Les tensions géopolitiques ont souvent des répercussions rapides sur les marchés de l’énergie et sur le prix du carburant. Depuis la fin février, le conflit impliquant l’Iran a relancé les inquiétudes concernant une possible hausse du prix de l’essence en Suisse.
Plusieurs stations-service ont effectivement enregistré une augmentation des tarifs à la pompe, perceptible pour les automobilistes. Pourtant, malgré cette évolution, les acteurs du secteur affirment que la situation reste pour l’instant sous contrôle et ne provoque ni pénurie ni ruée vers les stations-service.
Une hausse liée aux tensions internationales sur le pétrole
Depuis le début des frappes en Iran, le 28 février, les prix du carburant ont progressivement augmenté en Suisse. Selon les observations réalisées dans les stations-service, le prix de l’essence a progressé d’environ 10 à 20 centimes par litre ces derniers jours. Cette hausse est directement liée à l’évolution des marchés pétroliers internationaux.
La principale source d’inquiétude concerne le détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique situé entre l’Iran et Oman. Une part importante du pétrole mondial transite par ce corridor maritime. Toute perturbation du trafic pétrolier dans cette zone peut rapidement provoquer une réaction sur les marchés énergétiques. Les tensions géopolitiques ont ainsi contribué à faire grimper le prix du baril ces derniers jours, ce qui se répercute progressivement sur les prix à la pompe.
Malgré cette augmentation, la situation reste relativement calme dans les stations-service suisses. Tony De Pietro, gérant de station-service, observe que les clients s’interrogent parfois sur l’évolution des prix, mais que les comportements de consommation n’ont quasiment pas changé. Selon lui, «tout ce qui touche le porte-monnaie génère toujours une certaine inquiétude», mais les automobilistes continuent à faire le plein comme d’habitude, rapporte Blick.
Les professionnels du secteur confirment ce constat. Sébastien Probst, directeur des stations-service pour la région Ouest chez Volenergy, indique que la hausse actuelle reste modérée. «Globalement, on est sur une augmentation d’environ 10 à 20 centimes», précise-t-il au média. Ce niveau d’augmentation est significatif pour les consommateurs, mais reste loin des hausses observées lors de certaines crises énergétiques passées.
Par ailleurs, l’approvisionnement du marché suisse n’est pas directement menacé par la situation au Moyen-Orient. La Suisse importe une grande partie de son carburant via les infrastructures énergétiques d’Europe occidentale et de la mer du Nord. «Nous sommes principalement approvisionnés via la mer du Nord, donc nos sources ne sont pas dans le Golfe», explique Sébastien Probst. Cette configuration limite l’impact immédiat des tensions dans la région du Golfe sur l’approvisionnement du pays.
Un marché qui réagit rapidement aux fluctuations du pétrole
Même si la hausse des prix reste limitée pour l’instant, les professionnels rappellent que le marché du carburant est très sensible aux variations du pétrole. Les stations-service fonctionnent en grande partie avec des livraisons régulières et disposent de peu de stocks à long terme.
Selon Sébastien Probst, le carburant vendu aujourd’hui a généralement été acheté très récemment par les distributeurs. Les stations travaillent donc avec un système d’approvisionnement quasiment en flux tendu. Cette organisation signifie que les prix à la pompe peuvent évoluer rapidement en fonction du coût d’achat du carburant sur les marchés internationaux.
Les importateurs suisses achètent le carburant sur les marchés pétroliers mondiaux, où les prix changent en permanence. Lorsque le prix du baril augmente, les coûts d’approvisionnement suivent rapidement cette évolution. Les stations-service ajustent ensuite leurs tarifs en fonction du carburant acheté la veille ou quelques jours auparavant.
Malgré ce fonctionnement sensible aux fluctuations du marché, aucune panique n’a été observée parmi les automobilistes. Les stations ont certes enregistré un léger pic de consommation lors du premier week-end suivant le début du conflit, en particulier en Suisse alémanique, mais la situation s’est rapidement stabilisée.
Aujourd’hui, la consommation de carburant est revenue à un niveau habituel. Les exploitants de stations-service ne signalent pas non plus d’afflux particulier de frontaliers venant de France pour profiter d’un éventuel écart de prix. «Nous n’avons pas constaté de hausse du trafic frontalier sur nos stations», indique Sébastien Probst.
Pour l’heure, les professionnels se veulent rassurants. Les stocks stratégiques et les circuits d’importation permettent d’assurer l’approvisionnement du pays. Aucune pénurie n’est envisagée à court terme. Toutefois, l’évolution du prix du carburant reste difficile à anticiper. Les distributeurs suivent quotidiennement les variations du marché pétrolier et ajustent leurs prix en conséquence.
L’évolution future dépendra essentiellement du contexte géopolitique et de la réaction des marchés pétroliers internationaux. Pour les automobilistes suisses, la hausse actuelle reste modérée, mais elle rappelle la sensibilité du marché de l’énergie aux tensions internationales.








