{"id":113055,"date":"2026-06-25T10:34:00","date_gmt":"2026-06-25T08:34:00","guid":{"rendered":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/?p=113055"},"modified":"2026-06-24T17:34:27","modified_gmt":"2026-06-24T15:34:27","slug":"assurance-modele-le-plus-cher-menages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/assurance-modele-le-plus-cher-menages\/","title":{"rendered":"Assurance de base : le mod\u00e8le le plus cher s\u00e9duit encore les m\u00e9nages qui ont le moins de marge\u00a0"},"content":{"rendered":"\n
\u00c0 premi\u00e8re vue, le constat surprend. En Suisse, les personnes aux revenus modestes sont plus nombreuses que les hauts revenus \u00e0 choisir le mod\u00e8le standard de l\u2019assurance maladie obligatoire, pourtant plus co\u00fbteux. <\/p>\n\n\n\n
Selon une analyse de Comparis, 34% des personnes gagnant moins de 4000 francs par mois optent pour ce mod\u00e8le avec libre choix du m\u00e9decin. Parmi celles qui gagnent plus de 8000 francs, cette proportion tombe \u00e0 16,5%.<\/p>\n\n\n\n
Le mod\u00e8le standard de l\u2019assurance de base reste le plus cher, mais aussi le plus souple. Il permet de choisir librement son m\u00e9decin, sans passer obligatoirement par un cabinet HMO, une consultation t\u00e9l\u00e9phonique ou un m\u00e9decin de famille d\u00e9sign\u00e9 comme premier point de contact.<\/p>\n\n\n\n
Pour des personnes qui ont davantage de probl\u00e8mes de sant\u00e9, cette libert\u00e9 peut \u00eatre essentielle. Simon Zurich, vice-pr\u00e9sident romand de l\u2019Organisation suisse des patients, rappelle que les personnes \u00e0 bas revenus sont plus souvent concern\u00e9es par des difficult\u00e9s de sant\u00e9, rel\u00e8ve la RTS<\/a>. \u00c0 cela s\u2019ajoute une part importante de personnes \u00e2g\u00e9es, pour qui les mod\u00e8les plus restrictifs peuvent para\u00eetre moins adapt\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n Le choix du mod\u00e8le standard n\u2019est donc pas forc\u00e9ment irrationnel, rappelle l’analyse Comparis<\/a>. Il peut traduire un besoin de s\u00e9curit\u00e9. Quand on consulte souvent, quand on a plusieurs sp\u00e9cialistes ou quand on craint de perdre l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un m\u00e9decin connu, payer plus cher peut sembler moins risqu\u00e9 que changer de formule.<\/p>\n\n\n\n Les mod\u00e8les alternatifs permettent souvent de r\u00e9duire la prime. M\u00e9decin de famille, Telmed, HMO, ces formules peuvent all\u00e9ger la facture mensuelle, mais elles imposent aussi des r\u00e8gles pr\u00e9cises. Il faut parfois appeler une plateforme avant de consulter, passer par un r\u00e9seau d\u00e9fini ou respecter un parcours de soins particulier.<\/p>\n\n\n\n Sur le papier, ces contraintes semblent simples. Dans la pratique, elles peuvent vite devenir anxiog\u00e8nes. Un mauvais r\u00e9flexe, un rendez-vous pris directement chez un sp\u00e9cialiste ou une r\u00e8gle mal comprise peuvent entra\u00eener des complications administratives, voire des frais non pris en charge selon les situations.<\/p>\n\n\n\n C\u2019est l\u00e0 que la complexit\u00e9 du syst\u00e8me devient un vrai frein. Chaque automne, comparer les caisses, les franchises, les mod\u00e8les et les conditions demande du temps, de l\u2019\u00e9nergie et une bonne compr\u00e9hension des diff\u00e9rences. Or cette d\u00e9marche n\u2019est pas \u00e9galement accessible \u00e0 tout le monde.<\/p>\n\n\n\n Le sujet d\u00e9passe largement la simple question des primes. Quand une personne doit surtout penser \u00e0 boucler ses fins de mois, sa capacit\u00e9 \u00e0 anticiper, comparer et planifier se r\u00e9duit. Les d\u00e9marches administratives deviennent plus lourdes, surtout lorsqu\u2019elles demandent de lire des conditions, d\u2019\u00e9valuer des risques et de projeter ses besoins de sant\u00e9 sur une ann\u00e9e enti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n Cette \u201ccharge cognitive\u201d explique en partie pourquoi certaines personnes restent dans un mod\u00e8le plus cher, m\u00eame lorsqu\u2019un autre contrat pourrait th\u00e9oriquement leur faire \u00e9conomiser de l\u2019argent. Ne pas changer peut sembler plus s\u00fbr que risquer une mauvaise d\u00e9cision.<\/p>\n\n\n\n Le ph\u00e9nom\u00e8ne rappelle aussi une limite du discours habituel autour des \u00e9conomies LAMal<\/a>. Dire aux assur\u00e9s de comparer ne suffit pas toujours. Encore faut-il que les mod\u00e8les soient compr\u00e9hensibles, que les cons\u00e9quences soient claires et que les personnes disposent du temps n\u00e9cessaire pour faire un choix adapt\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Cette analyse met en lumi\u00e8re une tension importante du syst\u00e8me suisse. Les \u00e9conomies existent, mais elles profitent davantage \u00e0 celles et ceux qui ont les ressources pour les chercher, les comprendre et les activer. Les personnes plus \u00e0 l\u2019aise financi\u00e8rement sont aussi souvent mieux arm\u00e9es pour comparer, changer de caisse ou choisir un mod\u00e8le alternatif sans craindre de mauvaises surprises.<\/p>\n\n\n\nDes mod\u00e8les moins chers, mais plus difficiles \u00e0 comprendre<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
La pr\u00e9carit\u00e9 laisse moins de place pour comparer<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Un syst\u00e8me qui p\u00e9nalise parfois ceux qui ont le moins de marge<\/strong><\/h2>\n\n\n\n