La compagnie aérienne Swiss va supprimer 1400 vols entre avril et octobre 2025. En cause, une pénurie de personnel de bord qui suscite des critiques internes sur la gestion de l’entreprise.
Cette situation entraîne des conséquences sur l’ensemble du réseau, des vols long-courriers aux plus courts. Des tensions apparaissent également entre la direction et les pilotes, qui dénoncent une mauvaise anticipation de la crise.
Des absences prolongées et une formation mobilisante
Swiss, filiale du groupe Lufthansa, explique cette vague d’annulations par un nombre anormalement élevé d’absences de longue durée, principalement liées à des accidents et des grossesses.
Ces absences seraient, selon la compagnie, trois fois supérieures à la moyenne. L’introduction prochaine de l’Airbus A350 nécessitant une formation spécifique de l’équipage aggrave cette situation, mobilisant des ressources humaines supplémentaires.
Une porte-parole de Swiss a confirmé à l’agence AWP que les suppressions de vols concernent aussi bien des destinations long-courriers, comme Chicago, que des liaisons court et moyen-courriers.
Le total représente 1,5 % du programme de vol prévu entre avril et octobre. Selon Watson, la flotte elle-même fait face à d’autres difficultés, comme le manque de moteurs pour certains modèles A220 et la reconversion retardée liée à la livraison tardive des A350.
Des critiques internes sur les causes avancées
Les explications données par la direction ne convainquent pas tout le monde. L’association professionnelle des pilotes Aeropers, par la voix de son porte-parole Thomas Steffen, reconnaît une augmentation des arrêts maladie, mais doute que les accidents et les grossesses en soient les causes principales.
Steffen souligne que les femmes représentent seulement 4,5 % de l’effectif des pilotes, ce qui rend improbable une hausse significative des absences liées à des grossesses, comme l’a pourtant avancé la compagnie.
Selon plusieurs témoignages relayés par le média helvétique, certains pilotes estiment que ces difficultés proviennent surtout d’une surcharge chronique de travail et d’un défaut de planification de la part de la direction.
Un pilote évoque une tentative de Swiss de détourner l’attention d’une mauvaise organisation interne. Aeropers ajoute que Swiss ne semble pas disposée à prendre des mesures susceptibles d’augmenter l’attractivité du métier, un facteur qui aggrave le manque de personnel.
Une gestion des ressources contestée
Swiss indique avoir déjà utilisé toutes les solutions disponibles, comme le recours à du personnel externe ou le soutien logistique du groupe Lufthansa. Pour faire face à court terme, certains pilotes plus âgés repoussent leur départ à la retraite, et des employés à temps partiel augmentent leur charge de travail. À plus long terme, la compagnie prévoit d’élargir sa capacité de formation et de recruter jusqu’à 110 nouveaux pilotes par an.
Interrogé par Waston, Michael Stief, porte-parole de Swiss, admet que certaines unités, avec seulement quelques absences supplémentaires, peuvent être gravement perturbées. Il indique que les absences sont particulièrement concentrées dans certaines catégories de personnel ou selon le type d’avion. Concernant les problèmes techniques, Swiss affirme être informée tardivement des livraisons de moteurs de remplacement, ce qui affecte directement la disponibilité de la flotte court-courrier.
La direction n’a pas révélé les pertes financières associées aux vols annulés, ni les coûts liés aux remboursements et changements de réservation. Ce contexte contraint même certains membres de la direction, comme le directeur des opérations Oliver Buchhofer, à reprendre les commandes pour alléger la pression sur les équipages.








