En Suisse, le premier enfant marque un tournant financier pour les mères

Avoir un premier enfant en Suisse entraîne souvent des conséquences financières durables pour les mères, un phénomène qui influence les revenus, les carrières et même les retraites.

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En Suisse, le premier enfant marque un tournant financier pour les mères : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

La naissance du premier enfant a des conséquences économiques durables pour de nombreuses mères en Suisse. Une analyse de l’Office fédéral des assurances sociales montre que le revenu des mères diminue fortement après la naissance du premier enfant et reste plus bas pendant plusieurs années. 

Ce phénomène s’explique principalement par le travail à temps partiel, les interruptions de carrière et le fonctionnement des allocations de maternité. Cette situation a des effets à long terme sur les revenus, la prévoyance vieillesse et les inégalités économiques entre hommes et femmes.

Une baisse de revenu importante après la naissance du premier enfant

Selon l’analyse de l’Office fédéral des assurances sociales, le revenu des mères ayant eu leur premier enfant entre 2013 et 2015 a baissé de 40% par rapport à l’année précédant la naissance. Cette diminution s’explique notamment par le fait qu’environ 10% des mères quittent le marché du travail après la naissance du premier enfant. La majorité des mères poursuivent une activité professionnelle, mais souvent à temps partiel, ce qui entraîne une baisse durable du revenu.

Cinq ans après la naissance du premier enfant, 84% des mères exercent encore une activité lucrative. Malgré cela, leur revenu reste en moyenne inférieur de 35% à celui d’avant la naissance. Cette baisse s’explique surtout par la réduction du temps de travail et non par une baisse du salaire horaire. Les études montrent que la diminution du revenu est principalement liée au passage à temps partiel et aux interruptions de carrière, relate Watson.

Les analyses montrent également que la baisse de revenu liée à la maternité est nettement plus importante que celle observée chez les pères. Sur le long terme, le revenu des mères diminue de 60 à 70% de plus que celui des pères. Ce phénomène est souvent appelé la pénalité de maternité. Il apparaît dès la naissance du premier enfant et ne s’aggrave généralement pas avec les enfants suivants, car la décision de réduire le temps de travail est souvent prise dès le premier enfant.

Le nombre d’enfants influence toutefois la durée de la baisse de revenu. Le revenu des mères ayant un seul enfant remonte généralement dans les deux ans suivant la naissance, tandis que celui des mères ayant plusieurs enfants reste plus faible pendant une période plus longue.

Des conséquences sur les allocations, la protection sociale et la retraite

La baisse du revenu des mères a également des conséquences sur les allocations de maternité et sur la protection sociale. Les allocations de maternité sont versées dans le cadre du régime des allocations pour perte de gain et correspondent à 80% du revenu moyen réalisé avant la naissance, avec un maximum de 220 francs par jour. Si une mère réduit son temps de travail avant une nouvelle naissance, les allocations sont calculées sur la base du revenu réduit, ce qui diminue le montant perçu.

Les analyses montrent que le pourcentage de mères ayant droit aux allocations de maternité diminue avec le nombre d’enfants. Entre 2013 et 2015, 89% des mères avaient droit à un congé de maternité lors de la naissance du premier enfant. Ce taux passe à 80% pour le deuxième enfant et à 72% pour le troisième. La réduction de l’activité professionnelle après le premier enfant influence donc directement les droits aux allocations lors des naissances suivantes.

Cette situation a également des conséquences à long terme sur la prévoyance vieillesse. Des revenus plus faibles et des carrières à temps partiel entraînent des cotisations plus basses au deuxième pilier. En 2023, les femmes percevaient encore environ 30% de moins que les hommes en rentes de vieillesse, notamment en raison de rentes du deuxième pilier plus faibles.

La baisse durable du revenu des mères après la naissance du premier enfant ne concerne donc pas seulement les premières années de la vie familiale. Elle influence l’ensemble de la carrière professionnelle, les droits aux assurances sociales et le niveau de revenu à la retraite.

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