L’industrie horlogère suisse, réputée pour son savoir-faire et son prestige, traverse une période difficile en raison de la chute de ses exportations vers les États-Unis. En septembre 2025, les exportations horlogères suisses ont enregistré un recul de 3,1 %, atteignant un total de 2 milliards de francs.
Cette baisse est en grande partie due à une chute spectaculaire des ventes aux États-Unis, qui ont diminué de 55,6 %. L’effondrement du marché américain a largement annulé ces gains, entraînant une contraction générale de l’industrie. En revanche, d’autres marchés clés, comme le Royaume-Uni, le Japon, Hong Kong, la Chine et Singapour, ont connu une hausse significative.
L’impact des droits de douane américains sur les exportations suisses
Depuis la mise en place des droits de douane par les États-Unis sous la présidence de Donald Trump, l’industrie horlogère suisse a subi une pression considérable. En septembre 2025, la chute de 55,6 % des exportations vers les États-Unis a largement contribué à la baisse générale de l’industrie. Ce recul a annulé les hausses observées sur d’autres marchés clés, dont le Royaume-Uni, le Japon, et Singapour. Sans cette baisse spectaculaire, les exportations horlogères suisses auraient progressé de 7,8 %, selon les dernières statistiques de la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH) publiés ce mardi.
Cette situation est le résultat direct des politiques protectionnistes des États-Unis, qui ont imposé des droits de douane sur certains produits de luxe, y compris les montres suisses. Les montres de moins de 500 francs ont particulièrement souffert, enregistrant une baisse de 15,6 %. Les modèles haut de gamme, au contraire, ont vu leurs exportations légèrement augmenter, mais cela n’a pas suffi à compenser la chute du volume des ventes globales. En outre, les autres pays européens ont également connu des baisses, bien que moins importantes qu’aux États-Unis. Les exportations vers la France, l’Allemagne et l’Italie ont respectivement chuté de 3,5 %, 14,6 % et 3,9 %.
Cette situation met en lumière la vulnérabilité de l’industrie horlogère suisse face aux décisions économiques prises à l’échelle mondiale. L’industrie, qui a longtemps prospéré grâce à sa position dominante sur le marché américain, doit désormais faire face à des défis imprévus. L’imposition de droits de douane a renforcé la concurrence sur le marché américain, avec des marques asiatiques offrant des alternatives à des prix plus compétitifs.
Stratégies d’adaptation face à la baisse des exportations
Face à ce recul des exportations vers les États-Unis, les horlogers suisses ont dû se réinventer et adapter leurs stratégies commerciales. Certaines entreprises ont cherché à compenser les pertes en se tournant vers d’autres marchés où la demande reste forte. Ainsi, des pays comme la Corée du Sud, l’Australie, le Mexique et l’Inde ont connu des croissances impressionnantes. En Corée du Sud, les exportations ont bondi de 21,5 %, tandis qu’en Inde, elles ont augmenté de 28,3 %. De même, l’Australie et le Mexique ont vu des croissances de 14,2 % et 44,1 % respectivement. Ces marchés émergents représentent désormais un rempart face à la faiblesse du marché américain.
Cependant, les entreprises horlogères suisses ont également dû se concentrer sur l’innovation pour maintenir leur position sur le marché mondial. Si les montres en métaux précieux ont vu une légère hausse de 1,5 % en valeur, les autres catégories ont enregistré des baisses considérables. Les montres en acier et celles bimétalliques ont vu leurs exportations chuter de respectivement 3,8 % et 10,4 %. En nombre de pièces, les seules catégories ayant connu une augmentation sont les montres bimétalliques.
Le secteur des montres haut de gamme a également réagi en ajustant ses prix. Les montres dont le prix export est supérieur à 3 000 francs ont connu une baisse de 3,4 %, tandis que celles entre 500 et 3 000 francs ont enregistré une légère hausse de 4,2 %. Cette tendance montre que le segment de luxe, bien qu’il soit moins touché par les fluctuations économiques, ne reste pas totalement épargné. Les horlogers suisses ont dû jongler entre maintien de la qualité et ajustement des prix pour s’assurer de rester compétitifs face à la concurrence mondiale.
En outre, la stratégie de diversification des canaux de distribution et de production s’est accélérée. Certaines marques ont même envisagé de relocaliser certaines étapes de leur production pour réduire les coûts, tout en maintenant des standards de qualité élevés. Cette flexibilité permet de répondre aux nouvelles exigences du marché tout en restant compétitif sur les segments clés de l’industrie horlogère.








