{"id":108463,"date":"2025-11-17T13:54:00","date_gmt":"2025-11-17T12:54:00","guid":{"rendered":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/?p=108463"},"modified":"2025-11-16T21:54:51","modified_gmt":"2025-11-16T20:54:51","slug":"suisse-mains-etrangeres-entreprise-dirige","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/suisse-mains-etrangeres-entreprise-dirige\/","title":{"rendered":"La Suisse entre des mains \u00e9trang\u00e8res : plus de la moiti\u00e9 des grandes entreprises dirig\u00e9es par des non-Suisses"},"content":{"rendered":"\n

La Suisse n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi cosmopolite dans ses entreprises. Un rapport r\u00e9cent r\u00e9v\u00e8le que plus de la moiti\u00e9 des dirigeants des 100 plus grandes entreprises du pays sont d\u00e9sormais \u00e9trangers, un chiffre historique. <\/p>\n\n\n\n

Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, en forte croissance, t\u00e9moigne d\u2019une mondialisation galopante de l\u2019\u00e9conomie suisse, mais il soul\u00e8ve aussi des questions essentielles sur l\u2019avenir des talents locaux. Si cette internationalisation offre des opportunit\u00e9s ind\u00e9niables pour la comp\u00e9titivit\u00e9 des entreprises suisses, elle pose \u00e9galement des d\u00e9fis en mati\u00e8re de coh\u00e9sion \u00e9conomique et sociale.<\/p>\n\n\n\n

Une Suisse toujours plus internationale dans ses directions<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

C\u2019est un chiffre qui marque un tournant. Selon un rapport du cabinet Guido Schilling<\/a>, 51% des membres des comit\u00e9s ex\u00e9cutifs des 100 plus grandes entreprises suisses sont aujourd\u2019hui \u00e9trangers. Ce chiffre bat un record et montre \u00e0 quel point la Suisse est devenue un carrefour mondial de l\u2019\u00e9conomie. M\u00eame dans les entreprises cot\u00e9es sur le Swiss Market Index (SMI), cet indice des plus grandes entreprises de la Bourse suisse, la proportion de dirigeants \u00e9trangers tombe \u00e0 27%, ce qui reste un signal fort.<\/p>\n\n\n\n

Comment en est-on arriv\u00e9 l\u00e0 ? En 1980, les cadres \u00e9trangers<\/a> repr\u00e9sentaient \u00e0 peine 4% des dirigeants. Aujourd\u2019hui, ils sont venus d\u2019Allemagne, des \u00c9tats-Unis, du Royaume-Uni ou encore de France, apportant avec eux des exp\u00e9riences et des savoir-faire globaux. Un v\u00e9ritable atout dans un monde \u00e9conomique o\u00f9 la comp\u00e9titivit\u00e9 passe de plus en plus par la capacit\u00e9 \u00e0 penser et \u00e0 agir au niveau mondial. Comme le souligne le sociologue Felix B\u00fchlmann de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, la Suisse est d\u00e9sormais l\u2019un des pays avec la plus grande \u00e9lite \u00e9conomique internationale, aux c\u00f4t\u00e9s de la Grande-Bretagne.<\/p>\n\n\n\n

Ce ph\u00e9nom\u00e8ne d’internationalisation des cadres est, bien s\u00fbr, une r\u00e9ponse directe \u00e0 la taille relativement modeste de la population suisse. Face \u00e0 des entreprises g\u00e9antes et des secteurs ultra-comp\u00e9titifs, comme la finance ou l\u2019industrie pharmaceutique<\/a>, il est difficile de trouver suffisamment de talents locaux pour remplir des r\u00f4les de haute direction. La demande de cadres qualifi\u00e9s d\u00e9passe largement l\u2019offre disponible au sein de la population suisse.<\/p>\n\n\n\n

L\u2019internationalisation, un levier de comp\u00e9titivit\u00e9\u2026 mais \u00e0 quel prix ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

L\u2019attrait pour les cadres \u00e9trangers n\u2019est pas une simple question de diversit\u00e9 culturelle ou de cosmopolitisme. C\u2019est aussi un levier de comp\u00e9titivit\u00e9 ind\u00e9niable pour les grandes entreprises suisses. Leurs dirigeants \u00e9trangers, souvent exp\u00e9riment\u00e9s dans des contextes internationaux, apportent des expertises pr\u00e9cieuses pour piloter des entreprises mondialis\u00e9es. Selon l\u2019\u00e9conomiste Tomas Casas Klett de l\u2019Universit\u00e9 de Saint-Gall, cette internationalisation permet aux entreprises suisses de renforcer leur pr\u00e9sence sur les march\u00e9s internationaux et d\u2019\u00eatre plus agiles face \u00e0 une \u00e9conomie de plus en plus interconnect\u00e9e, relate 20min<\/a>. L\u2019industrie pharmaceutique, la finance ou la construction m\u00e9canique, par exemple, b\u00e9n\u00e9ficient largement de cette expertise de port\u00e9e mondiale.<\/p>\n\n\n\n

Mais si cette mondialisation des cadres dirigeants pr\u00e9sente des avantages certains pour la comp\u00e9titivit\u00e9, elle n\u2019en reste pas moins un sujet sensible. Bj\u00f8rn Johansson, l\u2019un des chasseurs de t\u00eates les plus influents de Suisse, met en garde contre les risques d\u2019une trop grande concentration de pouvoirs \u00e9trangers. Selon lui, le succ\u00e8s \u00e9conomique de la Suisse repose sur un \u00e9quilibre fragile entre les acteurs \u00e9conomiques et les valeurs locales. Il insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de promouvoir davantage les talents suisses, d\u2019autant plus que l\u2019offre en cadres locaux est insuffisante pour r\u00e9pondre \u00e0 la demande. La question de la repr\u00e9sentation des int\u00e9r\u00eats suisses dans les comit\u00e9s ex\u00e9cutifs se pose donc de mani\u00e8re pressante.<\/p>\n\n\n\n

Un autre point soulev\u00e9 par les experts est celui de la responsabilit\u00e9 envers le pays d\u2019accueil. Pour Tomas Casas Klett, ce n\u2019est pas tant la nationalit\u00e9 des dirigeants qui pose probl\u00e8me, mais leur implication dans le d\u00e9veloppement \u00e0 long terme de la Suisse. Les cadres \u00e9trangers doivent \u00eatre capables de comprendre et d\u2019adopter les particularit\u00e9s de l\u2019\u00e9conomie locale. Il s\u2019agit donc de trouver un \u00e9quilibre entre des dirigeants venus d\u2019horizons diff\u00e9rents et un ancrage fort dans les r\u00e9alit\u00e9s et valeurs suisses. Ce n\u2019est pas une mince affaire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

La Suisse, avec un record de dirigeants \u00e9trangers, profite de la mondialisation mais doit relever le d\u00e9fi d\u2019int\u00e9grer davantage de talents locaux.<\/p>\n","protected":false},"author":35,"featured_media":108464,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-108463","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-entreprise","generate-columns","tablet-grid-50","mobile-grid-100","grid-parent","grid-33","no-featured-image-padding"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/108463","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/users\/35"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=108463"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/108463\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/media\/108464"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=108463"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=108463"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=108463"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}