiale et l&rsquo;\u00e9volution des pratiques manag\u00e9riales.<\/p>\n<h2>Les Suisses minoritaires dans les grandes entreprises<\/h2>\n<p>Les Helv\u00e8tes ne repr\u00e9sentent plus qu&rsquo;<strong>une minorit\u00e9 dans les comit\u00e9s de direction des grandes entreprises suisses<\/strong>. Selon une \u00e9valuation de Guido Schilling, <strong>73 %<\/strong> des dirigeants des soci\u00e9t\u00e9s du Swiss Market Index (SMI) sont d&rsquo;origine \u00e9trang\u00e8re en 2024. Si cette proportion est plus modeste dans les 100 plus grandes entreprises (40 %), la tendance reste significative.<\/p>\n<p>Dans des groupes embl\u00e9matiques comme <a href=\"https:\/\/www.nestle.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>Nestl\u00e9<\/strong><\/a>, qui compte 16 membres au comit\u00e9 ex\u00e9cutif, <strong>aucun Suisse n&rsquo;occupe de poste cl\u00e9<\/strong>. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne s&rsquo;explique par plusieurs facteurs, notamment le manque de candidats locaux ayant une exp\u00e9rience \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, les conseils de direction des grandes entreprises suisses comptent <strong>47 nationalit\u00e9s<\/strong>, <strong>contre 33 en 2015<\/strong>. Cette diversit\u00e9 internationale permet aux entreprises de b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;une expertise plus large et adapt\u00e9e \u00e0 un march\u00e9 global.<\/p>\n<h2>Un manque de talents locaux ?<\/h2>\n<p><strong>Le faible nombre de dirigeants suisses<\/strong> dans ces entreprises s&rsquo;explique en partie par un manque de talents locaux ayant l&rsquo;envergure requise. Guido Schilling souligne que le nombre limit\u00e9 d&rsquo;entreprises de premier plan en Suisse restreint le vivier de candidats qualifi\u00e9s. Des groupes comme<strong> Lindt &amp; Spr\u00fcngli ou Aryzta<\/strong> ne peuvent pas toujours fournir des profils ayant une exp\u00e9rience \u00e9quivalente \u00e0 celle demand\u00e9e par des g\u00e9ants tels que Nestl\u00e9.<\/p>\n<p>De plus, <strong>les longues carri\u00e8res au sein d&rsquo;une m\u00eame entreprise<\/strong>, autrefois courantes, se font rares. Laurent Freixe, le nouveau CEO de Nestl\u00e9, est une exception, puisqu&rsquo;il a pass\u00e9 pr\u00e8s de 40 ans au sein du groupe et y a occup\u00e9 divers postes de direction. Aujourd&rsquo;hui, ce type de trajectoire professionnelle tend \u00e0 dispara\u00eetre. Les entreprises, notamment dans <strong>les secteurs industriels et bancaires<\/strong>, misent moins sur la mobilit\u00e9 internationale de leurs cadres, privil\u00e9giant des carri\u00e8res plus locales pour des raisons \u00e9conomiques.<\/p>\n<h2>Une diversit\u00e9 qui touche aussi les femmes<\/h2>\n<p>Si<strong> la proportion de femmes dans les directions reste faible<\/strong>, celles qui acc\u00e8dent \u00e0 des postes de pouvoir sont, pour la plupart, \u00e9trang\u00e8res. En effet,<strong> 60 % des femmes dirigeantes<\/strong> dans les entreprises du SMI et les 100 plus grandes entreprises du pays sont issues de l&rsquo;\u00e9tranger. Par ailleurs, leur dur\u00e9e de pr\u00e9sence dans les comit\u00e9s de direction est plus courte que celle de leurs homologues masculins ; en moyenne, les femmes occupent ces fonctions pendant trois ans, contre sept ans pour les hommes.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/salaires-cadres-etrangers-gagnent-plus-suisses\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Les dirigeants \u00e9trangers<\/a> proviennent principalement d&rsquo;<strong>Allemagne<\/strong>, mais l<strong>es \u00c9tats-Unis et la France<\/strong> sont \u00e9galement bien repr\u00e9sent\u00e9s. Cette pr\u00e9sence am\u00e9ricaine peut sembler surprenante compte tenu des obstacles bureaucratiques pour les non-Europ\u00e9ens. Cependant, les entreprises suisses sont souvent g\u00e9r\u00e9es selon un mod\u00e8le anglo-saxon, ce qui attire des talents issus de pays anglophones.<\/p>\n<h2>L&rsquo;anglais, une autre barri\u00e8re dans les entreprises suisses<\/h2>\n<p>Avec cette internationalisation croissante des directions, l&rsquo;anglais s&rsquo;impose progressivement comme la langue de r\u00e9f\u00e9rence au sein des grandes entreprises suisses. Que ce soit \u00e0<strong> Zurich, Vevey ou B\u00e2le<\/strong>, de nombreuses entreprises, telles que Roche ou ABB, publient d\u00e9sormais leurs r\u00e9sultats financiers en anglais et allemand, parfois m\u00eame en su\u00e9dois pour certaines. Les appels aux investisseurs sont \u00e9galement majoritairement en anglais.<\/p>\n<p>Cette situation entra\u00eene une complexit\u00e9 linguistique et sociale, d&rsquo;autant que tous les collaborateurs ne ma\u00eetrisent pas l&rsquo;anglais de mani\u00e8re fluide. Cela cr\u00e9e parfois des barri\u00e8res de communication, malgr\u00e9 les efforts des dirigeants pour maintenir une certaine proximit\u00e9 avec leurs \u00e9quipes locales.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><strong>Les entreprises suisses<\/strong> sont de plus en plus dirig\u00e9es par des talents \u00e9trangers, rel\u00e9guant les Helv\u00e8tes \u00e0 une minorit\u00e9 au sein des conseils de direction.<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":2548,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-3876","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-entreprise","generate-columns","tablet-grid-50","mobile-grid-100","grid-parent","grid-33","no-featured-image-padding"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3876","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3876"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3876\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2548"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3876"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3876"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3876"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}