Les primes d’assurance-maladie en Suisse connaissent une nouvelle hausse, avec des coûts augmentant de plus de 5%, soit 250 francs de plus par personne et par an. Ces augmentations, bien qu’attendues dans un système de santé en constante évolution, mettent en lumière des différences marquées entre les cantons et les groupes démographiques.
Bien que plusieurs mesures aient été mises en place pour maîtriser les coûts, la pression sur les assurés ne semble pas diminuer. En 2025, les dépenses liées à l’assurance-maladie obligatoire ont atteint en moyenne 4 968 francs par personne, un chiffre en hausse par rapport à l’année précédente, et une dynamique qui pèse sur le budget des ménages suisses.
L’impact des prestations de santé et des disparités régionales
La hausse des coûts de l’assurance-maladie est d’abord alimentée par l’augmentation des prestations de santé, notamment les soins hospitaliers, qui représentent environ 1 900 francs par an et par personne. Cependant, ce sont les soins ambulatoires qui enregistrent la plus forte hausse, avec une progression de 13% en 2025, soit 173 francs supplémentaires par personne. Cette augmentation est suivie par la psychothérapie dispensée par des psychologues (+9,8%), ainsi que d’autres prestations comme la physiothérapie, les analyses de laboratoire et les conseils en nutrition.
Les disparités régionales jouent également un rôle crucial dans l’augmentation des coûts. Par exemple, les habitants de Genève engendrent des coûts beaucoup plus élevés que ceux d’Appenzell. À Genève, une personne consomme en moyenne plus de 6 000 francs par an en prestations de santé, tandis qu’à Appenzell, ce chiffre tombe à environ 3 500 francs. Ces différences s’expliquent par un recours plus fréquent aux soins dans les cantons romands et tessinois, comparativement aux cantons ruraux de Suisse alémanique. Les Romands et les Tessinois sont donc en moyenne plus enclins à recourir aux prestations de santé, ce qui contribue à l’augmentation des coûts dans ces régions.
Cette situation soulève la question de l’équité dans l’accès aux soins et de l’impact de ces différences géographiques sur les primes d’assurance-maladie. Les régions où les prestations de santé sont plus coûteuses pourraient voir des hausses de primes plus marquées, ce qui affecterait principalement les assurés vivant dans ces zones.
Le rôle des jeunes et la tendance inquiétante des consultations
Une autre explication importante de l’augmentation des coûts est l’augmentation des consultations de santé, en particulier parmi les jeunes. Bien que les jeunes patients soient en bonne santé, la médecin en chef Yvonne Gilli souligne que ces derniers se montrent plus enclins à consulter pour des préoccupations parfois mineures, rapporte Watson. Cette tendance est observée chez les moins de 18 ans, dont les prestations ont augmenté de 7,5% par rapport à l’année précédente, mais surtout chez les moins de 26 ans, qui ont généré 8% de coûts supplémentaires.
Les jeunes générations semblent moins confiantes dans leur propre santé et ont tendance à se rendre plus fréquemment chez les médecins, entraînant ainsi une hausse des dépenses globales. Ce phénomène est lié à une plus grande inquiétude de leur part concernant leur bien-être, ce qui génère des consultations plus régulières et donc des coûts supplémentaires pour le système de santé. Les jeunes sont donc, paradoxalement, responsables d’une part importante de l’augmentation des coûts de la santé, malgré leur état de santé généralement bon.
Cette situation met en lumière la nécessité de repenser la prévention et l’éducation à la santé des jeunes, afin de les encourager à adopter des comportements plus autonomes et confiants en matière de santé, tout en limitant les consultations inutiles.








