Depuis 2014, la participation des 55-64 ans à la vie active a gagné 6,1 points de pourcentage. Ce chiffre témoigne d’une tendance plus marquée chez les femmes, dont le taux d’activité a bondi de 7,8 points, atteignant 71,9 % en 2024, contre seulement 64,1 % dix ans auparavant, selon l’Office fédéral de la statistique (OFS).
Pour les hommes, la hausse est plus modeste mais reste notable, passant de 79,1 % en 2014 à 83,6 % en 2024. Cette évolution est surtout visible dans des secteurs comme l’hôtellerie et la restauration, où l’âge moyen des travailleurs reste relativement bas comparé à d’autres domaines tels que l’agriculture, où il dépasse largement les 47 ans.
En parallèle, selon l’OFS, le taux d’activité des 65 à 74 ans a également progressé, atteignant 18,8 % en 2024, soit une hausse de 1,4 point par rapport à 2014.
Des raisons multiples à cette prolongation de carrière
L’augmentation du taux d’activité des seniors peut être expliquée par plusieurs facteurs. D’une part, le vieillissement de la population et la prolongation de l’espérance de vie amènent de plus en plus de personnes à rester actives au-delà de la retraite légale, ou à retardé cette dernière.
D’autre part, la pression démographique et le manque de main-d’œuvre qualifiée dans certaines branches incitent les employeurs à faire appel à des travailleurs plus âgés, dont l’expérience est de plus en plus valorisée.
Cette situation est d’autant plus marquée dans les secteurs en tension comme la santé, où les seniors trouvent des opportunités malgré un marché de l’emploi de plus en plus compétitif. Le rapport de l’OFS souligne que la participation des seniors est également en hausse lorsqu’on considère l’équivalent temps plein (EPT), avec une augmentation notable chez les femmes (+7,1 points de pourcentage) par rapport à leurs homologues masculins (+3,0 points).
Une stabilité relative face au chômage
Bien que les seniors soient souvent perçus comme plus vulnérables sur le marché du travail, leur taux de chômage est globalement plus faible que celui des plus jeunes. En 2024, le taux de chômage des 55-64 ans était de 3,4 %, bien inférieur à celui de la population active totale, qui se situe à 4,3 %.
Ce chiffre illustre non seulement la résilience de cette tranche d’âge, mais aussi leur capacité à s’adapter aux évolutions du marché. De plus, un nombre croissant de seniors choisissent d’exercer des activités professionnelles après 65 ans, un phénomène qui s’est accentué après la crise sanitaire de 2020, lorsque beaucoup ont décidé de repousser leur départ à la retraite.
D’après l’OFS, l’âge moyen de sortie du marché du travail était de 65,0 ans en 2024, un chiffre stable par rapport aux années précédentes, bien que légèrement influencé par les fluctuations liées à la pandémie.
Une population active vieillissante
L’une des conséquences de cette évolution est le vieillissement de la population active en général. En 2024, l’âge moyen des travailleurs a franchi la barre des 42 ans, contre 41,2 ans en 2014. Si les travailleurs suisses sont globalement plus âgés que leurs homologues étrangers, avec un âge moyen de 43,1 ans contre 40,4 ans, cette tendance est particulièrement marquée parmi les indépendants, dont l’âge moyen est de 49,2 ans.
Cette dynamique modifie non seulement les structures de l’emploi, mais aussi les attentes des employeurs et des salariés, et redéfinit peu à peu les contours de l’âge de la retraite en Suisse. Par ailleurs, le ratio entre les personnes de 65 ans ou plus et la population active continue de croître. En 2024, on comptait 37,4 retraités pour 100 personnes actives âgées de 20 à 64 ans, un ratio en constante hausse depuis 2014, marquant le vieillissement démographique du pays.








