{"id":103155,"date":"2025-04-17T17:46:00","date_gmt":"2025-04-17T15:46:00","guid":{"rendered":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/?p=103155"},"modified":"2025-04-17T15:47:16","modified_gmt":"2025-04-17T13:47:16","slug":"suisse-dixieme-creancier-etats-unis-300-milliards-dollars","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/suisse-dixieme-creancier-etats-unis-300-milliards-dollars\/","title":{"rendered":"La Suisse, dixi\u00e8me cr\u00e9ancier des \u00c9tats-Unis avec 300 milliards de dollars"},"content":{"rendered":"\n<p>Environ un tiers de la dette publique am\u00e9ricaine est entre les mains d\u2019acteurs \u00e9trangers, principalement en Asie. Dans ce paysage, la Suisse \u00e9merge comme un acteur discret mais significatif. Le montant d\u00e9tenu, relay\u00e9 par la <a href=\"https:\/\/www.rts.ch\/info\/economie\/2025\/article\/la-suisse-10e-creancier-des-usa-un-atout-dans-les-negociations-28856318.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>RTS<\/em><\/a>, la place juste apr\u00e8s les g\u00e9ants que sont le Japon et la Chine.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un contexte international marqu\u00e9 par des tensions commerciales et des red\u00e9finitions des \u00e9quilibres g\u00e9opolitiques, certains observateurs s\u2019interrogent sur la possibilit\u00e9 d\u2019utiliser cette position comme un levier lors de n\u00e9gociations. L\u2019id\u00e9e soul\u00e8ve des d\u00e9bats, mais se heurte \u00e0 plusieurs r\u00e9alit\u00e9s structurelles internes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une dette \u00e9trang\u00e8re au c\u0153ur des relations g\u00e9o\u00e9conomiques<\/h2>\n\n\n\n<p>La dette am\u00e9ricaine d\u00e9passe aujourd\u2019hui les 36 000 milliards de dollars. Sur ce total, environ un tiers est d\u00e9tenu par des cr\u00e9anciers \u00e9trangers. Le Japon est le principal d\u00e9tenteur avec environ 1000 milliards de dollars, suivi de la Chine avec environ 760 milliards. La Suisse, avec 300 milliards de dollars, se classe \u00e0 la dixi\u00e8me position mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Fran\u00e7ois Savary, strat\u00e9giste et fondateur de Genvil, interrog\u00e9 par le m\u00e9dia helv\u00e9tique, cette position pourrait constituer un outil de n\u00e9gociation pour la Suisse dans ses<a href=\"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/suisse-investit-un-demi-million-lobbying-etats-unis\/\" data-type=\"post\" data-id=\"103020\"> <\/a>relations commerciales avec les<a href=\"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/suisse-investit-un-demi-million-lobbying-etats-unis\/\" data-type=\"post\" data-id=\"103020\"> \u00c9tats-Unis<\/a>. <\/p>\n\n\n\n<p>Il souligne que dans la red\u00e9finition des relations mondiales men\u00e9e par Washington, les questions de dette publique sont int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 une strat\u00e9gie globale, au m\u00eame titre que les consid\u00e9rations commerciales ou militaires.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un usage strat\u00e9gique de la dette n\u2019est pas nouvelle. Une vente massive de bons du Tr\u00e9sor par un cr\u00e9ancier \u00e9tranger pourrait entra\u00eener une hausse des rendements, affectant les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat am\u00e9ricains et, par ricochet, l\u2019\u00e9conomie enti\u00e8re. Une telle d\u00e9marche pourrait donc th\u00e9oriquement servir de levier diplomatique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une ind\u00e9pendance mon\u00e9taire qui verrouille les options politiques<\/h2>\n\n\n\n<p>En pratique, cette perspective reste tr\u00e8s limit\u00e9e pour la Suisse. La majorit\u00e9 de cette dette am\u00e9ricaine est d\u00e9tenue par la Banque nationale suisse (BNS), une institution juridiquement ind\u00e9pendante.<\/p>\n\n\n\n<p> Comme l\u2019a expliqu\u00e9 Daniel Varela, chef des investissements \u00e0 la banque Piguet Galland, le gouvernement suisse ne peut pas ordonner \u00e0 la BNS de vendre ses bons du Tr\u00e9sor, m\u00eame dans un objectif strat\u00e9gique.<\/p>\n\n\n\n<p>Remettre en cause cette ind\u00e9pendance reviendrait \u00e0 \u00e9branler l\u2019un des piliers de la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique suisse. Pour cette raison, une intervention directe du Conseil f\u00e9d\u00e9ral dans les d\u00e9cisions de la BNS est consid\u00e9r\u00e9e comme incompatible avec l\u2019architecture institutionnelle actuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Laur\u00e9line Renaud Chatelain, experte obligataire chez Pictet Wealth Management, partage cette analyse. Elle estime qu\u2019il serait tr\u00e8s surprenant de voir la BNS s\u2019immiscer dans des consid\u00e9rations politiques, et rappelle que le Conseil f\u00e9d\u00e9ral ne d\u00e9tient aucun pouvoir formel pour forcer la vente de ces actifs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une mobilisation collective difficile \u00e0 envisager<\/h2>\n\n\n\n<p>M\u00eame si le Conseil f\u00e9d\u00e9ral d\u00e9cidait de sugg\u00e9rer une telle d\u00e9marche, les chances qu\u2019elle soit suivie d\u2019effet sont minimes. Convaincre les investisseurs institutionnels ou les clients priv\u00e9s de liquider leurs avoirs en bons du Tr\u00e9sor am\u00e9ricains semble hautement improbable. Daniel Varela affirme ne pas croire qu\u2019un appel du gouvernement \u00e0 vendre ces actifs puisse \u00eatre appliqu\u00e9 dans les faits.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, seule la Chine, qui d\u00e9tient ses avoirs via des institutions \u00e9tatiques, disposerait r\u00e9ellement de la capacit\u00e9 d\u2019utiliser la dette am\u00e9ricaine comme une monnaie d\u2019\u00e9change politique. La Suisse, en revanche, bien que plac\u00e9e parmi les plus grands cr\u00e9anciers, se retrouve structurellement emp\u00each\u00e9e de faire de cette situation un levier op\u00e9rationnel.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Suisse d\u00e9tient pr\u00e8s de 300 milliards de dollars de bons du Tr\u00e9sor am\u00e9ricain, la pla\u00e7ant parmi les dix plus grands cr\u00e9anciers des \u00c9tats-Unis. Une position qui interroge sur son utilit\u00e9 diplomatique.<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":103157,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-103155","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-economie","generate-columns","tablet-grid-50","mobile-grid-100","grid-parent","grid-33","no-featured-image-padding"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/103155","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=103155"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/103155\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/media\/103157"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=103155"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=103155"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=103155"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}