Le Département américain du Trésor a récemment ajouté la Suisse et l’Irlande à sa liste des pays susceptibles de manipuler leur monnaie. Ce rapport inclut des critères tels qu’un excédent commercial important avec les États-Unis et des achats unilatéraux de devises étrangères. En 2020, la Suisse avait déjà été qualifiée de manipulatrice par l’administration Trump, bien que cela n’ait pas conduit à des sanctions.
En réponse, la BNS a réaffirmé que ses achats de devises étaient effectués pour garantir des conditions monétaires adéquates et non pour affaiblir artificiellement le franc. Selon la BNS, ces interventions restent dans le cadre de son mandat de stabilité des prix et ne sont pas destinées à influencer les taux de change, rapporte la RTS.
Les interventions monétaires de la BNS et leur objectif
La BNS explique que ses interventions sur le marché des devises sont principalement motivées par son objectif de stabilité des prix. Contrairement à ce que suggèrent les critiques américaines, l’objectif n’est pas de contrôler ou de manipuler le cours du franc.
En 2024, la BNS a acheté environ un milliard de dollars de devises étrangères, soit 0,1 % du PIB suisse. Ce montant est bien en deçà des critères américains, qui fixent un seuil de 3 % du PIB pour considérer un pays comme manipulant sa devise.
Le Trésor américain lui-même qualifie ces achats de « minimes« . Ces achats n’ont pas pour but de dévaluer le franc mais de soutenir la politique monétaire interne, précise la BNS dans sa réponse officielle.
La réaction suisse et les précédents dialogues avec Washington
Le gouvernement suisse, par l’intermédiaire de la BNS, a souligné l’importance d’un dialogue continu avec les autorités américaines. L’objectif est de clarifier la politique monétaire suisse et d’expliquer que ses décisions sont prises indépendamment des pressions externes.
Ce n’est pas la première fois que des critiques américaines sont émises à l’égard de la Suisse : en 2016, sous l’administration Obama, une surveillance avait été mise en place sur la balance commerciale et la politique monétaire suisse.
En 2020, bien que la Suisse ait été qualifiée de manipulatrice, aucune sanction n’a été imposée. Le dialogue avec Washington semble donc avoir permis de dissiper ces malentendus, au moins sur le plan diplomatique.








