Le chômage de longue durée, c’est un phénomène qui frappe de plus en plus fort en Suisse, et surtout en Suisse romande. En 2023, on avait presque l’impression que l’économie suisse sortait enfin de la crise, avec une nette baisse du chômage. Mais voilà, en 2025, la réalité frappe de plein fouet : environ 18’000 personnes se retrouvent sans emploi depuis plus d’un an.
Ce n’est pas un chiffre qui fait rêver, surtout dans les cantons romands, où la situation est particulièrement préoccupante. Et pour ceux qui vivent cette longue période d’inactivité, il n’y a pas de retour rapide à la normale. C’est une période de remise en question, de frustrations et d’incertitudes.
Le chômage longue durée : un retour en force après la crise
En 2023, tout semblait s’arranger. La Suisse enregistrait des chiffres du chômage presque optimistes, et les personnes au chômage depuis plus d’un an étaient réduites à environ 6’500. Une amélioration spectaculaire par rapport aux 20’000 de 2021. Pourtant, ce joli tableau s’est assombri dès 2025. Environ 18’000 personnes, principalement dans les cantons romands, peinent à trouver un emploi stable. Cette situation, bien qu’encore inférieure aux pires moments de la crise Covid, reste préoccupante. C’est la preuve que tout ne va pas aussi bien qu’on le pensait.
Les cantons latins sont particulièrement touchés par ce phénomène. Dans le Jura, par exemple, une personne active sur cent se retrouve en dehors du marché du travail, une situation qui, au-delà des chiffres, impacte profondément le quotidien des individus concernés. À Neuchâtel, Vaud, Genève et les autres cantons romands, les taux sont bien plus élevés que dans le reste du pays. Des chiffres inquiétants qui montrent qu’une partie de la population est durablement exclue du monde du travail, avec des conséquences sociales et économiques.
Si ce chômage longue durée est difficile à vivre pour les jeunes ou les personnes récemment diplômées, il touche aussi des générations plus âgées, et c’est là que la situation devient encore plus délicate.
Les seniors : des travailleurs invisibles et pourtant motivés
Si vous pensiez que le chômage de longue durée touchait surtout les jeunes, détrompez-vous. En Suisse romande, ce sont surtout les plus de 50 ans qui souffrent le plus. Les hommes de cette tranche d’âge, en particulier, représentent plus de 56 % des chômeurs longue durée. Une situation qui pourrait paraître paradoxale, car on pourrait imaginer que cette génération, avec son expérience, serait un atout pour le marché du travail. Pourtant, une fois qu’un senior perd son emploi, il devient souvent invisible aux yeux des recruteurs.
« Les personnes seniors sont sous-représentées de façon générale dans le chômage », explique Mathilde Appia, directrice de la Fondation Qualife. « Mais dès qu’elles perdent leur emploi, elles ne sont plus vues comme une ressource importante pour l’entreprise, mais comme un coût », relate la RTS. Cette perception mène à leur sur-représentation dans les statistiques du chômage longue durée. C’est un véritable cercle vicieux : plus ils restent sans emploi, plus leurs chances de réinsertion diminuent.
Une solution : la reconversion, le passage obligé pour une réinsertion durable
Face à cette situation, il est devenu urgent de repenser la manière dont la Suisse soutient ses chômeurs longue durée, en particulier les seniors. La reconversion professionnelle, bien que souvent longue et complexe, devient la clé pour redonner une chance à ces travailleurs. Delphine Bachmann, conseillère d’État genevoise chargée de l’Économie et de l’Emploi, souligne que « il ne s’agit plus seulement d’accompagner les gens pour qu’ils retrouvent un emploi, mais parfois de les reformer et de leur offrir une nouvelle chance. » Ce processus, bien que difficile, est indispensable pour que les chômeurs longue durée puissent retrouver un emploi durable et s’intégrer à nouveau dans le marché du travail.
Le soutien de l’État et des entreprises pour accompagner cette transition est crucial. Car même si les chiffres du chômage semblent stables à l’échelle nationale, une partie de la population reste piégée dans une situation de précarité prolongée. Le monde du travail évolue, et il est important que personne ne soit laissé de côté.








