Actuellement, les épargnants suisses se trouvent dans une situation compliquée. En effet, la BNS pourrait bientôt abaisser son taux directeur, pour le moment de 0,25 %, pour le faire passer en territoire négatif, une décision qui affecterait directement les comptes d’épargne.
Entre 2015 et 2022, les taux négatifs avaient déjà fait leur apparition, ce qui avait considérablement diminué les rendements des comptes d’épargne et entraîné une hausse des frais bancaires.
Aujourd’hui, l’inflation est quasi nulle, avec un renchérissement qui a été de 0 % en avril 2025, et la BNS pourrait réagir en abaissant davantage son taux directeur. Dans ce contexte, les citoyens risquent de voir la valeur de leurs avoirs diminuer encore plus rapidement, souligne Blick.
L’impact direct des taux négatifs sur les comptes d’épargne
Lors de la dernière période de taux négatifs, les banques suisses ont répercuté cette politique sur les comptes d’épargne en augmentant les frais liés aux comptes et aux cartes bancaires, tout en réduisant les rendements des dépôts à zéro.
elon Karl Flubacher, expert en prévoyance chez VZ Vermögenszentrum, même si la majorité des clients ne seraient pas directement impactés par les taux négatifs eux-mêmes, l’augmentation des frais et la faiblesse des rendements risquent de réduire leur pouvoir d’achat.
Pour les comptes d’épargne plus élevés, les taux négatifs ont parfois été appliqués directement aux dépôts, avec des franchises comprises entre 100’000 et 150’000 francs. Ces coûts supplémentaires, combinés à l’impôt sur la fortune, réduisent encore plus rapidement le patrimoine des épargnants, rapporte le média helvétique.
Les alternatives face à la perte de valeur des comptes d’épargne
Dans cette situation, le recours à un compte d’épargne comme protection contre l’inflation est désormais limité. En effet, l’intérêt généré par les comptes d’épargne est presque nul, et les impôts sur la fortune, ainsi que les taxes, viennent encore diminuer leur valeur réelle.
Karl Flubacher précise qu’en 2025, la Raiffeisen prévoit une inflation de 0,2 %, tandis que le Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ (KOF) table sur 0,5 % pour cette même année. Ainsi, même avec des rendements légèrement positifs sur les comptes d’épargne, ces derniers sont insuffisants pour compenser l’érosion du pouvoir d’achat.
Dans ce contexte, les épargnants doivent chercher d’autres solutions, même si ces alternatives comportent des risques. L’expert met en garde que de telles solutions doivent être envisagées avec prudence.
Comment se prémunir des taux négatifs ?
Les Suisses, souvent réticents à prendre des risques, sont nombreux à privilégier les comptes d’épargne, mais face à des taux d’intérêt négatifs, d’autres options doivent être envisagées.
Pour Karl Flubacher, il est pertinent de comparer les frais bancaires entre les différents types de comptes, y compris les comptes salariaux, afin de réduire les dépenses associées à la gestion de l’épargne. Une comparaison minutieuse peut permettre de réaliser des économies de 200 à 300 francs.
Cependant, aucune option n’est à l’abri des taux négatifs. Les épargnants peuvent aussi se tourner vers des solutions telles que le troisième pilier, qui offre une protection minimale avec un risque relativement faible. En 2025, le montant maximal pouvant être déduit des impôts pour ce type d’épargne est de 7 258 francs.
Les placements à faible risque : entre prudence et rendement limité
Lorsque l’on cherche à protéger son épargne, il est difficile de trouver des options totalement sûres. Les obligations de caisse et les comptes à terme fixe, qui sont des solutions à faible risque, ont vu leurs rendements diminuer avec la politique de taux négatifs, devenant ainsi peu attractifs.
De plus, même les obligations à faible risque, comme les emprunts fédéraux, offrent des rendements négatifs en raison des taux actuels. Par conséquent, ceux qui cherchent à faire fructifier leur épargne doivent envisager des solutions plus risquées, telles que les actions.
Les fonds à gestion passive ou ETF, qui suivent des indices comme le SMI, offrent des frais moins élevés que les fonds gérés activement et représentent une alternative intéressante pour les épargnants à long terme.
Les options pour les propriétaires immobiliers face aux taux négatifs
Les propriétaires immobiliers peuvent également tirer parti des taux bas, mais encore faut-il bien choisir leur type d’hypothèque. Les hypothèques Saron, qui sont ajustées en fonction du marché monétaire, permettent de réaliser des économies par rapport aux hypothèques fixes, surtout lorsque les taux d’intérêt sont bas ou négatifs.
Karl Flubacher recommande également de combiner une hypothèque fixe et une hypothèque indexée sur le marché monétaire afin de se protéger contre une future hausse des taux d’intérêt. Cette stratégie permet de bénéficier de taux bas tout en minimisant les risques d’un possible relèvement des taux.








