{"id":103000,"date":"2025-04-14T10:19:00","date_gmt":"2025-04-14T08:19:00","guid":{"rendered":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/?p=103000"},"modified":"2025-04-13T17:36:14","modified_gmt":"2025-04-13T15:36:14","slug":"suisse-recolte-que-243-millions-avec-taxe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/suisse-recolte-que-243-millions-avec-taxe\/","title":{"rendered":"La Suisse attendait 2,5 milliards, elle n&rsquo;en r\u00e9colte que 243 millions avec cette taxe"},"content":{"rendered":"\n<p>La taxe OCDE, qui devait permettre \u00e0 la Suisse de collecter jusqu\u2019\u00e0 2,5 milliards de francs suppl\u00e9mentaires, s\u2019av\u00e8re beaucoup moins lucrative que pr\u00e9vu. En r\u00e9alit\u00e9, l&rsquo;apport des grandes entreprises se limitera \u00e0 243,2 millions de francs en 2024, soit seulement 8 % des pr\u00e9visions les plus optimistes. <\/p>\n\n\n\n<p>Une \u00e9tude de Deloitte r\u00e9v\u00e8le l\u2019ampleur de cette d\u00e9ception, alors que l\u2019imp\u00f4t minimum de l\u2019OCDE avait pour objectif d&rsquo;\u00e9viter que les multinationales n\u2019\u00e9chappent \u00e0 leur devoir fiscal en transf\u00e9rant leurs b\u00e9n\u00e9fices dans des paradis fiscaux, rapporte <em><a href=\"https:\/\/www.watson.ch\/fr\/economie\/argent\/315429871-pourquoi-la-suisse-recolte-si-peu-d-argent-avec-la-taxe-ocde\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Watson<\/a><\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une r\u00e9forme qui peine \u00e0 tenir ses promesses<\/h2>\n\n\n\n<p>L&rsquo;Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques (OCDE) a lanc\u00e9 en 2021 une r\u00e9forme fiscale visant \u00e0 garantir qu&rsquo;aucune grande entreprise internationale ne paye moins de 15 % d\u2019imp\u00f4t sur ses b\u00e9n\u00e9fices dans aucun pays o\u00f9 elle op\u00e8re. Cette initiative devait g\u00e9n\u00e9rer des recettes fiscales substantielles, estim\u00e9es entre 1 et 2,5 milliards de francs par an pour la Suisse.  <\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, selon une analyse de Deloitte, les r\u00e9sultats sont loin de ces attentes. L\u2019\u00e9tude r\u00e9v\u00e8le que, en 2024, les recettes fiscales suppl\u00e9mentaires se chiffreront \u00e0 seulement 243,2 millions de francs. Ce montant repr\u00e9sente moins de 10 % des pr\u00e9visions les plus optimistes. Ce constat soul\u00e8ve la question de l\u2019efficacit\u00e9 r\u00e9elle de la r\u00e9forme et de l\u2019impact qu\u2019elle pourrait avoir sur les finances publiques suisses.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une contribution tr\u00e8s in\u00e9gale des grandes entreprises<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude de Deloitte a scrut\u00e9 les 50 <a href=\"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/grandes-entreprises-suisses-abandonnent-politique-diversite\/\" data-type=\"post\" data-id=\"102316\">plus grandes entreprises pr\u00e9sentes en Suisse<\/a>, regroup\u00e9es dans les indices boursiers SMI et SMIM. Parmi elles, seules 15 sont actuellement concern\u00e9es par cette r\u00e9forme. Celles-ci devront s\u2019acquitter d\u2019imp\u00f4ts suppl\u00e9mentaires en raison de la nouvelle taxe minimale. <\/p>\n\n\n\n<p>Le groupe Roche, leader mondial dans le secteur pharmaceutique, est de loin le plus gros contributeur avec 189 millions de francs d&rsquo;imp\u00f4ts suppl\u00e9mentaires, repr\u00e9sentant plus des deux tiers du total des recettes fiscales suppl\u00e9mentaires pour 2024.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres entreprises, comme Partners Group et Straumann, ajoutent quelques millions de francs, tandis que des soci\u00e9t\u00e9s telles que Swiss Life ou Swisscom contribuent \u00e0 hauteur de montants bien plus modestes. Au total, les 15 entreprises concern\u00e9es g\u00e9n\u00e8rent environ 243,2 millions de francs d&rsquo;imp\u00f4ts suppl\u00e9mentaires. <\/p>\n\n\n\n<p>Une r\u00e9partition in\u00e9gale qui montre que la r\u00e9forme touche de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e certains secteurs, principalement la pharmacie, la finance et les technologies m\u00e9dicales, tandis que d\u2019autres secteurs restent largement \u00e9pargn\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une r\u00e9forme encore en phase transitoire<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9cart entre les pr\u00e9visions et les r\u00e9sultats actuels s\u2019explique par le fait que les nouvelles r\u00e8gles fiscales sont encore dans une phase transitoire qui court jusqu\u2019\u00e0 fin 2026. Cette p\u00e9riode de transition permet \u00e0 certaines entreprises, sous certaines conditions, de ne pas encore verser les imp\u00f4ts suppl\u00e9mentaires. <\/p>\n\n\n\n<p>Selon l\u2019\u00e9tude de Deloitte, la faible participation des entreprises et les recettes fiscales encore limit\u00e9es peuvent \u00eatre attribu\u00e9es \u00e0 ce statut transitoire. La r\u00e9forme sera v\u00e9ritablement appliqu\u00e9e \u00e0 partir de 2027, lorsque la plupart des entreprises devront respecter pleinement les nouvelles r\u00e8gles de l&rsquo;OCDE.<\/p>\n\n\n\n<p>En attendant, la Suisse a d\u00e9cid\u00e9 de mettre en place un imp\u00f4t compl\u00e9mentaire national \u00e0 partir de 2024 pour compenser la lente adoption de l&rsquo;imp\u00f4t minimum de l&rsquo;OCDE. Ce syst\u00e8me national devrait \u00e9galement inclure, \u00e0 partir de 2025, des pr\u00e9l\u00e8vements fiscaux suppl\u00e9mentaires sur les filiales \u00e9trang\u00e8res des groupes suisses, \u00e0 condition que ces filiales ne respectent pas le taux minimum de 15 % d\u2019imp\u00f4ts sur leurs b\u00e9n\u00e9fices dans les pays o\u00f9 elles sont implant\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, comme le souligne Thomas Hug, expert fiscal chez Deloitte, l\u2019ampleur des recettes fiscales suppl\u00e9mentaires apr\u00e8s 2026 d\u00e9pendra largement des d\u00e9cisions prises par d\u2019autres pays participants \u00e0 la r\u00e9forme, notamment les \u00c9tats-Unis, qui n\u2019ont pas encore pleinement soutenu cette initiative.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9forme fiscale de l&rsquo;OCDE, cens\u00e9e rapporter 2,5 milliards de francs \u00e0 la Suisse, g\u00e9n\u00e9rera seulement 243,2 millions en 2024, soit 8 % des pr\u00e9visions, selon Deloitte.<\/p>\n","protected":false},"author":17,"featured_media":103003,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[17],"tags":[],"class_list":["post-103000","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-fiscalite","generate-columns","tablet-grid-50","mobile-grid-100","grid-parent","grid-33","no-featured-image-padding"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/103000","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/users\/17"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=103000"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/103000\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/media\/103003"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=103000"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=103000"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/econostrum.info\/suisse\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=103000"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}