Le 6 juin 2027 pourrait devenir un dimanche de votations particulièrement crucial pour la Suisse. Lors de cette journée, les Suisses devront se prononcer sur une augmentation de la TVA qui pourrait atteindre un taux de 9,6%, soit une hausse de 0,8 point de pourcentage.
Cette hausse de la TVA a pour objectif de financer à la fois la modernisation de l’armée suisse et l’introduction de la 13e rente AVS, une prestation supplémentaire pour les retraités, qui sera versée pour la première fois en décembre 2026. Cependant, ce projet divise le pays, et la manière dont ces deux questions seront abordées en votation soulève des interrogations majeures.
Une hausse de la TVA pour financer l’armée : une nécessité contestée
L’augmentation de la TVA de 0,8 point de pourcentage est destinée à financer les dépenses militaires sur une période de dix ans, pour un montant estimé à 31 milliards de francs suisses. Cette somme devrait permettre à la Suisse de moderniser son armée et de maintenir sa capacité de défense dans un monde de plus en plus incertain. Le ministre de la Défense, Martin Pfister, estime que la hausse de la TVA est la solution la moins nuisible pour l’économie et la société. Il soutient que les économies seules ne suffiraient pas à couvrir ces coûts, et que la Confédération ne souhaite pas compromettre le principe de frein à l’endettement.
Toutefois, cette proposition rencontre une forte opposition au sein du Parlement suisse. Les partis comme l’UDC et le PLR rejettent fermement toute augmentation de la TVA, argumentant qu’il serait préférable de chercher des économies ailleurs, et plus particulièrement dans le secteur militaire. Le Parti socialiste (PS) et les Verts se montrent également sceptiques, préférant une réallocation des ressources publiques plutôt que de financer l’armée via une nouvelle taxe, indique Watson. Ces divergences de vues risquent de rendre difficile l’approbation de la mesure par le Parlement, d’autant plus que l’opposition à l’augmentation de la TVA s’est intensifiée dans les années précédentes.
Un calendrier tendu : la pression des élections fédérales de 2027
Un autre facteur important dans cette discussion est la pression exercée par les élections fédérales de 2027, qui pourraient bouleverser l’agenda politique. Si le Conseil national et le Conseil des États ne parviennent pas à se mettre d’accord sur l’augmentation de la TVA avant l’été 2027, la votation populaire pourrait être reportée à 2028, retardant ainsi la mise en œuvre de la mesure. En effet, une fois les élections passées, le climat politique pourrait se durcir, et de nouveaux partis ou coalitions pourraient apporter un autre point de vue sur le financement de l’armée.
L’urgence de cette décision se fait sentir, et Pfister se bat contre la montre. Il espère que le projet sera soumis à la votation populaire en juin 2027, avant que l’élection fédérale ne fasse entrer le débat dans une nouvelle ère politique. Mais le ministre doit convaincre les sceptiques et rallier à sa cause des partis de droite qui, jusqu’à présent, ont largement rejeté l’idée d’une hausse de la TVA pour financer l’armée.
La 13e rente AVS et l’impact sur les finances publiques
Parallèlement au financement de l’armée, le gouvernement suisse prévoit également une hausse de la TVA pour financer la 13e rente AVS, une mesure populaire introduite pour soulager les retraités. Si le projet sur la 13e rente AVS a été largement approuvé lors des votations, le financement de cette prestation suscite également des débats. Le taux de TVA pourrait augmenter de 0,7 point de pourcentage pour financer cette mesure, tandis que le Conseil des États suggère une combinaison de hausse de la TVA et de cotisations salariales.
Le défi réside dans le fait que ces deux hausses de TVA pourraient être soumises à la votation populaire le même jour, créant ainsi une situation complexe. Les défenseurs de la mesure souhaitent une mise en œuvre rapide, mais les opposants craignent une pression fiscale excessive sur les ménages suisses. Le ministre de la Défense, Martin Pfister, a souligné l’importance de maintenir une transparence totale dans les discussions sur l’AVS et sur l’armée, et a insisté sur le fait qu’il serait préférable que ces deux hausses de TVA entrent en vigueur simultanément pour éviter des complications administratives. Toutefois, cette approche rencontre des réticences, et la question de la coordination des deux votations reste ouverte.








