La Suisse, tout en gagnant trois rangs, se classe cette année 17e dans l’indice du Forum économique mondial (WEF) sur l’égalité entre les sexes. Bien que ce progrès marque un pas en avant, il reste insuffisant pour que le pays retrouve sa place parmi les dix premiers, qu’il occupait encore en 2021.
Ce classement, s’il témoigne d’avancées, souligne aussi les défis persistants, notamment dans la participation économique et l’émancipation politique des femmes. Le pays continue d’afficher des inégalités marquées, malgré des efforts notables dans certains secteurs.
Des progrès notables, mais insuffisants pour rattraper les leaders mondiaux
Le dernier rapport du WEF sur l’égalité entre les sexes révèle que la Suisse a gagné trois positions, s’établissant à la 17e place en 2025. Ce gain est un signe d’amélioration, mais il ne permet pas au pays de retrouver sa 10e place, qu’il occupait en 2021. À l’échelle européenne, la Suisse se positionne au 12e rang, loin derrière des nations comme l’Islande, la Finlande et la Norvège, qui dominent largement ce classement. Cette évolution a été saluée par l’organisation internationale, mais il reste beaucoup à faire. En effet, selon les projections actuelles, il faudrait encore 123 ans pour atteindre la parité complète.
L’un des principaux domaines dans lequel la Suisse a fait des progrès significatifs est celui de l’émancipation politique et de la participation économique. Le pays a réduit de manière importante l’écart entre hommes et femmes, avec un taux de 68,8 % de réduction de ce fossé. Les femmes suisses sont désormais présentes dans de nombreuses sphères publiques et professionnelles, mais certaines lacunes demeurent. Le taux de femmes dans la force de travail est de 41,2 %, un chiffre qui témoigne de l’intégration progressive des femmes dans le monde professionnel. Toutefois, leur présence dans des postes de direction reste limitée à moins de 30 %, un écart considérable.
L’écart dans la participation à des postes de leadership est particulièrement frappant. En dépit de la hausse du nombre de femmes dans les institutions et entreprises, la route reste longue pour parvenir à une égalité réelle à ce niveau. En effet, les mécanismes qui garantissent une plus grande représentation féminine dans les postes décisionnels sont encore trop peu nombreux. Si des initiatives de diversité ont vu le jour dans certaines entreprises et administrations, elles ne sont pas encore suffisantes pour renverser la tendance au sein des hauts dirigeants. De plus, la question des écarts de salaires continue de poser problème, bien que des politiques de transparence salariale aient été mises en place ces dernières années.
Le fossé entre progrès et retards : un constat complexe pour la Suisse
Si des avancées notables ont été observées en termes d’émancipation politique et de participation économique, d’autres domaines laissent à désirer. Le système suisse, basé sur des principes de volontariat en matière de parité, semble plus réactif que véritablement proactif. Par exemple, bien que des réformes législatives aient été mises en place pour favoriser la parité, notamment des congés parentaux pour les pères, les résultats sont encore limités en raison de l’absence de mesures coercitives.
Dans la sphère politique, la Suisse connaît des progrès lents, mais certains signes positifs apparaissent. Si des femmes occupent désormais des postes clés au gouvernement et dans le parlement, leur nombre reste faible en comparaison avec les hommes. Une part importante de la représentation féminine au niveau politique est encore insuffisante. Le pays a introduit des lois pour encourager cette représentation, mais sans des quotas stricts, la situation risque de stagner. De plus, certains cantons progressent plus vite que d’autres, créant ainsi des disparités régionales marquées.
Le rapport du WEF souligne que la situation s’améliore plus rapidement dans des pays où la parité est institutionnalisée par des politiques de quotas et des mécanismes contraignants. Le cas de la Suisse montre qu’une approche volontariste, sans soutien législatif plus ambitieux, peut conduire à des avancées lentes et limitées. Le pays reste encore largement dépendant de la bonne volonté des entreprises et des institutions pour assurer l’égalité des sexes.








