En Suisse, acheter une maison est devenu un luxe pour une petite partie de la population. Selon Bilan, en seulement vingt ans, les prix de l’immobilier ont doublé, rendant l’accès à la propriété de plus en plus difficile. À titre d’exemple, avec des économies allant de 100’000 à 250’000 francs, il est pratiquement impossible d’acquérir la maison de ses rêves en Suisse.
Ce budget permet tout juste de couvrir les frais liés à l’achat d’un petit appartement ou d’une maison modeste, et encore dans des zones moins recherchées. En revanche, dans d’autres pays européens, ces sommes peuvent suffire à acquérir des biens immobiliers de bien meilleure qualité, souvent dans des localités prisées, comme en bord de mer.
Pourquoi les Suisses se tournent-ils vers l’étranger ?
De nombreux Suisses, ne pouvant plus accéder à l’immobilier local, se tournent vers l’étranger pour réaliser leur rêve d’acheter une maison. Dans des pays comme l’Espagne, il est possible d’acheter un appartement de trois pièces à proximité de la plage pour environ 200’000 francs. Cette offre immobilière, beaucoup plus attractive, attire une clientèle suisse en quête d’un cadre de vie agréable, en particulier en hiver, avec un climat plus doux et la proximité de la mer.
Ce phénomène est également alimenté par l’attractivité de certains pays, où les prix de l’immobilier sont nettement inférieurs à ceux pratiqués en Suisse, ce qui offre des opportunités aux Suisses disposant de revenus plus élevés par rapport à la moyenne locale. Selon une agence immobilière espagnole citée par le média helvétique, un bien dans cette gamme de prix à quelques pas de la mer en Espagne serait déjà au-dessus des moyens de la plupart des habitants locaux, ce qui accentue l’attrait de ces propriétés pour les acheteurs suisses.
Une classe sociale plus élevée à l’étranger
L’attrait pour l’immobilier à l’étranger ne réside pas seulement dans des prix plus abordables, mais aussi dans la possibilité d’accéder à une catégorie sociale plus élevée. Les Suisses, bénéficiant de revenus nettement plus importants que ceux des habitants de certaines régions, peuvent ainsi s’offrir des propriétés plus luxueuses à l’étranger qu’ils ne pourraient jamais envisager en Suisse. Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), le nombre d’expatriés suisses augmente régulièrement sur tous les continents, à l’exception de l’Afrique.
Des pays comme Israël, la Thaïlande et les Philippines ont vu une forte croissance de leur population suisse ces dernières années. Mais c’est en Europe, et plus précisément au Portugal, que l’augmentation de la diaspora suisse a été la plus marquée depuis 2022. La France reste, quant à elle, le pays où l’on trouve le plus de Suisses expatriés, avec plus de 200’000 d’entre eux vivant sur le territoire. L’intérêt pour ces destinations a également été accentué par la pandémie de Covid-19, qui a amplifié le désir de quitter la Suisse pour une vie plus abordable et agréable.
Trois profils d’acheteurs suisses à l’étranger
Les Suisses qui se lancent dans l’achat immobilier à l’étranger forment plusieurs profils distincts. Premièrement, il y a les investisseurs, qui cherchent à rentabiliser leur achat en générant des revenus locatifs. Avec un budget de 100’000 francs, ces investisseurs peuvent acquérir des biens en Espagne, là où les prix sont bien plus compétitifs qu’en Suisse. Ensuite, certains retraités choisissent de vendre leurs biens en Suisse et d’acheter à l’étranger pour profiter d’un cadre de vie plus calme et agréable, loin des prix élevés de leur pays d’origine.
Enfin, il existe des acheteurs plus jeunes, généralement dans la cinquantaine, qui souhaitent acquérir une maison de vacances en bord de mer, avec l’intention d’y vivre définitivement plus tard. Cette catégorie est en forte augmentation depuis la pandémie, alors que la demande pour ce type de biens a connu une poussée importante.