{"id":110520,"date":"2026-02-27T08:18:24","date_gmt":"2026-02-27T07:18:24","guid":{"rendered":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/?p=110520"},"modified":"2026-02-26T08:18:45","modified_gmt":"2026-02-26T07:18:45","slug":"riches-fosse-salaires-fortunes-suisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/riches-fosse-salaires-fortunes-suisse\/","title":{"rendered":"Enrichissement des plus riches : Le foss\u00e9 entre salaires et fortunes s\u2019\u00e9largit \u00e0 grande vitesse en Suisse"},"content":{"rendered":"\n

En Suisse, les in\u00e9galit\u00e9s \u00e9conomiques sont souvent associ\u00e9es aux \u00e9carts de salaires, un sujet r\u00e9current dans les discussions publiques. Cependant, un nouveau rapport sur l\u2019\u00e9volution des in\u00e9galit\u00e9s, r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par la RTS, met en lumi\u00e8re une r\u00e9alit\u00e9 pr\u00e9occupante : ce sont les in\u00e9galit\u00e9s de fortune qui se creusent plus rapidement que les diff\u00e9rences salariales. <\/p>\n\n\n\n

La richesse des plus fortun\u00e9s progresse nettement plus vite que les revenus des travailleurs. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, qui dure depuis plusieurs d\u00e9cennies, commence \u00e0 avoir des cons\u00e9quences profondes sur la structure sociale et \u00e9conomique du pays. L\u2019\u00e9tude, co\u00e9crite par plusieurs experts, dont le professeur Marius Br\u00fclhart de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, r\u00e9v\u00e8le que l\u2019\u00e9cart entre ces deux types d\u2019in\u00e9galit\u00e9s n\u2019a cess\u00e9 de se creuser depuis 2000.<\/p>\n\n\n\n

La dynamique des in\u00e9galit\u00e9s de fortune<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Si la Suisse a longtemps \u00e9t\u00e9 per\u00e7ue comme un mod\u00e8le d\u2019\u00e9quit\u00e9 salariale en Europe, l\u2019\u00e9cart entre les diff\u00e9rentes tranches de la population s\u2019est radicalement modifi\u00e9 dans les deux derni\u00e8res d\u00e9cennies. En effet, selon le rapport de Marius Br\u00fclhart, la Suisse pr\u00e9sente aujourd\u2019hui une particularit\u00e9 : ses \u00e9carts de fortune se sont nettement amplifi\u00e9s par rapport aux diff\u00e9rences salariales, relate la RTS<\/a>. Alors que les salaires ont progress\u00e9 d’environ 2,5 % par an au cours des 25 derni\u00e8res ann\u00e9es, les fortunes des plus riches ont, elles, augment\u00e9 d\u2019environ 4 % par an. Ce d\u00e9calage grandissant r\u00e9sulte d’une \u00e9volution du capital, qui a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de deux facteurs principaux.<\/p>\n\n\n\n

Premi\u00e8rement, les indices boursiers ont connu une croissance rapide, deux fois plus rapide que celle du produit int\u00e9rieur brut (PIB). Cette performance des march\u00e9s financiers a permis aux actionnaires de r\u00e9colter une part de plus en plus importante des profits g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par l\u2019\u00e9conomie suisse. Ensuite, l’immobilier a \u00e9galement jou\u00e9 un r\u00f4le majeur dans cette accumulation de richesse. L\u2019augmentation des prix de l\u2019immobilier a profit\u00e9 principalement \u00e0 ceux qui d\u00e9tiennent des propri\u00e9t\u00e9s, un ph\u00e9nom\u00e8ne particuli\u00e8rement visible dans les grandes villes comme Zurich et Gen\u00e8ve, o\u00f9 la valeur des biens a consid\u00e9rablement augment\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Ceux qui poss\u00e9daient d\u00e9j\u00e0 de l\u2019immobilier ont donc vu leur richesse se multiplier, bien plus rapidement que les salaires des travailleurs.<\/p>\n\n\n\n

Cette concentration de la richesse<\/a> dans les mains de ceux qui d\u00e9tiennent des actifs s’\u00e9loigne d’un mod\u00e8le \u00e9conomique o\u00f9 l’effort individuel et les revenus du travail permettaient de combler l\u2019\u00e9cart. Aujourd\u2019hui, ceux qui n\u2019ont pas d’actifs \u00e0 valoriser sont en d\u00e9calage avec cette dynamique.<\/p>\n\n\n\n

Le r\u00f4le crucial des salaires et les obstacles \u00e0 la taxation du capital<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Bien que les in\u00e9galit\u00e9s de fortune soient au centre des pr\u00e9occupations \u00e9conomiques actuelles, les salaires restent le c\u0153ur du combat syndical. Daniel Lampart, \u00e9conomiste en chef de l’Union syndicale suisse, rappelle que la majorit\u00e9 de la population d\u00e9pend encore de son revenu salarial pour vivre. En ce sens, les syndicats ont concentr\u00e9 leurs efforts sur la r\u00e9duction des \u00e9carts salariaux, cherchant \u00e0 limiter les \u00e9carts entre les bas et les hauts revenus. Ces combats ont, selon lui, permis d\u2019\u00e9viter un creusement des in\u00e9galit\u00e9s salariales et de maintenir un \u00e9quilibre relatif entre les diff\u00e9rentes couches sociales.<\/p>\n\n\n\n

Cependant, l’argument en faveur d’une r\u00e9vision du syst\u00e8me fiscal, pour mieux taxer la fortune, reste d’actualit\u00e9. Dusan Isakov, professeur de finance \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg, note qu\u2019il existe une marge de man\u0153uvre pour une hausse de l’imposition des patrimoines. Toutefois, il met en garde contre les limites pratiques d’une telle mesure. La Suisse, traditionnellement favorable \u00e0 des taux d\u2019imposition du capital bas pour attirer les entreprises, se heurte \u00e0 des obstacles importants pour taxer efficacement la fortune. La complexit\u00e9 de l\u2019\u00e9valuation du capital, qui inclut des actifs non mon\u00e9taires comme l’immobilier, rend cette t\u00e2che particuli\u00e8rement difficile. Les autorit\u00e9s suisses privil\u00e9gient donc souvent une taxation sur le revenu du travail, ce qui accentue encore les in\u00e9galit\u00e9s, puisque ceux qui ne d\u00e9tiennent pas d\u2019actifs sont les plus affect\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n

En outre, Marius Br\u00fclhart avertit que ce glissement vers une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 les \u00e9l\u00e9ments dynastiques (le patrimoine familial) p\u00e8sent davantage que l\u2019effort personnel risque d’\u00e9loigner la Suisse de l\u2019id\u00e9al m\u00e9ritocratique. Les jeunes g\u00e9n\u00e9rations<\/a>, par exemple, se retrouvent dans une situation o\u00f9 leur avenir d\u00e9pend davantage du patrimoine familial que de leurs propres efforts ou de leur \u00e9ducation.<\/p>\n\n\n\n

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Die Verm\u00f6gen in der Schweiz sind in den letzten 25 Jahren viel st\u00e4rker gestiegen als die L\u00f6hne. Wirtschaftsprofessor Marius Br\u00fclhart wirbt deshalb f\u00fcr eine Bundesverm\u00f6genssteuer statt h\u00f6herer Mehrwertsteuer oder neuer Lohnabz\u00fcge. https:\/\/t.co\/DOQe5XIHca<\/a><\/p>— SRF News (@srfnews) February 23, 2026<\/a><\/blockquote>