La guerre dans le Golfe et le blocage du détroit d’Ormuz ont provoqué une hausse significative des prix du pétrole, se répercutant directement sur les tarifs du carburant en Suisse. Les automobilistes, déjà confrontés à une inflation générale, voient leurs factures à la pompe s’alourdir.
Moreno Volpi, membre de la direction du Touring Club Suisse (TCS), offre des conseils pratiques pour limiter l’impact de cette hausse. Si les conducteurs ont peu de contrôle sur les facteurs externes comme le prix du pétrole ou les taxes, il existe néanmoins des stratégies pour réduire leur consommation et faire des économies.
Les facteurs qui expliquent la hausse des prix
Le coût final du carburant dépend de plusieurs facteurs. Premièrement, la marge appliquée par les stations-service joue un rôle clé dans le prix affiché à la pompe. En Suisse, les prix varient d’une station à l’autre, et la concurrence locale peut influencer considérablement le tarif. Ensuite, le prix du baril de pétrole brut, qui est négocié sur les marchés mondiaux, a un impact direct sur le coût du carburant. L’acheminement du pétrole jusqu’aux raffineries et le processus de raffinage contribuent également à l’augmentation des prix.
Enfin, les taxes appliquées à l’essence représentent une part importante du prix total. En Suisse, l’essence est fortement taxée, et ces taxes servent à financer les infrastructures routières du pays. Les automobilistes suisses n’ont donc que peu de possibilités pour éviter l’augmentation des prix, si ce n’est en choisissant les stations les moins chères. Moreno Volpi, membre du TCS, s’exprime face au micros de la RTS, il recommande aux consommateurs de faire jouer la concurrence en comparant les prix des stations-service pour trouver les tarifs les plus avantageux.
Comment économiser sur le carburant : les astuces du TCS
Face à la hausse des prix, plusieurs solutions s’offrent aux automobilistes pour économiser. Le Touring Club Suisse a mis en place un outil cartographique permettant de comparer les prix de l’essence dans les différentes stations du pays. Cela permet aux conducteurs de repérer rapidement les stations les moins chères. Selon Moreno Volpi, il peut être avantageux de parcourir quelques kilomètres supplémentaires pour profiter d’une différence de prix, surtout si l’on doit remplir un grand réservoir. Il préconise la règle des « trois 5 » : « Cela vaut la peine de faire un détour de cinq kilomètres pour une différence de cinq centimes par litre si l’on met 50 litres dans son réservoir. »
Une autre recommandation importante concerne le style de conduite. La méthode EcoDrive consiste à adopter une conduite plus calme et plus fluide, ce qui permet de réduire la consommation de carburant. Conduire de manière plus douce, utiliser l’élan du véhicule et éviter les accélérations brusques peut permettre d’économiser jusqu’à 15% de carburant. Le TCS encourage les conducteurs à adopter cette approche, particulièrement dans les zones urbaines ou lors des trajets quotidiens. Une conduite modérée non seulement réduit la consommation mais prolonge également la durée de vie du moteur et des pneus.
Malgré ces stratégies, certains se demandent si une intervention de l’État pour réduire la pression fiscale sur l’essence serait possible. Moreno Volpi estime que l’idée d’une baisse des taxes sur l’essence n’est pas forcément une solution viable. « En Suisse, l’essence finance une grande partie de l’entretien, de l’exploitation et du développement des infrastructures routières », rappelle-t-il. Abaisser ces taxes pourrait avoir des conséquences néfastes pour la gestion des routes et autres infrastructures essentielles au quotidien.
Une tendance de fond et des prix plus raisonnables
La situation actuelle doit néanmoins être mise en perspective. La hausse des prix observée est effectivement préoccupante, mais il faut relativiser les augmentations récentes, souligne Moreno Volpi. « Les consommateurs se sont habitués à un prix relativement bas ces deux dernières années, avec des prix avoisinant les 1,50 franc », explique-t-il. En comparaison, après le début de la guerre en Ukraine en 2022, le prix de l’essence avait atteint 2,20 francs le litre, un niveau bien plus élevé. Actuellement, le prix de l’essence sans plomb est d’environ 1,79 franc, soit une augmentation de plus de 10 centimes en deux semaines.
Malgré cette hausse, les prix actuels restent inférieurs à ceux enregistrés lors des pics précédents. Selon Volpi, ce qui choque le plus les consommateurs n’est pas tant le prix atteint, mais la rapidité de l’augmentation. Le marché reste tendu, mais une certaine stabilisation des prix a été observée après un récent bond de 10 % du prix du pétrole brut. L’évolution future des prix dépendra de plusieurs facteurs, notamment des évolutions géopolitiques et de la demande mondiale.








