En 2025, la Suisse verra son taux d’indépendance énergétique se stabiliser à 29,6 %. Cette situation révèle un paradoxe : bien que la Suisse ait réussi à réduire sa dépendance par rapport à 2005 (81 %), elle reste largement tributaire des importations pour sa consommation d’énergie.
Le pays dépend principalement de l’importation de pétrole, de gaz naturel et de combustibles nucléaires, dont les ressources indigènes ne suffisent qu’à couvrir une partie des besoins énergétiques jusqu’au 19 avril, date symbolique du « jour du dépassement » énergétique. Ces chiffres ont été relayés par la Fondation suisse de l’énergie (SES) dans ses récentes études, rapporte Blick.
En 2023, la majorité des importations énergétiques provenaient de l’Union européenne, représentant plus de 87 % du total. Cependant, comme le précise la SES, les États membres de l’UE jouent surtout un rôle de transit.
Les ressources énergétiques elles-mêmes proviennent en grande partie de régions comme le Moyen-Orient, l’Asie occidentale, l’ex-Union soviétique, ainsi que des États-Unis et de la Norvège. Cette configuration expose la Suisse à des risques géopolitiques, notamment en ce qui concerne la stabilité des approvisionnements en énergie nucléaire, dont une proportion importante provient de la Russie.
Le coût économique de cette dépendance
Chaque année, la Suisse dépense près de 8 milliards de francs pour couvrir ses importations énergétiques, une somme qui pourrait croître dans les années à venir si la situation ne change pas. Ces dépenses impactent non seulement l’économie nationale, mais aussi la balance commerciale du pays, alors que la Suisse continue de vivre sous le poids d’une dépendance croissante.
L’importation d’énergie fossile et nucléaire, au-delà de ses coûts financiers, entraîne également des répercussions environnementales, notamment en termes de CO2 et autres émissions liées à la production de ces énergies.
Malgré une réduction de la dépendance énergétique par rapport à 2005, la Suisse reste vulnérable face aux fluctuations des prix mondiaux et à l’incertitude des relations géopolitiques avec les pays fournisseurs.
Cette situation souligne la nécessité d’une stratégie énergétique plus durable et autonome, qui pourrait se traduire par un investissement accru dans les énergies renouvelables et une amélioration des infrastructures locales de production d’énergie.
La transition vers les énergies renouvelables : un avenir à envisager
Face à cette situation, la Fondation suisse de l’énergie (SES) appelle à un renforcement du secteur des énergies renouvelables. Selon Léonore Hälg, responsable du domaine climat et énergies renouvelables à la SES, il est crucial de développer les capacités locales de production d’énergie renouvelable, telles que l’hydroélectricité, l’énergie solaire et éolienne. Cette transition permettrait à la Suisse de réduire sa dépendance vis-à-vis des énergies fossiles et nucléaires, tout en répondant aux impératifs écologiques et climatiques.
La SES préconise également des accords bilatéraux avec l’Union européenne pour favoriser le commerce d’électricité renouvelable, produite localement dans les pays membres de l’UE. Cela pourrait offrir à la Suisse une alternative plus verte aux importations actuelles, tout en renforçant les liens économiques avec ses voisins européens.
Les énergies renouvelables sont donc perçues non seulement comme une solution à la dépendance énergétique, mais aussi comme un levier pour réduire les impacts environnementaux liés à l’utilisation des énergies fossiles.
Vers une autonomie énergétique renforcée
L’objectif pour la Suisse d’ici les prochaines décennies est clair : améliorer son taux d’indépendance énergétique tout en respectant ses engagements climatiques. Bien que la réduction de la dépendance à 29,6 % en 2025 soit une avancée notable, des efforts supplémentaires seront nécessaires pour atteindre des niveaux d’autonomie comparables à ceux des pays comme l’Estonie, qui affiche un taux d’indépendance supérieur à 98 %. Les décisions qui seront prises dans les années à venir, tant sur le plan politique qu’économique, détermineront la trajectoire énergétique du pays.
Pour cela, la Suisse devra non seulement investir dans des technologies énergétiques durables mais aussi reconsidérer ses choix de partenaires énergétiques. En fin de compte, la diversification des sources d’approvisionnement et une plus grande reliance sur les énergies renouvelables pourraient jouer un rôle central dans la réduction de la dépendance énergétique du pays et dans l’amélioration de sa résilience face aux crises mondiales.








