La conduite sans permis devient un problème de plus en plus courant en Suisse, un phénomène qui gagne du terrain, à l’instar de ce qui se passe en Allemagne. Une récente étude allemande a révélé une hausse significative des trajets en voiture effectués sans permis valable, et cette tendance se reflète également en Suisse.
Bien que ce comportement soit souvent perçu comme marginal, il semble se propager, en particulier parmi les jeunes conducteurs. Ce phénomène soulève des questions sur la sécurité routière et sur les mesures à prendre pour lutter contre cette conduite irresponsable, qui expose non seulement les conducteurs eux-mêmes, mais aussi les autres usagers de la route à des risques accrus.
Une hausse inquiétante des conducteurs sans permis
La conduite sans permis n’est pas un phénomène isolé, mais une réalité qui concerne un nombre croissant de personnes. Selon l’Office fédéral des routes (OFROU), la Suisse connaît une légère tendance à la hausse des trajets effectués sans autorisation valable. Ce phénomène touche principalement les jeunes hommes, qui, bien que n’ayant pas de permis approprié pour le véhicule qu’ils conduisent, continuent de prendre le volant. Cette situation est particulièrement préoccupante car elle concerne non seulement des personnes n’ayant pas encore leur permis, mais aussi des conducteurs dont le permis a été suspendu pour des raisons telles que des excès de vitesse ou des infractions liées à l’alcool.
Une étude menée par l’Institut de recherche des assureurs sur les accidents (UDV) en Allemagne a révélé que la conduite sans permis touche particulièrement les jeunes hommes, bien qu’il s’agisse aussi d’un problème parmi les conducteurs plus expérimentés. Les résultats de l’étude montrent que près d’un tiers des personnes condamnées en Allemagne pour conduite sans permis ont entre 30 et 40 ans. Ces chiffres confirment que la conduite sans permis ne concerne pas seulement les jeunes conducteurs inexpérimentés, mais aussi des conducteurs chevronnés, souvent habitués à prendre la route sans respecter les normes.
En Suisse, l’OFROU distingue deux types de cas : ceux où des personnes conduisent sans avoir le permis pour le type de véhicule concerné, et ceux où des conducteurs continuent à rouler malgré un retrait ou une interdiction de conduite. En 2024, 1 768 cas ont été enregistrés où des conducteurs ont perdu leur permis pour avoir conduit un véhicule sans autorisation adéquate, selon Blick. Par exemple, un conducteur possédant un permis A1 pour conduire une moto légère pourrait se retrouver à rouler sur une moto plus puissante, ou même à conduire une voiture de tourisme.
Les conséquences pour la sécurité routière et les autorités
Bien que les statistiques montrent que les accidents graves impliquant des conducteurs sans permis restent relativement rares, le phénomène continue d’inquiéter les autorités en raison des risques accrus. En 2024, la Suisse a également observé une augmentation des retraits de permis de conduire étrangers. Plus de 1 000 cas de retraits ont été enregistrés l’année dernière, un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes. Ces chiffres illustrent l’ampleur du problème et montrent qu’il ne se limite pas aux conducteurs nationaux, mais concerne également les conducteurs étrangers sur le territoire suisse.
Les autorités suisses ont mis en place des mesures pour lutter contre cette situation, notamment des contrôles plus stricts et des sanctions sévères pour ceux qui prennent la route sans permis. Toutefois, la récurrence de ces infractions soulève la question de l’efficacité des politiques actuelles. Les conducteurs sans permis représentent un danger potentiel non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour les autres usagers de la route. Les autorités ont ainsi renforcé les campagnes de sensibilisation et les contrôles routiers afin de décourager ces comportements irresponsables.
Une autre conséquence de cette tendance est la légère hausse des accidents de la route impliquant des conducteurs sans permis. Si ces incidents restent peu fréquents, ils contribuent néanmoins à l’augmentation générale du nombre d’accidents sur les routes. L’UDV estime qu’une grande partie des cas de conduite sans permis reste non déclarée, car de nombreux conducteurs n’ont pas été contrôlés à l’occasion de leurs infractions. Environ 13% des personnes interrogées dans l’enquête allemande ont admis avoir déjà conduit sans permis, mais 89% d’entre elles ont affirmé n’avoir jamais été contrôlées lors de ces trajets.








