{"id":112801,"date":"2026-06-11T15:13:00","date_gmt":"2026-06-11T13:13:00","guid":{"rendered":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/?p=112801"},"modified":"2026-06-10T19:13:44","modified_gmt":"2026-06-10T17:13:44","slug":"certificats-medicaux-entreprise-suisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/certificats-medicaux-entreprise-suisse\/","title":{"rendered":"Les patrons tirent l\u2019alarme : les certificats m\u00e9dicaux co\u00fbtent des millions aux entreprises suisses"},"content":{"rendered":"\n

Les certificats m\u00e9dicaux sont devenus un sujet br\u00fblant en Suisse. Des \u00e9lus bourgeois veulent mieux encadrer leur usage, estimant que certains arr\u00eats sont d\u00e9livr\u00e9s trop vite ou pour des dur\u00e9es trop longues. <\/p>\n\n\n\n

Dans le secteur de la logistique, o\u00f9 chaque absence peut d\u00e9sorganiser toute une cha\u00eene de livraison, le d\u00e9bat prend une dimension tr\u00e8s concr\u00e8te. Un d\u00e9bat sensible, \u00e0 la crois\u00e9e du droit du travail, de la confiance m\u00e9dicale et des contraintes \u00e9conomiques des entreprises.<\/p>\n\n\n\n

Une absence qui peut co\u00fbter tr\u00e8s cher<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Martin L\u00f6rtscher, CEO de Hugelshofer Logistik \u00e0 Frauenfeld, ne cache plus son agacement. Selon Blick<\/a>, le patron a r\u00e9cemment re\u00e7u un certificat m\u00e9dical indiquant une incapacit\u00e9 de travail totale pour une semaine, transmis seulement quelques heures avant la prise de service d\u2019un chauffeur.<\/p>\n\n\n\n

Pour lui, ce type de situation met les entreprises sous forte pression. Son activit\u00e9 repose sur 320 chauffeurs qui transportent des colis, du lait ou des denr\u00e9es alimentaires \u00e0 travers la Suisse, 24 heures sur 24. Lorsqu\u2019un conducteur manque \u00e0 l\u2019appel, il ne s\u2019agit pas seulement de d\u00e9caler un rendez-vous ou de reporter une t\u00e2che administrative. Un camion peut rester immobilis\u00e9, parfois avec des produits p\u00e9rissables \u00e0 bord.<\/p>\n\n\n\n

Le dirigeant estime qu\u2019un employ\u00e9 absent co\u00fbte environ 1000 francs par jour \u00e0 son entreprise. L\u2019an dernier, Hugelshofer Logistik a enregistr\u00e9 pr\u00e8s de 26\u2019000 heures d\u2019absence. En prenant un taux horaire de 40 francs, la facture atteindrait d\u00e9j\u00e0 un million de francs. Avec les heures suppl\u00e9mentaires, les remplacements et les autres charges, le co\u00fbt total pourrait d\u00e9passer trois millions.<\/p>\n\n\n\n

Martin L\u00f6rtscher insiste toutefois sur un point, la majorit\u00e9 des salari\u00e9s seraient fiables et assidus. Ce sont, selon lui, certains comportements r\u00e9currents qui posent probl\u00e8me. L\u2019entreprise dit observer davantage d\u2019arr\u00eats maladie les vendredis, les lundis, en \u00e9t\u00e9 ou juste apr\u00e8s certains licenciements<\/a>.<\/p>\n\n\n\n

Les m\u00e9decins rejettent l\u2019id\u00e9e d\u2019un durcissement<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Le sujet est d\u00e9sormais sur la table politique. La commission de la sant\u00e9 du Conseil national veut agir contre les certificats m\u00e9dicaux<\/a> jug\u00e9s abusifs. L\u2019intervention a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e par le Conseil national, malgr\u00e9 l\u2019opposition de la gauche et du Conseil f\u00e9d\u00e9ral. Le Conseil des \u00c9tats devra encore se prononcer.<\/p>\n\n\n\n

Du c\u00f4t\u00e9 des m\u00e9decins, la critique est mal re\u00e7ue. Yvonne Gilli, pr\u00e9sidente de l\u2019association des m\u00e9decins, estime que de nouvelles r\u00e8gles ne sont pas n\u00e9cessaires. Elle rappelle qu\u2019un certificat m\u00e9dical constitue d\u00e9j\u00e0 un acte m\u00e9dical et qu\u2019un m\u00e9decin peut \u00eatre sanctionn\u00e9 s\u2019il l\u2019\u00e9tablit de mani\u00e8re incorrecte.<\/p>\n\n\n\n

Selon elle, les entreprises disposent d\u00e9j\u00e0 de plusieurs outils. Elles peuvent demander des certificats plus d\u00e9taill\u00e9s ou recourir \u00e0 des m\u00e9decins-conseils. Elle met aussi en garde contre une bureaucratie suppl\u00e9mentaire, dans un contexte o\u00f9 le syst\u00e8me m\u00e9dical est d\u00e9j\u00e0 sous pression.<\/p>\n\n\n\n

Le d\u00e9bat oppose donc deux r\u00e9alit\u00e9s. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, des employeurs confront\u00e9s \u00e0 des absences co\u00fbteuses, surtout dans les m\u00e9tiers o\u00f9 la pr\u00e9sence physique est indispensable. De l\u2019autre, des m\u00e9decins qui d\u00e9fendent le secret m\u00e9dical et refusent d\u2019\u00eatre transform\u00e9s en contr\u00f4leurs au service des entreprises.<\/p>\n\n\n\n

Martin L\u00f6rtscher affirme ne pas vouloir remettre en cause le secret m\u00e9dical. Il souhaite surtout pouvoir contacter plus facilement les m\u00e9decins pour savoir si une autre activit\u00e9, par exemple au bureau, serait possible. Pour lui, la solution doit rester simple, sans multiplier les formulaires.<\/p>\n\n\n\n

\u00c0 gauche, la critique est plus frontale. La conseill\u00e8re nationale verte L\u00e9onore Porchet estime que le probl\u00e8me vient d\u2019abord des conditions de travail et juge l\u2019intervention inutile et dangereuse. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral partage aussi cette r\u00e9serve.<\/p>\n\n\n\n

Le dossier reste donc ouvert. Entre protection des salari\u00e9s, confiance envers les m\u00e9decins et co\u00fbts croissants pour les entreprises, la Suisse s\u2019appr\u00eate \u00e0 trancher un sujet sensible, o\u00f9 chaque camp accuse l\u2019autre de regarder le probl\u00e8me par le mauvais bout.<\/p>\n\n\n\n

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Les certificats m\u00e9dicaux sont dans le viseur des d\u00e9put\u00e9s bourgeois. Selon eux, les m\u00e9decins les \u00e9tablissent trop rapidement et pour une dur\u00e9e trop longue. Cela co\u00fbte beaucoup d'argent aux entreprises, affirme le CEO d'une entreprise de logistique. https:\/\/t.co\/SR4WisaC9J<\/a><\/p>— Blick Actualit\u00e9 & Sport (@Blick_media) June 8, 2026<\/a><\/blockquote>