Dans une motion déposée, Walter Gartmann, conseiller national de l’Union Démocratique du Centre (UDC), a proposé l’instauration d’un système d’avertissement pour les conducteurs roulant à des vitesses jugées trop faibles, notamment sur les autoroutes et routes nationales.
Selon lui, les véhicules qui roulent à une vitesse comprise entre 40 et 60 km/h créent une gêne et un danger pour la circulation. Il a suggéré qu’un avertissement soit lancé par les radars aux automobilistes « trop lents« , et que toute infraction à ce système soit passible d’une amende.
Gartmann estime que cette mesure renforcerait la sécurité routière en réduisant les dépassements dangereux, en diminuant les embouteillages et en apportant plus de sérénité aux usagers de la route. Il précise que si les radars peuvent déjà détecter les excès de vitesse, ils devraient également être capables de repérer les vitesses trop lentes, comme le souligne 20 Minutes.
Un soutien timide et des critiques acerbes
Cette proposition a fait réagir plusieurs personnalités politiques, notamment Martin Candinas (C/GR), qui a rappelé que la loi actuelle interdit déjà de créer des obstacles à la circulation sans motifs impérieux. Selon lui, les conducteurs lents ne constituent pas un problème majeur. Simone Gianini, président de l’Automobile Club Suisse, a également réagi en qualifiant l’idée de « faux problème« .
Elle estime que les conducteurs trop lents ne sont pas la cause principale des difficultés de circulation, et que l’introduction de nouvelles amendes ne serait pas une solution. L’Association transports et environnement (ATE) a exprimé ses doutes quant à la mise en place de ce système, soulignant qu’un tel dispositif pourrait difficilement s’appliquer dans la réalité.
Le porte-parole de l’ATE, Andreas Käsermann, a précisé que des voitures roulant à 40 km/h sur l’autoroute seraient extrêmement rares. Quant à Michael Töngi (Vert/LU), il a ironisé sur la proposition en suggérant que certains automobilistes, en roulant à 80 km/h, consomment moins de carburant.
Les réactions des citoyens : partagés entre soutien et crainte
Si la proposition a rencontré un certain soutien auprès des citoyens, notamment à Zurich, l’opinion publique reste partagée. Pour certains, comme Kristian et Zlata, des conducteurs trop lents rendent la circulation plus nerveuse et gênent les trajets quotidiens, notamment le matin.
Kristian a expliqué que ces conducteurs ralentissaient le trafic et provoquaient frustration et klaxons. Selon un autre trentenaire, il serait nécessaire d’introduire une vitesse minimale et d’amender ceux roulant à plus de 10 km/h en dessous de cette limite.
Cependant, d’autres, comme Katja, font partie de ceux qui trouvent la vitesse excessive difficile à atteindre. Elle a exprimé sa crainte que la mise en place d’une telle règle ne pousse certains conducteurs à accélérer de manière dangereuse, augmentant ainsi le risque d’accidents.








