La Suisse, traditionnellement perçue comme un modèle de stabilité économique, a récemment été classée en tête des pays avec les droits de douane « effectifs » les plus bas. Selon une étude de la banque britannique HSBC, le pays affiche un taux record de 4 %, un résultat surprenant et encourageant pour les exportateurs suisses.
Cette position avantageuse survient dans un contexte de tension commerciale avec les États-Unis, qui ont imposé des droits de douane plus élevés sur certains produits suisses. Alors que la Confédération a réussi à négocier une réduction substantielle des tarifs douaniers, les négociations restent complexes, et un accord final pourrait encore faire la différence pour l’économie suisse.
La Suisse au sommet des classements mondiaux des droits de douane
L’étude réalisée par HSBC a comparé les taux de droits de douane « effectifs » des différents pays, c’est-à-dire les taxes réellement perçues sur les biens importés. Le calcul a été effectué à partir des données du Bureau du recensement américain (U.S. Census Bureau) et couvre les biens importés au cours de l’année précédente, explique Blick. Les résultats ont révélé que la Suisse, avec un taux de seulement 4 %, devance des pays comme l’Australie, Hong Kong et Singapour, dont les taux effectifs varient entre 5 % et 7 %. Cette position dominante est d’autant plus impressionnante lorsqu’on compare la Suisse à de grandes puissances économiques comme la Chine, l’Inde et le Brésil, dont les droits de douane effectifs sont bien plus élevés, oscillant autour de 30 %, 36 % et 39 % respectivement.
Cette performance souligne la compétitivité de la Suisse sur le marché mondial, en particulier dans les secteurs où les tarifs douaniers peuvent représenter un frein à l’échange. L’importance de cet avantage pour l’économie helvétique ne peut être sous-estimée : moins de droits de douane permettent aux entreprises suisses de réduire leurs coûts d’importation, facilitant ainsi leur accès aux marchés mondiaux et renforçant leur position dans les chaînes de valeur internationales.
Les pressions des États-Unis et les négociations douanières avec la Suisse
Bien que la Suisse se trouve en tête des classements, les relations commerciales avec les États-Unis demeurent tendues. Le gouvernement suisse a récemment réussi à négocier une réduction significative des droits de douane américains qui, le 1er août dernier, étaient fixés à 39 %. Grâce aux efforts diplomatiques, le taux a été ramené à 15 %, un compromis salué comme une victoire pour la « Team Switzerland », un groupe de dirigeants économiques et politiques suisses engagés dans la défense des intérêts du pays. Cette réduction a été mise en place avec effet rétroactif à partir du 14 novembre, offrant ainsi un soulagement aux entreprises suisses affectées par les taxes initiales.
Cependant, la situation reste fragile. Les négociations n’ont pas encore abouti à un accord définitif. Actuellement, le nouvel accord douanier repose sur une simple déclaration d’intention commune, et des discussions sont en cours au sein du Parlement suisse pour définir les concessions que la Confédération pourrait être prête à faire en échange d’un accord final. Les États-Unis ont donné à la Suisse un ultimatum, fixant un délai jusqu’à la fin du mois de mars pour parvenir à un compromis. Ce délai pourrait être perçu comme une pression de la part de la Maison Blanche, qui cherche à imposer ses conditions sur les tarifs douaniers à la Suisse.
Les observateurs diplomatiques estiment que le futur président de la Confédération, Guy Parmelin, pourrait être jugé sur la manière dont il gère ce dossier complexe. Un accord avec les États-Unis pourrait renforcer la position de la Suisse face à ses partenaires européens et donner une nouvelle dynamique à ses relations commerciales avec l’Amérique du Nord. À l’inverse, si les négociations échouent, les critiques de l’accord douanier pourraient se multiplier, et certains dénoncent déjà ce qu’ils appellent un « véritable traité de soumission », dans lequel la Suisse pourrait céder trop de concessions face à la pression américaine.








