{"id":113283,"date":"2026-07-08T08:24:00","date_gmt":"2026-07-08T06:24:00","guid":{"rendered":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/?p=113283"},"modified":"2026-07-07T18:26:03","modified_gmt":"2026-07-07T16:26:03","slug":"salaires-suisse-classe-moyenne-stagne-paye","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/salaires-suisse-classe-moyenne-stagne-paye\/","title":{"rendered":"Salaires en Suisse : La classe moyenne stagne pendant que le 1% le mieux pay\u00e9 s\u2019envole"},"content":{"rendered":"\n

Le foss\u00e9 se creuse dans le portefeuille des Suisses. Alors que les hauts salaires ont fortement progress\u00e9 ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es, une grande partie des travailleurs a vu son pouvoir d\u2019achat stagner ou reculer. <\/p>\n\n\n\n

Les femmes apparaissent parmi les plus touch\u00e9es par ce d\u00e9s\u00e9quilibre. Un nouveau rapport de l\u2019Union syndicale suisse dresse un constat particuli\u00e8rement s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n

Les plus hauts salaires s\u2019envolent pendant que la classe moyenne stagne<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Pour une grande partie des salari\u00e9s, la derni\u00e8re d\u00e9cennie n\u2019a pas apport\u00e9 l\u2019am\u00e9lioration esp\u00e9r\u00e9e. Entre 2016 et 2025, les revenus disponibles bas et moyens ont l\u00e9g\u00e8rement diminu\u00e9, selon le Rapport sur la r\u00e9partition 2026 de l\u2019Union syndicale suisse<\/a>. Dans le m\u00eame temps, les personnes situ\u00e9es tout en haut de l\u2019\u00e9chelle disposent de nettement plus d\u2019argent \u00e0 la fin du mois.<\/p>\n\n\n\n

Le contraste avec la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente est frappant. Entre 2006 et 2016, les salaires r\u00e9els avaient progress\u00e9 d\u2019environ 0,9% par an malgr\u00e9 la crise financi\u00e8re, selon les chiffres pr\u00e9sent\u00e9s par l\u2019organisation syndicale et relay\u00e9s par la presse suisse. Depuis, le moteur semble s\u2019\u00eatre gripp\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

La productivit\u00e9 a pourtant continu\u00e9 d\u2019augmenter. Le probl\u00e8me, d\u2019apr\u00e8s l\u2019USS, est que ces gains se retrouvent beaucoup moins dans les fiches de salaire. L\u2019organisation estime que les employeurs et les actionnaires en ont davantage profit\u00e9 \u00e0 travers des marges et des distributions de dividendes plus \u00e9lev\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n

Tout en haut de la pyramide, le mouvement est beaucoup plus spectaculaire. Les salaires du 1% des personnes les mieux r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es auraient progress\u00e9 de plus de 16% depuis 2016. Pour les revenus m\u00e9dians, la progression r\u00e9elle est en revanche rest\u00e9e largement \u00e0 l\u2019arr\u00eat.<\/p>\n\n\n\n

Et la pression ne vient pas seulement des salaires. Les primes d\u2019assurance maladie <\/a>absorbent une part croissante du budget des m\u00e9nages. Leur fonctionnement p\u00e8se proportionnellement davantage sur les revenus modestes, puisque la prime ne diminue pas simplement parce que le salaire est plus bas. L\u2019USS estime que cette charge r\u00e9duit l\u2019effet redistributif de la fiscalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Les donn\u00e9es f\u00e9d\u00e9rales montrent d\u2019ailleurs que les difficult\u00e9s financi\u00e8res ne s\u2019arr\u00eatent plus aux m\u00e9nages \u00e0 tr\u00e8s bas revenus. En 2024, une personne sur quatre appartenant \u00e0 la classe moyenne inf\u00e9rieure vivait dans un m\u00e9nage incapable de faire face \u00e0 une d\u00e9pense inattendue de 2500 francs, indique Blick<\/a>. Plus de 14% jugeaient \u00e9galement difficile ou tr\u00e8s difficile de joindre les deux bouts \u00e0 la fin du mois.<\/p>\n\n\n\n

Les femmes paient encore plus cher le creusement des \u00e9carts<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Dans ce tableau d\u00e9j\u00e0 tendu, les femmes partent avec un s\u00e9rieux d\u00e9savantage. Une femme sur deux gagne moins de 5000 francs par mois, tandis que la moiti\u00e9 des hommes se situe sous la barre des 7000 francs, selon l\u2019USS. Un \u00e9cart de 2000 francs qui ne s\u2019explique pas par un seul facteur.<\/p>\n\n\n\n

Daniel Lampart, \u00e9conomiste en chef de l\u2019Union syndicale suisse, pointe notamment le taux d\u2019occupation plus faible des femmes. Elles continuent d\u2019assumer une part importante du travail non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 et sont plus souvent employ\u00e9es \u00e0 temps partiel.<\/p>\n\n\n\n

\u00c0 cela s\u2019ajoute la concentration des femmes dans des professions moins bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es. M\u00eame apr\u00e8s avoir pris en compte ces diff\u00e9rences, une partie de l\u2019\u00e9cart salarial reste inexpliqu\u00e9e et l\u2019USS estime qu\u2019une fraction est directement li\u00e9e \u00e0 la discrimination.<\/p>\n\n\n\n

Le probl\u00e8me ne s\u2019arr\u00eate pas au salaire vers\u00e9 \u00e0 la fin du mois. Des revenus plus faibles signifient aussi des prestations plus basses en cas de ch\u00f4mage et des rentes moins importantes \u00e0 la retraite. Le d\u00e9savantage peut donc se cumuler pendant toute une carri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n

C\u2019est dans ce contexte que l\u2019Union syndicale suisse r\u00e9clame un changement de cap. Dans son rapport publi\u00e9 le 7 juillet, l\u2019organisation demande que la compensation automatique du rench\u00e9rissement redevienne la r\u00e8gle dans les n\u00e9gociations salariales. Elle souhaite \u00e9galement qu\u2019une personne ayant termin\u00e9 un apprentissage gagne au minimum 5000 francs par mois \u00e0 plein temps et qu\u2019aucun salaire \u00e0 temps complet ne tombe sous les 4500 francs.<\/p>\n\n\n\n

L\u2019USS appelle aussi les cantons \u00e0 utiliser davantage leurs moyens financiers pour r\u00e9duire la facture des primes maladie plut\u00f4t que de multiplier les baisses d\u2019imp\u00f4ts. Il s\u2019agit ici de revendications syndicales et non de mesures d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9es par les autorit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n

Le constat du rapport reste n\u00e9anmoins brutal. La Suisse continue d\u2019afficher une importante classe moyenne, qui repr\u00e9sentait 55,2% de la population en 2023 selon l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique. Mais derri\u00e8re cette stabilit\u00e9 apparente, une partie des m\u00e9nages \u00e0 revenus moyens rencontre de vraies difficult\u00e9s financi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n

Les riches <\/a>ne sont donc pas les seuls \u00e0 avoir vu leur situation \u00e9voluer au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie. La diff\u00e9rence, selon l\u2019USS, est qu\u2019eux ont surtout \u00e9volu\u00e9 dans le bon sens. Pour les bas et moyens revenus, le portefeuille raconte une tout autre histoire.<\/p>\n\n\n\n

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En Suisse, l'\u00e9cart des revenus s'est creus\u00e9 depuis 2016, selon l'USS. Les plus riches ont vu leurs salaires grimper de 16%, tandis que la classe moyenne stagne. Les femmes sont particuli\u00e8rement touch\u00e9es. https:\/\/t.co\/DigLYTAVvw<\/a><\/p>— Blick Actualit\u00e9 & Sport (@Blick_media) July 7, 2026<\/a><\/blockquote>