Une récente étude menée par Deloitte révèle que 68% des Suisses souhaitent une plus grande liberté de choisir l’âge auquel ils partiront à la retraite, plutôt que d’être contraints par l’âge fixe de 65 ans. Cette enquête, réalisée auprès de 1 000 personnes à travers le pays, met en lumière une forte demande de flexibilité, soutenue par une large majorité de la population.
Le débat autour de cette question devient de plus en plus central dans les discussions concernant la réforme du système de prévoyance vieillesse suisse, l’AVS. En effet, les résultats de cette étude montrent non seulement la volonté de plus de liberté individuelle, mais aussi une opposition croissante à l’augmentation des charges financières liées au système de retraite actuel.
Un système de retraite plus flexible pour répondre aux attentes des citoyens
L’étude de Deloitte souligne une tendance claire : près des deux tiers des Suisses souhaitent pouvoir choisir eux-mêmes leur âge de départ à la retraite. Cette recherche met en exergue une volonté de personnaliser le parcours de retraite en fonction des besoins individuels. Actuellement, l’âge de départ à la retraite est fixé à 65 ans pour les hommes, et 64 ans pour les femmes. Cependant, avec l’allongement de l’espérance de vie et la diversité des carrières professionnelles, de nombreux Suisses estiment que cette rigidité ne correspond plus aux réalités actuelles du marché du travail et des parcours de vie. L’idée est que chaque citoyen puisse décider du moment qui lui convient le mieux pour quitter la vie active.
Les raisons pour lesquelles la population plaide pour une telle flexibilité sont multiples. D’une part, certains travailleurs souhaitent poursuivre leur activité professionnelle plus longtemps pour des raisons financières, mais aussi parce qu’ils se sentent encore en pleine forme et épanouis dans leur travail. D’autre part, d’autres, notamment dans des professions plus éprouvantes physiquement, préfèrent quitter le marché du travail plus tôt. Une plus grande flexibilité permettrait ainsi de répondre aux aspirations personnelles et aux différentes situations professionnelles, tout en offrant une meilleure équité au sein de la société.
Les réformes de l’AVS face à un scepticisme croissant
L’étude de Deloitte révèle également une autre dimension du débat : la réticence des Suisses face aux réformes proposées du système AVS. Parmi les sondés, 49% rejettent l’idée d’une augmentation des cotisations salariales, mesure souvent envisagée pour financer le système de retraite face à une population vieillissante. Cette opposition à des hausses de charges est un signal important pour les autorités, qui doivent concilier les besoins financiers de l’AVS avec la volonté de préserver le pouvoir d’achat des actifs et des retraités. De plus, l’étude montre que les propositions de réformes actuelles, qui prévoient une hausse des contributions, sont largement mal accueillies, ce qui complique davantage la tâche des législateurs.
Le rejet de l’augmentation des cotisations salariales pourrait également être lié à une méfiance croissante vis-à-vis de l’AVS, jugée trop contrainte par certains. Nombreux sont ceux qui estiment que le système n’offre pas suffisamment de flexibilité pour répondre aux défis actuels, notamment face à un marché du travail en constante évolution. Ce scepticisme est d’autant plus important à une époque où les travailleurs sont de plus en plus nombreux à changer de carrière plusieurs fois au cours de leur vie professionnelle, ce qui complique le financement de la retraite par le système actuel basé sur des cotisations.








