Le temps de travail reste un indicateur structurant des conditions d’emploi à l’échelle européenne. L’office statistique Eurostat a diffusé des données qui montrent que la durée effective de travail varie sensiblement d’un pays à l’autre, bien au-delà des plafonds légaux.
En Suisse, cette durée atteint en moyenne 36 heures par semaine pour les salariés. Cette mesure, plus proche de celle observée en France ou en Italie que de celle des pays du nord, témoigne d’une réalité contrastée que l’analyse par secteurs ou statuts vient encore affiner.
La Suisse sous la moyenne, mais pas parmi les plus courts
Avec 36 heures de travail effectif par semaine, les salariés suisses se situent légèrement en dessous de la moyenne européenne, fixée à 37 heures. Cette position place la Suisse dans le bas du classement, aux côtés de l’Italie (36h06) et de la France (35h48).
À l’opposé, les travailleurs néerlandais n’effectuent que 32 heures hebdomadaires, un chiffre qui les place en tête du classement européen. D’autres pays scandinaves, comme la Norvège, ainsi que l’Allemagne et la Belgique, complètent le groupe des pays où le temps de travail effectif est le plus bas.
À l’autre extrémité, la Turquie, la Serbie et la Bosnie-Herzégovine affichent des semaines de travail qui dépassent les 41 heures. Ce contraste souligne la diversité des régimes d’emploi et des pratiques professionnelles sur le continent, rapporté Watson.
Un écart sensible entre salariés et indépendants
Le statut professionnel influence fortement le temps de travail. En moyenne, les indépendants européens travaillent trois heures de plus par semaine que les salariés. Cet écart peut grimper jusqu’à huit heures et quarante-deux minutes en Irlande. Des différences marquées sont aussi constatées en Autriche ou en Espagne.
En Suisse, les travailleurs indépendants affichent une moyenne hebdomadaire de 37 heures et six minutes, soit une heure de plus que les salariés. Si l’écart est plus modeste que dans d’autres pays, il confirme une tendance générale.
Dans certains cas, cette logique est inversée. En Lettonie et à Chypre, les travailleurs à leur compte travaillent même un peu moins que les salariés.
Des secteurs professionnels aux rythmes très contrastés
Le secteur d’activité joue un rôle tout aussi déterminant dans la durée hebdomadaire de travail. En Suisse, les agriculteurs, sylviculteurs et pêcheurs déclarent travailler en moyenne 47 heures et 48 minutes par semaine.
Ce chiffre grimpe à 55 heures pour ceux exerçant ces métiers en tant qu’indépendants. D’autres secteurs, comme la construction ou la finance, se situent également au-dessus de la moyenne nationale.
À l’inverse, les professions liées à l’immobilier, à la santé ou à l’éducation présentent des durées de travail plus réduites.








