Swiss cherche à réduire son trop-plein d’effectif, une prime de 15 000 francs sur la table

Face à un excédent inattendu de personnel, Swiss dégaine une mesure financière pour rééquilibrer ses équipes sans passer par la case licenciements.

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Swiss cherche à réduire son trop-plein d'effectif , une prime de 15 000 francs sur la table : Crédit : SALVATORE DI NOLFI / keystone-sda.ch | Econostrum.info - Suisse

Le transport aérien continue d’ajuster ses effectifs après une reprise plus irrégulière qu’anticipé. En Suisse, la compagnie Swiss doit composer avec un décalage entre ses ressources humaines et son activité réelle. 

Cette situation s’explique par des contraintes opérationnelles qui limitent le nombre de vols assurés. Pour y faire face, l’entreprise mise sur des départs volontaires et des solutions flexibles plutôt que sur des mesures contraignantes.

Un sureffectif lié à une activité inférieure aux prévisions

Swiss fait actuellement face à un excédent de personnel de cabine qui atteint jusqu’à environ 300 employés certains mois. Ce déséquilibre s’inscrit dans un contexte où l’activité ne suit pas les projections établies auparavant. À l’automne dernier, la compagnie avait recruté environ 400 membres de cabine supplémentaires afin d’accompagner une montée en puissance du trafic aérien.

Dans les faits, plusieurs contraintes sont venues freiner cette dynamique. Swiss évoque des problèmes persistants affectant certains moteurs de sa flotte ainsi qu’une pénurie continue de pilotes. Ces éléments réduisent la capacité opérationnelle de la compagnie, qui ne peut pas exploiter l’ensemble de ses avions comme prévu. En conséquence, une partie du personnel navigant se retrouve sous-utilisée.

La compagnie insiste sur le caractère évolutif de ses besoins. «Les besoins en personnel de cabine évoluent constamment en fonction du programme de vols, de la saison et des développements opérationnels», indique une porte-parole. Elle précise que la situation reste temporaire et devrait se normaliser progressivement dans les prochains mois, avec un retour à l’équilibre attendu au plus tard début 2027.

Malgré ce contexte, Swiss se veut rassurante sur sa capacité à gérer cette phase d’ajustement. L’entreprise cherche à adapter ses effectifs sans compromettre sa flexibilité future, dans un secteur où les conditions d’exploitation peuvent évoluer rapidement.

Des primes et des dispositifs flexibles pour éviter les licenciements

Pour réduire cet excédent, Swiss a lancé depuis la mi-mars un dispositif d’incitation aux départs volontaires. Les membres du personnel de cabine qui choisissent de quitter l’entreprise peuvent bénéficier d’une prime pouvant atteindre 15’000 francs, ajustée en fonction de leur taux d’occupation. Cette offre est valable pour les départs annoncés d’ici au 30 avril, avec une sortie effective au plus tard fin août 2026.

En parallèle, la compagnie propose des alternatives à la démission. Les employés disposant d’au moins six ans d’ancienneté peuvent opter pour un « contrat dormant » d’une durée minimale d’un an, indique Swissinfo. Ce dispositif leur permet de suspendre temporairement leur activité tout en conservant la possibilité de revenir par la suite. Une indemnité est également prévue dans ce cas.

Un autre modèle, baptisé « Study & Fly », permet de combiner une activité à temps partiel avec des études. La prime est alors versée au prorata du temps de travail réduit. Ces différentes options visent à offrir des solutions adaptées aux situations individuelles, tout en contribuant à réduire les effectifs actifs.

L’ensemble de ces mesures s’adresse aux quelque 4000 employés de cabine basés à Zurich. Elles prolongent des dispositifs déjà mis en place ces derniers mois, comme les congés sans solde ou les pauses individuelles. Selon Swiss, ces formules ont déjà été utilisées par une partie du personnel lorsque cela correspondait à leurs besoins.

La direction affirme ne pas envisager de licenciements à ce stade. «Des licenciements ne sont pas envisagés pour l’instant et représenteraient le dernier recours si les mesures volontaires ne devaient pas suffire», précise une porte-parole. Il est encore trop tôt pour mesurer l’adhésion des employés à cette nouvelle offre, introduite récemment.

Cette stratégie traduit une volonté de privilégier des ajustements progressifs et négociés, dans un environnement où les incertitudes opérationnelles restent élevées. Swiss cherche ainsi à absorber un surplus temporaire de personnel tout en limitant les tensions sociales.

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