Certains Romands gagnent jusqu’à 23 % de plus grâce à une compétence clé

Emploi en Suisse : la maîtrise de cette compétence particulière permet aux Romands d’augmenter leurs salaires jusqu’à 23 %

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Certains Romands gagnent jusqu'à 23 % de plus grâce à une compétence clé : Crédit : Certains Romands gagnent jusqu'à 23 % de plus grâce à une compétence clé | Econostrum.info - Suisse

Certains cours  sont loin de séduire les élèves, mais quelques compétences acquises à l’école peuvent rapporter gros, surtout pour les Romands. Bien souvent perçu comme une corvée, cet atout caché peut pourtant devenir un véritable levier salarial sur le marché du travail suisse. 

Dans un pays où diverses compétences sont valorisées, certaines peuvent faire toute la différence. François Grin, professeur à l’Université de Genève, étudie depuis des années l’impact de ces compétences professionnelles et souligne leur importance pour les travailleurs romands.

Un atout majeur pour les Romands au travail

La maîtrise de l’allemand peut se traduire par une augmentation de salaire significative pour les Romands. Selon une étude menée par François Grin, ceux qui parlent couramment l’allemand peuvent percevoir jusqu’à 23 % de plus que leurs homologues qui ne maîtrisent pas cette langue. Un tel écart salarial s’explique par le fait que l’allemand reste la langue principale de communication dans près de 70 % du territoire suisse, notamment dans les régions économiques les plus dynamiques.

L’allemand est particulièrement apprécié dans les secteurs où la collaboration entre les cantons alémaniques et romands est essentielle, comme la finance, le commerce et l’industrie. Dans un contexte où de nombreuses entreprises suisses ont des filiales ou des clients à l’étranger, la maîtrise de l’allemand devient un atout incontournable pour les Romands qui souhaitent se démarquer sur le marché du travail. À l’inverse, pour les Suisses alémaniques, la maîtrise du français leur permet également d’augmenter leur rémunération, jusqu’à 15 % dans certains cas.

Une compétence attendue, mais moins valorisée financièrement

L’anglais, autrefois perçu comme un avantage majeur sur le marché de l’emploi, a vu sa valeur salariale diminuer ces dernières années. Une étude menée en 1999 estimait que de solides compétences en anglais pouvaient générer un bonus salarial de 25 %, mais selon des recherches récentes relatées par 24Heures, cet avantage n’est plus que de 12 %. Cela est en grande partie dû au fait que l’anglais est désormais considéré comme une compétence attendue, notamment dans les domaines technologiques et internationaux.

Cependant, bien que l’anglais demeure essentiel pour les entreprises opérant au niveau mondial, c’est l’allemand qui reste plus valorisé dans de nombreux secteurs, en raison de son importance dans la gestion des relations interpersonnelles et de la prise de décision. Thomas Portenseigne, directeur marketing chez Manpower à Zurich, souligne que pour qu’un niveau d’allemand ait un véritable impact sur un CV, il doit atteindre le niveau B2, au minimum. Ce niveau est désormais requis pour que la compétence linguistique soit considérée comme un véritable atout professionnel.

Le plurilinguisme : un levier pour l’économie suisse

Outre les bénéfices personnels pour les travailleurs, le plurilinguisme représente également un avantage majeur pour l’économie suisse dans son ensemble. Selon les travaux de François Grin, la capacité à parler plusieurs langues génère une valeur ajoutée d’environ 50 milliards de francs pour l’économie helvétique, rapporte Blick. Cela reflète l’importance du plurilinguisme non seulement pour l’individu, mais aussi pour la compétitivité du pays. Une main-d’œuvre bilingue ou trilingue facilite la communication, l’exportation et l’intégration des entreprises suisses dans un environnement économique globalisé.

Cependant, malgré les avantages de l’allemand, un sondage mené lors du Salon des métiers à Lausanne a révélé que de nombreux élèves romands privilégient l’apprentissage de l’anglais, perçu comme plus pertinent pour leurs futures carrières. Pourtant, l’allemand reste une compétence cruciale pour ceux qui cherchent à se distinguer dans un marché du travail compétitif et international. En Suisse, plus d’un tiers des offres d’emploi requièrent désormais la maîtrise de deux langues, et de plus en plus d’entreprises exigent des compétences multilingues pour des postes de responsabilité.

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