Le plan d’économies présenté en janvier 2025 par le gouvernement suisse a été conçu pour alléger les finances fédérales. Le projet, visant à économiser 3,6 milliards de francs, suscite une levée de boucliers quasi générale à l’échelle nationale.
En période de pression financière, le Conseil fédéral cherche à maîtriser les dépenses publiques, mais cette démarche se heurte à des résistances importantes. Le projet de budget, bien que soutenu par certains partis, est largement contesté par des entités politiques et sociales qui y voient des menaces pour des secteurs jugés essentiels.
Le programme, bien que présenté comme nécessaire par une partie des parlementaires, a peu de chances de se concrétiser dans sa forme actuelle. La consultation publique, qui se termine le 7 mai 2025, révèle que ce projet est loin de faire l’unanimité.
À ce jour, l’initiative du Conseil fédéral semble se heurter à un mur de critiques. Les partis de gauche, ainsi que plusieurs associations professionnelles et scientifiques, y voient des coupes budgétaires susceptibles de nuire gravement à des domaines clés comme l’éducation, la santé, la culture et l’environnement, rapporte Watson.
Des partis divisés sur la question des réductions de dépenses
Le projet d’économies divise les partis politiques suisses. D’un côté, l’Union Démocratique du Centre (UDC) soutient largement le programme, soulignant la nécessité de réduire les dépenses fédérales.
Le parti considère que des économies dans des domaines tels que la culture, l’environnement, l’aménagement du territoire et la coopération internationale sont indispensables pour stabiliser les finances publiques. Cependant, l’UDC marque son opposition à toute réduction dans des secteurs jugés stratégiques, comme l’agriculture ou les infrastructures routières.
En revanche, le Parti Socialiste (PS) et les Verts rejettent fermement le plan d’économies, le qualifiant de politique d’austérité destructrice. Le PS critique particulièrement les coupes dans des domaines sociaux cruciaux, tels que la formation, l’égalité et la protection de l’environnement.
Selon le parti, les réductions envisagées remettent en cause des choix politiques démocratiques, menaçant des investissements fondamentaux dans le bien-être social et la transition écologique.
Les Verts, quant à eux, dénoncent un recul sur des enjeux environnementaux majeurs et jugent que le plan favorise des priorités à court terme, comme l’armement et les infrastructures autoroutières, plutôt que des investissements dans les transports publics et la lutte contre le changement climatique.
Les préoccupations des cantons et des syndicats
Au-delà des partis politiques, le programme d’économies est également mal perçu par les cantons et les syndicats, qui soulignent les risques pour la cohésion sociale et économique du pays. Les gouvernements cantonaux critiquent le fait de n’avoir pas été associés à la préparation de ce plan.
Ils estiment que les mesures proposées risquent de surcharger davantage les cantons, en leur transférant des coûts supplémentaires sans les moyens nécessaires pour les assumer. Cette situation pourrait remettre en cause des décisions prises récemment par les citoyens, notamment en matière d’infrastructure et de services publics.
Les syndicats, notamment l’Union syndicale suisse (USS), sont également très préoccupés par les conséquences de ces réductions. L’USS affirme que ces coupes seraient « injustifiées et nuisibles à l’économie et à la société ».
L’USS met en avant les excédents financiers actuels de la Confédération et des cantons, soulignant que la véritable problématique n’est pas le manque de fonds, mais l’inefficacité de certaines politiques budgétaires. Selon eux, les excédents devraient être mieux redistribués, et non pas être utilisés pour justifier des mesures d’austérité.
Les implications économiques et sociales de ces économies
Les économistes et les scientifiques s’inquiètent également des conséquences de ces mesures. Selon une analyse menée par plusieurs associations universitaires et de recherche, des réductions dans l’enseignement supérieur, la recherche et la formation continue risqueraient de compromettre l’avenir économique de la Suisse.
La pénurie de main-d’œuvre qualifiée pourrait s’aggraver, et des investissements clés dans l’innovation et les infrastructures seraient sacrifiés. De plus, ces économies toucheraient directement des secteurs tels que les transports publics, le soutien à la culture et la protection de l’environnement, tous des moteurs économiques et sociaux à long terme.
Au-delà des simples considérations budgétaires, ces réductions risquent d’affaiblir l’attractivité de la Suisse en tant que pôle d’innovation et de compétitivité sur la scène mondiale. La réduction des budgets alloués à l’environnement et à l’infrastructure pourrait également rendre plus difficile la transition énergétique, une question devenue centrale face aux enjeux climatiques actuels.








