Les restrictions sur les résidences secondaires en Suisse se renforcent avec l’interdiction de nouvelles constructions dans plusieurs communes, dont quatre en Suisse romande. La loi fédérale sur les résidences secondaires, connue sous le nom de « Lex Weber », poursuit son objectif de limiter le nombre de ces logements dans les régions touristiques.
En 2026, neuf communes suisses, réparties dans plusieurs cantons, ont pris des mesures drastiques pour interdire la construction de nouvelles résidences secondaires. Parmi elles, quatre communes romandes sont particulièrement concernées.
La « Lex Weber » et ses impacts sur les communes suisses
Adoptée en 2012, la « Lex Weber » visait à limiter la construction de résidences secondaires dans les régions où elles représentent plus de 20 % du parc immobilier. Cette loi fédérale a imposé aux communes de prendre des mesures afin de ne pas dépasser ce seuil. En conséquence, la construction de nouvelles résidences secondaires dans ces zones est désormais fortement restreinte et n’est autorisée que dans des cas exceptionnels, comme lorsqu’elles sont destinées à être louées en tant que logements permanents.
Au 31 mars 2026, un total de 331 communes étaient concernées par cette réglementation, principalement situées dans les Alpes et dans d’autres zones touristiques. Ce nombre est en légère baisse par rapport à l’année précédente, où 337 communes étaient sous le coup de cette loi. Cette diminution s’explique par la fusion de certaines communes et la mise à jour des données concernant la répartition des résidences secondaires. Ainsi, plusieurs communes ont réussi à faire baisser leur proportion de résidences secondaires sous le seuil des 20 %, ce qui leur permet désormais de lever les restrictions.
Dans ces neuf communes où l’interdiction s’applique, la situation est particulièrement tendue. En Suisse romande, des localités comme Gléresse (BE), Céligny (GE), Mauraz (VD) et Moutier (JU), font désormais partie de celles qui n’autorisent plus la construction de nouvelles résidences secondaires, comme l’indique Blick. En revanche, trois autres communes, qui avaient été concernées par la législation l’année précédente, ont vu leur situation évoluer favorablement. En effet, Schelten et Nods dans le canton de Berne, ainsi que Pleigne dans le canton du Jura, ont mis à jour leurs inventaires de logements, repassant sous la barre des 20 % de résidences secondaires, et pourraient à terme assouplir leurs restrictions.
Cette évolution fait partie d’une réévaluation annuelle menée par l’Office fédéral du développement territorial (ARE), qui analyse les données relatives aux logements et aux résidences secondaires. Le but de cette réévaluation est de garantir que la proportion de ces résidences ne dépasse pas le seuil fixé, et de permettre une adaptation des politiques locales en fonction des nouvelles réalités démographiques et immobilières.
Les conséquences de la loi sur le marché immobilier
La « Lex Weber » a eu un impact majeur sur le marché immobilier suisse, notamment dans les régions où le tourisme et les résidences secondaires représentent une part importante du paysage immobilier. L’objectif de cette loi est de préserver l’accès au logement pour les résidents permanents, tout en freinant l’inflation des prix de l’immobilier causée par l’essor des résidences secondaires. En effet, l’arrivée de nombreux acheteurs étrangers ou de non-résidents dans des zones touristiques a souvent contribué à la hausse des prix, rendant les logements inaccessibles aux habitants locaux.
Cependant, cette législation a suscité des débats dans certaines régions, où elle est perçue comme une contrainte pour le marché immobilier et le secteur touristique. Les autorités locales doivent désormais jongler entre la préservation des espaces pour les résidents permanents et les besoins du secteur du tourisme, qui dépend largement de la présence de ces résidences. En revanche, les partisans de la « Lex Weber » soulignent que la loi contribue à maintenir une certaine équité dans l’accès au logement, et qu’elle empêche la spéculation immobilière qui pourrait exclure les populations locales.
Le marché immobilier dans ces communes devra donc s’adapter à ces nouvelles restrictions, avec des conséquences sur les prix des logements et sur la dynamique des quartiers touristiques. Si certaines zones verront une stabilisation des prix, d’autres pourraient connaître des tensions si la demande continue de croître, notamment en raison des projets de réaffectation des logements secondaires en logements permanents.








