La Suisse verse des millions à Harvard : que cache réellement ce soutien discret ?

La Suisse est devenue le deuxième plus gros contributeur étranger d’Harvard, derrière le Royaume-Uni, avec des dons concentrés sur la dernière décennie.

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La Suisse, deuxième financeur étranger d’Harvard après le Royaume-Uni - © Shutterstock

La Suisse s’impose comme l’un des plus grands soutiens financiers d’Harvard, devançant même la Chine. Les contributions étrangères aux universités américaines révèlent des flux économiques discrets mais puissants.

Les données officielles du ministère de l’éducation des États-Unis dévoilent un classement inattendu des financeurs étrangers des universités américaines. Harvard, établissement privé le plus prestigieux du pays, concentre à elle seule 2,8 milliards de dollars de financements étrangers depuis 2015, confirmant sa place de première bénéficiaire. Dans cette répartition, la Suisse se classe au deuxième rang, juste derrière le Royaume-Uni.

Depuis 1965, toute université américaine bénéficiant d’aides fédérales est tenue de déclarer tout don ou partenariat financier étranger supérieur à 250 000 dollars par an. Ces données, consultables en ligne, témoignent de la croissance continue de ces flux financiers, passés de 3 à 5,4 milliards de dollars entre 2015 et 2024. Sur cette période, le montant total atteint environ 48 milliards de dollars.

Harvard, destination privilégiée des fonds suisses

Harvard, université privée de la côte est, se distingue non seulement par son rayonnement académique, mais aussi par sa capacité à attirer des financements étrangers. D’après les données relayées par l’AFP, elle a perçu 2,8 milliards de dollars de fonds étrangers en dix ans. La Suisse figure parmi les contributeurs les plus importants de cette manne financière, dépassée uniquement par le Royaume-Uni et devançant la Chine continentale, rapporte 20 Minutes.

Ces dons prennent des formes variées. Il peut s’agir de programmes de recherche, de bourses ou de simples dons (« gifts »), dont l’usage est laissé à la discrétion de l’université. L’année fiscale 2023-2024 a vu Harvard recevoir près de 300 millions de dollars de fonds étrangers, ce qui représentait environ 5 % de ses recettes annuelles selon son dernier rapport financier.

Des financeurs publics et privés, aux motivations variées

Les sources de financement sont aussi diverses que leurs motivations. Gouvernements, ambassades, fondations, entreprises ou universités étrangères contribuent à ces flux financiers. Les raisons peuvent varier entre développement de partenariats académiques, influence intellectuelle, ou simplement prestige.

Parmi les autres grands financeurs, le Qatar a versé 4,1 milliards de dollars, dont plus du tiers à l’Université Texas A&M, présente sur son territoire. L’Allemagne, avec 3,8 milliards de dollars, a particulièrement soutenu l’Université de Pennsylvanie, dirigée jusqu’en 2022 par une ancienne ambassadrice américaine à Berlin.

Ces financements soulignent une forte concentration sur un petit nombre d’établissements : 17 universités ont capté à elles seules la moitié des 48 milliards déclarés depuis 2015.

Des soupçons politiques sur les financements étrangers

Le volume et la nature de ces financements n’échappent pas à la surveillance des autorités américaines. Le président Donald Trump a signé en avril un décret visant à renforcer le contrôle de ces flux.

Il justifiait cette mesure par la nécessité de « mettre fin au secret » autour de ces financements et de « protéger le débat d’idées de la propagande parrainée par des gouvernements étrangers », selon les termes rapportés par l’AFP.

Cette méfiance intervient dans un contexte de tension entre le pouvoir fédéral et certaines universités prestigieuses. Le décret évoque un risque d’exploitation académique par des entités étrangères et appelle à plus de transparence.

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