En Suisse, près de 10% des permis de séjour seraient obtenus de manière frauduleuse. Un constat alarmant qui soulève des questions sur l’efficacité du contrôle des migrations dans le pays.
Ce phénomène est facilité par le trafic de fausses pièces d’identité, en particulier des documents bulgares, lituaniens ou belges, qui permettent à de nombreux étrangers d’obtenir des permis de séjour pour travailler en Suisse. Le travail des faussaires devient de plus en plus sophistiqué, rendant les contrôles plus complexes pour les autorités locales, déjà confrontées à des défis importants pour garantir la sécurité et l’intégrité du système.
La prolifération des faux documents : un business florissant
Le commerce de faux documents d’identité est en pleine expansion en Suisse. De plus en plus de faussaires spécialisés produisent des pièces d’identité imitées à la perfection, rendant leur détection particulièrement difficile, même pour les experts. Selon 20minutes.ch, des cartes d’identité de pays comme la Bulgarie, la Lituanie ou la Belgique sont fréquemment utilisées pour obtenir des permis de séjour en Suisse. Ces faux documents sont souvent utilisés par des étrangers désireux de travailler en Suisse, créant un marché lucratif pour les faussaires, mais aussi pour ceux qui cherchent à contourner les règles migratoires du pays.
Les autorités suisses estiment que 10% des permis de séjour sont obtenus de manière frauduleuse, un chiffre avancé par Alexander Ott, chef de la police des étrangers de la ville de Berne, et corroboré par d’autres experts comme Simon Baechler, chef de la police judiciaire de Neuchâtel. Selon Baechler, ce taux pourrait même augmenter à mesure que les enquêtes se multiplient, et chaque nouvelle recherche permet de mettre en lumière davantage de cas de fraude. Ce chiffre illustre l’ampleur du problème et son impact sur l’intégrité du système migratoire suisse.
Les défis des autorités face à des faussaires de plus en plus ingénieux
Le principal problème réside dans la qualité des faux documents qui ne cesse de s’améliorer. Aujourd’hui, certains documents sont imités avec un tel degré de précision qu’il devient extrêmement difficile de les distinguer des originaux, même pour des experts. Cela pose un défi majeur pour les employés communaux chargés du contrôle des pièces d’identité, qui ne sont pas toujours formés pour repérer les contrefaçons les plus sophistiquées.
Alexander Ott, qui est également coprésident de l’Association suisse des services des habitants, plaide pour une formation plus approfondie des employés municipaux. Ces derniers, souvent responsables des vérifications à la base du processus d’immigration, manquent de formation spécialisée pour détecter les faux documents. Les contrôles effectués aux guichets communaux sont donc insuffisants, ce qui facilite l’accès frauduleux au système des permis de séjour. Il est désormais évident que les autorités doivent investir dans des formations et des outils spécialisés pour aider les employés à mieux identifier ces fraudes.
En réponse à cette situation, le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) a reconnu la nécessité d’améliorer les contrôles dans les communes. Le SEM a mandaté l’Association des services des habitants pour évaluer la qualité des contrôles effectués dans les différentes régions et a prévu, d’ici la fin de l’année, de soumettre au Conseil fédéral des mesures concrètes visant à renforcer la sécurité du processus de délivrance des permis de séjour.
Malgré ces efforts, le système reste vulnérable aux fraudes, et les autorités suisses se trouvent dans une course contre la montre pour renforcer la sécurité des contrôles tout en luttant contre l’ingéniosité des faussaires.








