{"id":113279,"date":"2026-07-07T15:12:00","date_gmt":"2026-07-07T13:12:00","guid":{"rendered":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/?p=113279"},"modified":"2026-07-06T19:13:27","modified_gmt":"2026-07-06T17:13:27","slug":"marche-du-travail-se-grippe-suisse-salarie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/marche-du-travail-se-grippe-suisse-salarie\/","title":{"rendered":"Le march\u00e9 du travail se grippe en Suisse, un salari\u00e9 sur quatre commence \u00e0 s\u2019inqui\u00e9ter\u00a0"},"content":{"rendered":"\n
Le march\u00e9 du travail suisse envoie des signaux de plus en plus difficiles \u00e0 ignorer. Des grands groupes aux PME industrielles, les annonces de suppressions de postes se sont multipli\u00e9es ces derniers mois. <\/p>\n\n\n\n
La peur a d\u00e9sormais gagn\u00e9 les bureaux et les ateliers. Selon un sondage repr\u00e9sentatif d\u2019Employ\u00e9s Suisse, une personne sur quatre s\u2019inqui\u00e8te pour son emploi.<\/p>\n\n\n\n
UBS, Novartis, Sunrise, Takeda ou encore des entreprises industrielles moins connues du grand public, la liste des soci\u00e9t\u00e9s ayant annonc\u00e9 des suppressions d\u2019emplois s\u2019allonge en Suisse.<\/p>\n\n\n\n
Chez Siegwerk<\/a>, \u00e0 Bargen dans le canton de Berne, 100 postes doivent dispara\u00eetre apr\u00e8s la d\u00e9cision de transf\u00e9rer une partie des activit\u00e9s en Turquie. L\u2019entreprise sp\u00e9cialis\u00e9e dans les encres et les vernis veut r\u00e9duire ses co\u00fbts. Pour les salari\u00e9s concern\u00e9s, le choc est d\u2019autant plus dur que certains signes semblaient annoncer une p\u00e9riode difficile : investissements limit\u00e9s et recours accru aux contrats \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n L\u2019industrie est particuli\u00e8rement expos\u00e9e. La force du franc rench\u00e9rit la production suisse pour les clients \u00e9trangers, tandis que les tensions commerciales et les co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s grignotent les marges.<\/p>\n\n\n\n Les chiffres de Swissmem illustrent cette pression. Fin 2025, l\u2019industrie tech suisse comptait 322 900 salari\u00e9s, soit 6600 de moins qu\u2019un an auparavant. L\u2019organisation avait qualifi\u00e9 2025 d\u2019\u00ab ann\u00e9e perdue \u00bb, avec un chiffre d\u2019affaires pratiquement stable et des exportations p\u00e9nalis\u00e9es notamment par le recul des ventes vers les \u00c9tats-Unis et la Chine.<\/p>\n\n\n\n Le d\u00e9but de 2026 a apport\u00e9 quelques \u00e9claircies. Les commandes ont progress\u00e9 de 10,1% au premier trimestre et le chiffre d\u2019affaires de 3,4%. Mais cette am\u00e9lioration repose surtout sur les grandes entreprises et certaines branches tr\u00e8s pr\u00e9cises. Les PME industrielles, elles, ont vu leur chiffre d\u2019affaires reculer de 1,8%.<\/p>\n\n\n\n Autrement dit, la reprise existe sur le papier, mais elle reste fragile. Et le ph\u00e9nom\u00e8ne ne touche plus seulement les cha\u00eenes de production. Selon une avocate sp\u00e9cialis\u00e9e dans les restructurations interrog\u00e9e anonymement par 24 Heures<\/a>, les mandats li\u00e9s aux r\u00e9organisations et aux licenciements auraient quadrupl\u00e9 en deux ans dans son activit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Ses clients viennent d\u00e9sormais de secteurs tr\u00e8s diff\u00e9rents. Le point commun reste souvent le m\u00eame : r\u00e9duire les co\u00fbts.<\/p>\n\n\n\n L\u2019intelligence artificielle ajoute une nouvelle couche d\u2019incertitude. Apr\u00e8s les emplois industriels soumis \u00e0 la concurrence internationale et aux d\u00e9localisations, certains postes de bureau se retrouvent \u00e0 leur tour questionn\u00e9s par les entreprises.<\/p>\n\n\n\n Cette succession d\u2019annonces finit par peser sur le moral des travailleurs. D\u2019apr\u00e8s le sondage d\u2019Employ\u00e9s Suisse<\/a>, une personne sur quatre se dit inqui\u00e8te pour son poste. Pr\u00e8s de 29% des personnes interrog\u00e9es ont r\u00e9cemment v\u00e9cu une restructuration dans leur entreprise. Plus frappant encore, un salari\u00e9 sur dix pense pouvoir perdre son emploi au cours des douze prochains mois.<\/p>\n\n\n\n Les statistiques du ch\u00f4mage montrent elles aussi un march\u00e9 du travail moins confortable qu\u2019il y a encore quelques ann\u00e9es. En juin 2026, la Suisse comptait 137 751 ch\u00f4meurs inscrits, selon le Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie. Le taux de ch\u00f4mage<\/a> a certes recul\u00e9 \u00e0 2,9%, contre 3% en mai. Mais sur un an, le nombre de ch\u00f4meurs reste en hausse de 10 874 personnes, soit 8,6%.<\/p>\n\n\n\n En mai d\u00e9j\u00e0, le SECO recensait 140 275 ch\u00f4meurs, soit 12 331 de plus qu\u2019un an auparavant. Le nombre de demandeurs d\u2019emploi atteignait 225 475 personnes et progressait de 9,5% sur un an. Le malaise ne vient donc pas seulement des gros titres consacr\u00e9s aux restructurations.<\/p>\n\n\n\n Michael Siegenthaler, \u00e9conomiste au KOF de l\u2019EPFZ, d\u00e9crit dans l\u2019analyse relay\u00e9e par 24 Heures un march\u00e9 du travail devenu nettement moins dynamique depuis 2023. Les jeunes et les personnes peu qualifi\u00e9es figurent parmi les cat\u00e9gories les plus expos\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n La Suisse reste loin d\u2019une crise comparable \u00e0 la longue r\u00e9cession des ann\u00e9es 1990. Certains secteurs tourn\u00e9s vers le march\u00e9 int\u00e9rieur, notamment la sant\u00e9 et la construction, continuent aussi de jouer un r\u00f4le stabilisateur.<\/p>\n\n\n\nUn salari\u00e9 sur quatre commence \u00e0 craindre pour son emploi<\/strong><\/h2>\n\n\n\n