Coûts de santé : Les Suisses payent 70 % de plus pour leurs analyses de laboratoire que les autres pays

Les Suisses paient des prix excessifs pour leurs analyses de laboratoire, malgré les tentatives de réformes tarifaires et des économies réalisées.

Publié le
Lecture : 2 min
Suisse
Coûts de santé : Les Suisses payent 70 % de plus pour leurs analyses de laboratoire que les autres pays : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Les analyses de laboratoire en Suisse représentent un fardeau financier pour de nombreux assurés. Selon une étude récente, les tarifs des analyses sont entre 50 et 70 % plus élevés qu’à l’étranger, sans prendre en compte les facteurs tels que les salaires plus élevés ou les prescriptions réglementaires. 

Le Surveillant des prix, Stefan Meierhans, estime qu’il existe un potentiel d’économies de plusieurs centaines de millions de francs dans ce secteur. Cette situation, combinée à l’augmentation des primes d’assurance maladie, soulève des inquiétudes sur l’efficacité du système de santé suisse et sur l’impact sur les finances des citoyens.

L’ampleur des coûts des analyses de laboratoire en Suisse

Les coûts des analyses de laboratoire en Suisse ont un impact direct sur les finances des assurés et sur le système de santé en général. En 2024, les frais liés aux analyses de laboratoire se sont élevés à 2 milliards de francs suisses, représentant 4,7 % des coûts totaux de l’assurance maladie obligatoire. Ces chiffres font écho à l’alerte de Stefan Meierhans, qui affirme que les cotisants suisses paient des tarifs nettement plus élevés que ceux des autres pays. Une étude commandée par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a confirmé que, même en excluant les coûts liés aux salaires et à la réglementation, les prix restent anormalement hauts en Suisse. En effet, les Suisses paient 50 à 70 % de plus pour des services similaires dans d’autres pays européens.

Le Surveillant des prix, Stefan Meierhans met en lumière le fait que ces différences de prix ne sont pas justifiées par des facteurs locaux comme les salaires ou les spécificités réglementaires. L’écart reste considérable et soulève des questions sur l’optimisation des dépenses de santé dans le pays. En réponse à ces constatations, des efforts ont été faits pour réduire ces coûts. En 2022, le ministre de la Santé Alain Berset a ordonné une révision des tarifs avec une réduction de 10 %, selon Blick. Cependant, malgré ces ajustements, l’augmentation du nombre d’analyses a neutralisé une grande partie des économies réalisées. En 2023, l’OFSP a indiqué avoir économisé environ 320 millions de francs suisses, mais les coûts globaux demeurent élevés.

Une réforme complexe et retardée

Malgré les mesures de réduction tarifaire, le processus de révision des coûts a été ralenti par des résistances et des complexités administratives. Christian Lohr, conseiller national du Centre, a déposé une motion pour accélérer la mise en place de nouveaux tarifs. Selon lui, l’entrée en vigueur de ces tarifs, prévue initialement pour 2025, a déjà été reportée à plusieurs reprises. Christian Lohr espère qu’une réforme rapide pourra limiter les hausses de primes, qui devraient encore augmenter de 4,4 % l’année prochaine. L’introduction de nouveaux tarifs en 2027 pourrait enfin offrir des solutions à long terme, bien que des obstacles, notamment la résistance des laboratoires, puissent encore retarder cette évolution.

Les laboratoires suisses eux-mêmes défendent leur position en soulignant que l’augmentation des coûts est due à des facteurs démographiques, à des progrès médicaux, ainsi qu’à des exigences réglementaires de plus en plus strictes. Thomas Zurkinden, directeur général de l’Association suisse des laboratoires médicaux, estime que les comparaisons internationales faites par l’OFSP sont trompeuses. Selon lui, la différence de 50 à 70 % dans les prix des analyses n’est pas justifiable et reste inacceptable pour les cotisants suisses. De plus, une partie de l’augmentation des coûts est également imputée à l’augmentation des prescriptions d’analyses par les médecins, notamment pour les analyses réalisées dans les laboratoires privés ou hospitaliers. Ces situations entraînent des pertes d’économies d’échelle.

Laisser un commentaire

Share to...