Sous l’impulsion de Donald Trump, les grandes entreprises pharmaceutiques ont accepté de baisser les prix des médicaments aux États-Unis, un accord qui a attiré l’attention internationale. Ce mouvement, bien que bénéfique pour les consommateurs américains, pourrait avoir des répercussions bien au-delà des frontières des États-Unis.
En particulier, les entreprises pharmaceutiques, en raison de la réduction de leurs revenus sur le marché américain, pourraient chercher à ajuster les prix dans d’autres pays. L’une des grandes questions qui se pose est l’impact potentiel de cette évolution sur la Suisse, où les prix des médicaments sont rigoureusement régulés par l’État.
La règle de la « nation la plus favorisée » : un principe susceptible d’influencer d’autres marchés
L’accord conclu entre Donald Trump et 14 des plus grands groupes pharmaceutiques mondiaux repose sur un principe fondamental, celui de la « nation la plus favorisée ». Ce principe stipule que les prix des médicaments les plus bas pratiqués dans d’autres pays serviront de prix maximum aux États-Unis. Autrement dit, les médicaments ne pourront pas coûter plus cher aux États-Unis que dans les autres pays où ils sont les moins chers. Cette règle, décrite comme un des grands acquis de Trump, pourrait potentiellement faire évoluer les prix des médicaments dans d’autres pays si les prix américains sont alignés avec ceux de marchés où les coûts sont plus bas.
Cet accord concerne pour l’instant seulement certains médicaments sélectionnés, produits par neuf groupes pharmaceutiques, parmi lesquels figurent des géants comme Roche et Novartis, qui sont très présents en Suisse. Les entreprises participantes bénéficient d’une exemption des droits de douane que les États-Unis menaçaient d’imposer sur les importations de médicaments. Bien que cet accord touche un nombre restreint de médicaments, il pourrait influencer les négociations futures avec d’autres pays. Le modèle américain pourrait en effet s’imposer comme une norme pour les multinationales pharmaceutiques, créant un précédent pour d’autres marchés, dont la Suisse.
L’impact potentiel en Suisse : une régulation solide mais des pressions à long terme
Malgré l’importance de cet accord, il n’y a pas d’indication immédiate que les prix des médicaments en Suisse seront affectés. La raison principale réside dans le système de régulation des prix qui existe dans le pays. En Suisse, les prix des médicaments sont fixés par l’État, ce qui signifie que Donald Trump et les politiques américaines n’ont aucune influence directe sur les prix pratiqués sur le marché suisse. Le système suisse de régulation vise à garantir l’accès aux médicaments à des prix abordables et à limiter l’impact des variations de prix internationales sur le système de santé national.
Cependant, le fait que des groupes comme Novartis et Roche soient directement concernés par les accords pourrait mettre la Suisse dans une position délicate à long terme, selon 20min. En effet, bien que la régulation des prix protège actuellement les consommateurs suisses, les grandes entreprises pharmaceutiques pourraient chercher à augmenter les prix dans des marchés comme la Suisse pour compenser les pertes liées aux baisses de prix imposées aux États-Unis. D’ailleurs, certaines voix au sein de l’industrie pharmaceutique, dont le CEO de Novartis, Vas Narasimhan, ont déjà souligné leur volonté de collaborer avec les gouvernements mondiaux pour garantir que les innovations pharmaceutiques soient « évaluées à leur juste valeur ». Cette déclaration pourrait indiquer une intention de réajuster les prix, notamment dans des pays à marché régulé comme la Suisse.
De plus, des efforts de la part du lobby pharmaceutique pour réformer le système de régulation des prix ne sont pas à exclure. Le secteur pharmaceutique est connu pour ses tentatives d’influencer les politiques publiques, et la situation actuelle pourrait fournir une nouvelle occasion pour les entreprises de plaider en faveur de réformes visant à introduire plus de flexibilité dans la régulation des prix des médicaments en Suisse. Si ces pressions se concrétisent, les autorités suisses devront naviguer avec prudence pour préserver l’équilibre entre l’accès à des médicaments abordables et le besoin de soutenir les investissements dans l’innovation pharmaceutique.








