{"id":110886,"date":"2026-03-18T10:21:00","date_gmt":"2026-03-18T09:21:00","guid":{"rendered":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/?p=110886"},"modified":"2026-03-17T06:08:09","modified_gmt":"2026-03-17T05:08:09","slug":"suisse-population-seuil-minimum-vital","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/suisse-population-seuil-minimum-vital\/","title":{"rendered":"La Suisse en mauvaise posture dans le classement europ\u00e9en : plus de 8% de la population en dessous du seuil minimum vital"},"content":{"rendered":"\n

La pauvret\u00e9 en Suisse reste un probl\u00e8me persistant, malgr\u00e9 l’image de prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique du pays. Selon les derni\u00e8res donn\u00e9es de l’Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS), 8,4 % de la population vit avec un revenu inf\u00e9rieur au minimum vital, un taux qui a l\u00e9g\u00e8rement augment\u00e9 par rapport \u00e0 2014 (6,7 %). <\/p>\n\n\n\n

Ce chiffre est presque \u00e9quivalent au taux record de 8,7 % observ\u00e9 en 2019 et 2021. Cette situation refl\u00e8te une r\u00e9alit\u00e9 difficile : une part croissante de la population peine \u00e0 joindre les deux bouts, malgr\u00e9 un cadre \u00e9conomique globalement favorable.<\/p>\n\n\n\n

L’impact de la pauvret\u00e9 sur l’acc\u00e8s aux soins m\u00e9dicaux<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Un des premiers effets de la pauvret\u00e9 en Suisse concerne l’acc\u00e8s aux soins m\u00e9dicaux essentiels. Le co\u00fbt des soins de sant\u00e9 reste un d\u00e9fi majeur pour de nombreuses personnes, surtout pour celles vivant sous le seuil de pauvret\u00e9. Entre 2021 et 2024, le nombre de Suisses renon\u00e7ant \u00e0 consulter des professionnels de sant\u00e9 faute de moyens a plus que doubl\u00e9, passant de 0,5 % \u00e0 1,2 % de la population. Cette situation place la Suisse au 7e rang des pays europ\u00e9ens les plus concern\u00e9s par les restrictions d\u2019acc\u00e8s aux soins en raison de difficult\u00e9s financi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n

Les enfants sont particuli\u00e8rement touch\u00e9s par cette probl\u00e9matique. En effet, un jeune Suisse sur dix vivant dans une famille \u00e0 risque de pauvret\u00e9 a \u00e9t\u00e9 priv\u00e9 de soins dentaires de base, faute d’argent. Cela montre l’ampleur des privations que subissent certains enfants dans un pays r\u00e9put\u00e9 pour sa richesse. Compar\u00e9e \u00e0 d\u2019autres nations europ\u00e9ennes, la Suisse se trouve en mauvaise posture, devan\u00e7ant seulement l’Espagne, la Tch\u00e9quie et la Lettonie en termes de privations de soins m\u00e9dicaux.<\/p>\n\n\n\n

Le syst\u00e8me de sant\u00e9 suisse, bien qu\u2019\u00e9tant de qualit\u00e9, repose largement sur une couverture d\u2019assurance priv\u00e9e, ce qui signifie que les co\u00fbts peuvent \u00eatre prohibitifs pour ceux qui n’ont pas un revenu suffisant. Cela cr\u00e9e un foss\u00e9 entre les classes sociales, o\u00f9 ceux qui sont les plus vuln\u00e9rables sont aussi ceux qui ont le moins acc\u00e8s \u00e0 des soins m\u00e9dicaux appropri\u00e9s, exacerbant ainsi leur situation.<\/p>\n\n\n\n

Les enfants et les familles monoparentales : des populations particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

La pauvret\u00e9 en Suisse<\/a> affecte surtout les enfants, un secteur particuli\u00e8rement expos\u00e9 \u00e0 des privations sociales et mat\u00e9rielles. Selon l’OFS, 7,1 % des mineurs vivent sous le seuil de pauvret\u00e9. Toutefois, cette statistique varie consid\u00e9rablement d\u2019une r\u00e9gion \u00e0 l\u2019autre. En Suisse romande, pr\u00e8s de 11,4 % des enfants vivent dans la pauvret\u00e9, un chiffre nettement sup\u00e9rieur \u00e0 celui de la Suisse al\u00e9manique, o\u00f9 ce taux est de 1,9 %. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne met en \u00e9vidence les disparit\u00e9s g\u00e9ographiques au sein du pays et l’importance des facteurs r\u00e9gionaux dans l’acc\u00e8s aux ressources et aux opportunit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n

Les familles monoparentales repr\u00e9sentent une autre cat\u00e9gorie particuli\u00e8rement vuln\u00e9rable. Environ 14 % des enfants vivant dans un foyer monoparental font face \u00e0 des privations quotidiennes, un taux bien plus \u00e9lev\u00e9 que celui des enfants vivant dans des familles biparentales (3,4 %). Cette diff\u00e9rence souligne la difficult\u00e9 accrue des m\u00e9nages monoparentaux \u00e0 joindre les deux bouts, souvent avec un seul revenu, dans un contexte de hausse des co\u00fbts de la vie, notamment pour le logement et les frais de garde d’enfants.<\/p>\n\n\n\n

La situation des enfants issus de familles monoparentales est d’autant plus pr\u00e9occupante que ces foyers sont g\u00e9n\u00e9ralement moins bien lotis en termes de soutien social et de stabilit\u00e9 financi\u00e8re, cr\u00e9ant ainsi un cercle vicieux de pauvret\u00e9 qui se perp\u00e9tue d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre. Les politiques de soutien \u00e0 ces familles sont donc essentielles pour casser ce cycle et offrir aux enfants de ces familles une chance d’\u00e9chapper \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

L’\u00e9ducation et l’\u00e2ge comme facteurs de pr\u00e9carit\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Le niveau d’\u00e9ducation joue \u00e9galement un r\u00f4le majeur dans le risque de pauvret\u00e9. En 2024, 13,6 % des personnes n’ayant termin\u00e9 que l’\u00e9cole obligatoire vivent sous le seuil de pauvret\u00e9, contre seulement 5,7 % de celles qui poss\u00e8dent un dipl\u00f4me de niveau tertiaire, rel\u00e8ve la RTS<\/a>. Cette diff\u00e9rence montre l’importance de l\u2019\u00e9ducation dans l\u2019insertion sociale et professionnelle. Les personnes moins dipl\u00f4m\u00e9es sont souvent cantonn\u00e9es \u00e0 des emplois peu r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s et pr\u00e9caires, ce qui les expose davantage \u00e0 la pauvret\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Les aides sociales<\/a> apportent un soutien crucial aux personnes moins qualifi\u00e9es, mais sans ces aides, le taux de pauvret\u00e9 parmi cette population atteindrait pr\u00e8s de 30 %. Cela d\u00e9montre \u00e0 quel point les dispositifs de soutien social jouent un r\u00f4le fondamental pour \u00e9viter que les plus vuln\u00e9rables ne sombrent dans une pr\u00e9carit\u00e9 extr\u00eame.<\/p>\n\n\n\n

En parall\u00e8le, l’\u00e2ge influe \u00e9galement sur la situation financi\u00e8re. Les plus de 65 ans sont parmi les plus touch\u00e9s par la pauvret\u00e9, mais leur situation semble s’am\u00e9liorer moins significativement apr\u00e8s l’octroi d’aides sociales. Cela s’explique en partie par le fait que les r\u00e9serves financi\u00e8res accumul\u00e9es ne sont pas prises en compte dans le calcul du taux de pauvret\u00e9, qui est bas\u00e9 sur le revenu.<\/p>\n\n\n\n

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Le taux de pauvret\u00e9 est rest\u00e9 stable en Suisse en 2023, \u00e0 8,1% https:\/\/t.co\/n0fi9winMh<\/a><\/p>— Le Temps (@LeTemps) March 31, 2025<\/a><\/blockquote>