Record historique d’héritage en Suisse : 100 milliards de francs à transmettre en 2025

L’héritage en Suisse, bien qu’il soit perçu comme une forme de sécurité pour certains, pose de nombreuses questions liées aux inégalités économiques et aux tensions familiales.

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Héritage
Record historique d’héritage en Suisse : 100 milliards de francs à transmettre en 2025 : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

L’héritage en Suisse atteindra un sommet historique en 2025, avec environ 100 milliards de francs qui changeront de mains. Représentant 12 % du PIB du pays, cette somme soulève des interrogations sur les inégalités économiques et sociales croissantes, ainsi que sur les conflits familiaux qui peuvent en découler. 

Si la transmission de patrimoine semble une bénédiction pour certains, elle devient également un facteur de division et de tensions au sein des familles suisses. Alors que les différences de fortune se creusent d’une génération à l’autre, la question de l’équité dans ces transmissions devient de plus en plus pressante.

Une fortune qui se concentre entre les mains de quelques-uns

La Suisse, qui a toujours été un modèle de prospérité, connaît un phénomène remarquable en 2025, avec une fortune héritée estimée à 100 milliards de francs. Cette somme représente 12 % du produit intérieur brut (PIB) du pays et met en lumière une concentration de la richesse qui ne cesse de se creuser. En moyenne, la fortune transmissible par couple s’élève à 1,4 million de francs, soit près de cinq fois plus qu’il y a 30 ans. Cependant, cette moyenne cache de profondes inégalités.

En effet, alors que le quart des couples les moins riches hérite de moins de 829 000 francs, le quart des couples les plus fortunés reçoit plus de 2,4 millions de francs, soit un écart supérieur à 1,5 million, selon Blick. Cette concentration de la richesse dans les mains d’une élite contribue à l’aggravation des inégalités économiques et à la consolidation d’un système où les plus riches transmettent des fortunes colossales à leurs descendants, tandis que les autres peinent à faire face aux défis économiques. L’héritage devient ainsi un facteur majeur dans l’extension de l’écart entre les classes sociales, aggravant les disparités qui existent déjà dans la société suisse.

Ce phénomène interroge sur les moyens de réguler ces transmissions de fortune afin de réduire les écarts. Certains experts plaident pour des réformes fiscales qui permettraient d’atténuer les effets de ces inégalités générationnelles et de garantir une distribution plus équitable de la richesse. Mais à ce jour, la question reste largement ouverte.

Les enjeux humains et juridiques des successions

L’héritage ne se limite pas seulement aux aspects financiers. Derrière chaque succession se cachent des enjeux humains complexes. Les conflits familiaux liés à la transmission du patrimoine sont fréquents et peuvent être lourds de conséquences. En Suisse, environ 90 % des familles choisissent de recourir à un exécuteur testamentaire pour éviter les disputes sur l’héritage. Pourtant, même avec ces précautions, les querelles ne sont pas rares, et certains cas de succession se soldent par des ruptures familiales profondes, parfois irrémédiables.

Ces conflits ne concernent pas uniquement la répartition des biens matériels, mais aussi des aspects affectifs et émotionnels. La gestion de l’héritage, notamment en ce qui concerne les biens de famille ou les objets ayant une valeur sentimentale, peut devenir une source de discorde. Cette situation montre que, au-delà des volontés testamentaires, il est essentiel de gérer la succession de manière humaine, en communiquant de façon claire et ouverte avec les héritiers.

Outre ces tensions internes, un autre défi réside dans la gestion de l’héritage numérique. Si de plus en plus de Suisses prennent conscience de la nécessité de rédiger un testament, peu d’entre eux prévoient des mesures pour la gestion de leurs données numériques après leur décès. Seuls 1 % des individus prennent des mesures pour organiser la transmission de leurs comptes en ligne, photos, e-mails et autres données personnelles stockées sur internet. Ces informations peuvent rapidement devenir un fardeau pour les héritiers : elles risquent de se perdre, de tomber entre de mauvaises mains, ou de persister de manière incontrôlée après la mort du propriétaire.

De plus, le droit successoral suisse demeure défavorable aux couples non mariés. Bien que certains partenaires de vie partagent une vie commune de longue date, sans être mariés, ils sont souvent laissés pour compte en cas de décès. Si ces partenaires n’ont pas pris de dispositions légales claires, ils peuvent se retrouver dans une situation financière désastreuse. En l’absence d’une législation spécifique, près de la moitié des couples non mariés prennent des mesures pour protéger leur partenaire, mais ces efforts restent insuffisants pour garantir une protection juridique solide en cas de décès.

Une autre forme d’héritage devient de plus en plus courante : celui de son vivant. Environ 35 % de la fortune est transmise par anticipation, notamment pour financer l’achat d’un premier bien immobilier, le démarrage d’une entreprise ou le financement de la formation des enfants. Ces versements anticipés, souvent effectués à la retraite, peuvent atteindre des montants considérables. Dans 25 % des cas, ces donations dépassent 400 000 francs, contribuant à alléger le fardeau financier des générations suivantes.

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