Lors d’une rencontre nationale tenue la semaine dernière, différents acteurs concernés se sont réunis pour débattre des moyens de faire face à cette crise. Cette concertation intervient alors que les vacances de Pâques battent leur plein, période durant laquelle les besoins en main-d’œuvre saisonnière sont particulièrement élevés.
L’enjeu est d’autant plus critique que, désormais, un poste non pourvu faute de logement ne trouve plus facilement preneur. Le fonctionnement habituel du remplacement spontané des saisonniers n’est plus garanti. Les effets directs sur le tourisme et les prestations offertes dans les stations se font déjà sentir.
Une crise accentuée par le poids des résidences secondaires
L’augmentation des résidences secondaires figure parmi les principales causes de la pénurie actuelle. La Lex Weber, entrée en vigueur en 2012, vise à en limiter la construction, mais elle ne s’applique pas aux bâtiments antérieurs. Résultat : de nombreuses résidences principales sont converties en résidences secondaires, attirées par les écarts de prix entre les deux marchés.
Le directeur de l’Office fédéral du logement, Martin Tschirren, a expliqué cette semaine dans La Matinale de la RTS que cette transformation progressive aggrave les difficultés d’accès au logement pour les personnes qui vivent et travaillent dans les stations. La pression immobilière réduit considérablement l’offre accessible aux saisonniers, alors que la demande reste élevée.
Le rôle central des communes dans la mise en œuvre de solutions
Pour Christophe Clivaz, conseiller national Vert valaisan et professeur spécialisé en tourisme, les communes doivent s’engager dans une politique active du logement. Il souligne que cela ne signifie pas qu’elles doivent investir directement, mais plutôt qu’elles doivent accompagner les porteurs de projets, les aider et les inciter à développer des solutions adaptées.
Clivaz affirme que les communes ne peuvent plus simplement s’en remettre aux mécanismes du marché. Une implication plus structurée est désormais nécessaire pour favoriser des projets qui répondent aux besoins des travailleurs saisonniers, tout en maintenant l’équilibre économique et social des stations touristiques.
Une initiative locale concrète à Grimentz-Zinal
À Grimentz-Zinal, une solution a déjà été mise en place par l’entreprise qui gère les remontées mécaniques. Celle-ci loue elle-même des appartements, qu’elle sous-loue ensuite à ses employés.
Pour son directeur, Pascal Bourquin, cette stratégie permet à l’entreprise de proposer non seulement un emploi, mais aussi un logement, ce qui renforce son attractivité en tant qu’employeur.
Cette solution représente un coût, particulièrement durant la basse saison : environ 200 000 francs pour l’ensemble des 84 contrats de location, selon les chiffres avancés par Bourquin.
Cela équivaut à 0,6 % du chiffre d’affaires de la société. Il estime toutefois que l’absence de ces quinze employés, faute de logement, coûterait probablement plus cher à l’entreprise.








