{"id":109714,"date":"2026-01-19T14:09:13","date_gmt":"2026-01-19T13:09:13","guid":{"rendered":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/?p=109714"},"modified":"2026-01-19T14:09:20","modified_gmt":"2026-01-19T13:09:20","slug":"europe-pain-discounter-douanier-suisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/europe-pain-discounter-douanier-suisse\/","title":{"rendered":"L’Europe inonde les rayons de pain bon march\u00e9 : comment les discounters contournent le syst\u00e8me douanier suisse ?"},"content":{"rendered":"\n
La consommation de produits de boulangerie pr\u00e9cuits import\u00e9s, notamment de pain, croissants et pizzas surgel\u00e9es, conna\u00eet une forte hausse en Suisse. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est particuli\u00e8rement visible dans les rayons des discounters, o\u00f9 la concurrence se joue en grande partie sur les prix. <\/p>\n\n\n\n
Les produits viennent principalement de France et d’Allemagne, profitant d’un syst\u00e8me douanier qui rend leur importation plus avantageuse que la production locale. Cette situation, bien qu’\u00e9conomiquement b\u00e9n\u00e9fique pour les consommateurs, met en p\u00e9ril l’industrie agricole suisse, en particulier les producteurs de c\u00e9r\u00e9ales panifiables.<\/p>\n\n\n\n
Le syst\u00e8me douanier suisse, cens\u00e9 prot\u00e9ger les producteurs locaux, semble de plus en plus inefficace face \u00e0 l\u2019essor des importations de produits pr\u00e9cuits. Alors que des taxes \u00e9lev\u00e9es sont appliqu\u00e9es sur les mati\u00e8res premi\u00e8res \u00e9trang\u00e8res comme la farine, le beurre ou les \u0153ufs, la valeur ajout\u00e9e, comme le travail ou l\u2019\u00e9nergie, est beaucoup moins ch\u00e8re dans l’Union europ\u00e9enne. Par exemple, la taxe d\u2019importation sur la farine repr\u00e9sente 67 % de son prix, mais elle chute \u00e0 44 % pour les p\u00e2tons et seulement 11 % pour les produits d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9cuits, comme les croissants, constate la Tages-Anzeiger<\/a>. Cette situation rend plus rentable l\u2019importation de produits transform\u00e9s plut\u00f4t que leur fabrication en Suisse.<\/p>\n\n\n\n Les discounters tels qu\u2019Aldi et Lidl, qui proposent des prix tr\u00e8s comp\u00e9titifs, tirent profit de cette structure douani\u00e8re avantageuse. En effet, Aldi <\/a>affiche un taux d\u2019importation de 20 % pour ses produits de boulangerie, tandis que chez Lidl<\/a>, ce taux s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 50 %. En revanche, les grandes surfaces comme Coop et Migros, bien que plus modestes dans leurs importations, se trouvent malgr\u00e9 tout confront\u00e9es \u00e0 une pression croissante sur les prix. L\u2019essor des produits import\u00e9s impacte non seulement les prix de vente, mais \u00e9galement la viabilit\u00e9 \u00e9conomique de l\u2019industrie locale.<\/p>\n\n\n\n L\u2019augmentation des importations a des cons\u00e9quences directes sur les agriculteurs suisses, qui peinent \u00e0 maintenir leur production de c\u00e9r\u00e9ales panifiables face \u00e0 la concurrence \u00e9trang\u00e8re. En effet, pour rester comp\u00e9titifs, de nombreux producteurs sont contraints de d\u00e9classer leur bl\u00e9 destin\u00e9 \u00e0 la panification en bl\u00e9 fourrager, moins rentable. La superficie cultiv\u00e9e en c\u00e9r\u00e9ales panifiables a ainsi diminu\u00e9 de 25 000 hectares en 25 ans, une baisse \u00e9quivalente \u00e0 la taille du canton de Gen\u00e8ve. Le taux d\u2019auto-approvisionnement en c\u00e9r\u00e9ales panifiables est \u00e9galement en chute libre, passant de 59 % en 2000 \u00e0 seulement 42 % en 2024.<\/p>\n\n\n\n Les chiffres sont sans appel : entre 2002 et 2023, les importations de produits transform\u00e9s et de p\u00e2tons ont bondi de 262 %, atteignant 293 000 tonnes. De plus, les produits finis, tels que les g\u00e2teaux, donuts ou pains toast\u00e9s, ont \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9s par huit depuis 1988, tandis que les p\u00e2tons ont connu une multiplication par 17 depuis 1997. Cette \u00e9volution, coupl\u00e9e aux rabais accord\u00e9s par les accords de libre-\u00e9change entre la Suisse et l\u2019UE, renforce encore cette tendance.<\/p>\n\n\n\n Les producteurs locaux, notamment ceux issus de l\u2019agriculture biologique ou plus traditionnelle, se retrouvent ainsi dans une situation pr\u00e9caire. De plus, les risques de d\u00e9pendance accrue vis-\u00e0-vis des importations \u00e9trang\u00e8res soul\u00e8vent des questions sur la durabilit\u00e9 de l\u2019agriculture suisse \u00e0 long terme.<\/p>\n\n\n\nImpact sur les producteurs locaux et l’agriculture suisse<\/strong><\/h2>\n\n\n\n