{"id":113063,"date":"2026-06-25T15:40:00","date_gmt":"2026-06-25T13:40:00","guid":{"rendered":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/?p=113063"},"modified":"2026-06-24T18:41:06","modified_gmt":"2026-06-24T16:41:06","slug":"avs-suisse-carrieres-entreprises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/avs-suisse-carrieres-entreprises\/","title":{"rendered":"AVS 2030 : la Suisse veut prolonger les carri\u00e8res apr\u00e8s 65 ans, mais les entreprises restent frileuses"},"content":{"rendered":"\n

Travailler plus longtemps, oui, mais encore faut-il que les entreprises jouent le jeu. Avec la r\u00e9forme AVS 2030, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral veut encourager les seniors \u00e0 poursuivre une activit\u00e9 apr\u00e8s l\u2019\u00e2ge l\u00e9gal de la retraite, sur une base volontaire. <\/p>\n\n\n\n

L\u2019id\u00e9e est de r\u00e9pondre \u00e0 la p\u00e9nurie de main-d\u2019\u0153uvre qualifi\u00e9e tout en offrant des incitations financi\u00e8res aux personnes qui souhaitent continuer. Mais dans les faits, les employeurs suisses semblent encore loin d\u2019avoir adapt\u00e9 leurs pratiques.<\/p>\n\n\n\n

Les seniors sont appr\u00e9ci\u00e9s, mais pas toujours retenus<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Sur le papier, les collaborateurs de plus de 60 ans b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une tr\u00e8s bonne image. Une \u00e9tude de l\u2019association focus50plus<\/a>, men\u00e9e avec l\u2019Union patronale suisse<\/a> et l\u2019Union suisse des arts et m\u00e9tiers<\/a>, montre que 90% des cadres et responsables RH interrog\u00e9s saluent leur exp\u00e9rience, leur sens des responsabilit\u00e9s et leur savoir-faire.<\/p>\n\n\n\n

Les entreprises reconnaissent aussi leur loyaut\u00e9, leur r\u00e9seau et leur connaissance du terrain. Dans un pays confront\u00e9 au vieillissement de la population et \u00e0 une p\u00e9nurie de profils qualifi\u00e9s, ces atouts devraient logiquement pousser les employeurs \u00e0 garder plus longtemps leurs salari\u00e9s exp\u00e9riment\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n

Pourtant, le d\u00e9calage est net entre le discours et la r\u00e9alit\u00e9. Le d\u00e9part \u00e0 65 ans reste la norme pour 82% des employeurs sond\u00e9s. Moins d\u2019une entreprise sur deux prolonge le contrat des collaborateurs arriv\u00e9s \u00e0 cet \u00e2ge, tandis que la retraite anticip\u00e9e demeure courante dans pr\u00e8s de deux tiers des entreprises.<\/p>\n\n\n\n

Moins d\u2019une entreprise sur trois encourage vraiment le travail apr\u00e8s 65 ans<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Le point le plus r\u00e9v\u00e9lateur concerne l\u2019engagement concret des employeurs. Selon l\u2019\u00e9tude, seules 30% des entreprises encouragent activement la poursuite de l\u2019activit\u00e9 apr\u00e8s l\u2019\u00e2ge l\u00e9gal de la retraite<\/a>. Autrement dit, la majorit\u00e9 reconna\u00eet la valeur des seniors, mais ne met pas forc\u00e9ment en place les conditions pour les garder.<\/p>\n\n\n\n

Les adaptations restent encore trop rares. Peu d\u2019entreprises modifient r\u00e9ellement les t\u00e2ches, les responsabilit\u00e9s ou l\u2019organisation du travail pour tenir compte de l\u2019\u00e2ge, de la sant\u00e9 ou des envies des collaborateurs plus \u00e2g\u00e9s. Or, pour beaucoup de seniors, continuer ne signifie pas forc\u00e9ment garder le m\u00eame rythme qu\u2019\u00e0 45 ans.<\/p>\n\n\n\n

C\u2019est l\u00e0 que le sujet devient sensible. La r\u00e9forme AVS 2030 mise sur des incitations, mais le maintien en emploi d\u00e9pend aussi de la souplesse des entreprises. Temps partiel<\/a>, responsabilit\u00e9s all\u00e9g\u00e9es, transmission des comp\u00e9tences, horaires adapt\u00e9s : sans ces leviers, prolonger sa carri\u00e8re risque de rester une option th\u00e9orique pour une partie des salari\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n

Une nouvelle r\u00e9alit\u00e9 que les entreprises doivent int\u00e9grer<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

La tendance \u00e9volue pourtant du c\u00f4t\u00e9 des salari\u00e9s. Selon les \u00e9l\u00e9ments cit\u00e9s par Blick<\/a>, les d\u00e9parts anticip\u00e9s sont devenus moins fr\u00e9quents et plus tardifs. L\u2019\u00e2ge r\u00e9el moyen de d\u00e9part \u00e0 la retraite a grimp\u00e9 \u00e0 65 ans, et pr\u00e8s d\u2019un actif sur deux travaillerait m\u00eame au-del\u00e0 de l\u2019\u00e2ge l\u00e9gal.<\/p>\n\n\n\n

Mais cette prolongation prend souvent une forme diff\u00e9rente. Beaucoup de seniors ne veulent plus forc\u00e9ment travailler \u00e0 plein temps jusqu\u2019au dernier jour. Ils pr\u00e9f\u00e8rent r\u00e9duire leur taux d\u2019activit\u00e9, \u00e9taler la transition et rester dans le monde professionnel plus longtemps, mais autrement.<\/p>\n\n\n\n

Cette \u00e9volution change la mani\u00e8re de penser la fin de carri\u00e8re. Elle ne ressemble plus seulement \u00e0 une coupure nette entre emploi et retraite. Elle devient plus progressive, plus flexible, plus personnalis\u00e9e. Le probl\u00e8me, c\u2019est qu\u2019une partie des entreprises suisses reste organis\u00e9e autour de l\u2019ancien mod\u00e8le : plein temps, puis d\u00e9part.<\/p>\n\n\n\n

La r\u00e9forme AVS 2030 peut encourager les seniors \u00e0 rester actifs, mais elle ne suffira pas si les employeurs ne cr\u00e9ent pas les conditions n\u00e9cessaires. Pour l\u2019instant, le message est clair. L\u2019\u00e9conomie dit avoir besoin des plus de 60 ans, mais elle h\u00e9site encore \u00e0 leur faire une vraie place apr\u00e8s 65 ans.<\/p>\n\n\n\n

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#D\u00e9cisionCF<\/a> Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral ouvre la consultation sur la r\u00e9forme AVS 2030. Les explications de la conseill\u00e8re f\u00e9d\u00e9rale Elisabeth Baume-Schneider \u00e0 la conf\u00e9rence de presse\ud83d\udc46.
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