Le problème de la pollution due aux pneus dépasse largement l’usure visible. En effet, les pneus, qu’ils soient utilisés sur des véhicules thermiques ou électriques, contiennent des produits chimiques toxiques, dont les effets sur la santé humaine sont préoccupants. Lorsqu’ils s’usent, ces pneus libèrent non seulement des microplastiques mais aussi des produits chimiques qui pénètrent dans l’environnement, notamment dans l’air, l’eau et le sol.
Une étude commandée par l’Office fédéral des denrées alimentaires et de la médecine vétérinaire (OSAV) a récemment mis en lumière une réalité alarmante : ces substances chimiques se retrouvent dans des légumes cultivés à proximité des routes. Les chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ont démontré que des variétés de légumes fréquemment consommées en Suisse, en Italie, en Espagne et en France contiennent ces contaminants. Environ un tiers des produits testés étaient concernés par cette contamination, rapporte Blick.
Un danger pour la santé publique
Les substances chimiques présentes dans les pneus comprennent des additifs toxiques et, dans certains cas, des composés cancérigènes. Bien que les études sur leurs effets directs sur la santé humaine soient encore limitées, leur présence dans des légumes que nous consommons quotidiennement suscite de nombreuses inquiétudes. Ces produits chimiques, issus de l’usure des pneus, s’accumulent dans les plantes qui les absorbent par leurs racines et leur exposition à l’air.
La contamination des légumes par ces substances représente une nouvelle facette de la pollution alimentaire. Selon des recherches réalisées par l’EPFL, les produits chimiques ne sont pas seulement présents dans les légumes cultivés en Suisse, mais aussi dans d’autres pays européens, ce qui soulève une question transnationale de santé publique.
Réactions politiques et attentes vis-à-vis de la Confédération
Face à ces nouvelles découvertes, Gabriela Suter, conseillère nationale du Parti socialiste (PS), appelle la Confédération à intensifier ses efforts pour limiter l’exposition de la population aux substances toxiques contenues dans les pneus. Selon elle, bien que des mesures aient été adoptées pour limiter les microplastiques, l’usure des pneus n’a pas encore été prise en compte de manière suffisamment détaillée. Elle estime que les additifs toxiques des pneus représentent un problème supplémentaire que la Confédération n’avait pas anticipé dans son rapport sur la pollution routière de 2023.
Le Conseil fédéral, bien qu’il ait pris des mesures pour réduire les effets des microplastiques, semble prendre du retard face à la prise en charge des produits chimiques issus des pneus. Des actions comme l’indication de l’abrasion des pneus sur les étiquettes et la mise en place de normes Euro 7 pour les émissions polluantes sont des pas dans la bonne direction, mais pour Suter, ces mesures restent insuffisantes. Elle plaide en faveur de l’introduction de limites strictes pour les substances cancérigènes présentes dans les pneus.