Depuis le début de l’année 2025, le prix de l’argent a suivi une trajectoire ascendante, marquée par une augmentation de 20% depuis janvier. Bien que ce métal précieux soit moins coûteux que l’or, il n’en demeure pas moins un acteur essentiel sur le marché des métaux. Alors que l’or bat des records, l’argent fait une remontée significative, atteignant des sommets inédits depuis 2011.
Cette dynamique est alimentée par une combinaison de facteurs géopolitiques, économiques et industriels, qui rendent ce métal précieux de plus en plus attractif pour les investisseurs. En parallèle, son utilisation dans diverses industries ajoute une dimension supplémentaire à cette tendance.
Une valeur refuge face aux turbulences mondiales
L’augmentation du prix de l’argent en 2025, tout comme celle de l’or, est en grande partie due aux incertitudes géopolitiques et économiques qui secouent le monde. Les tensions croissantes entre les grandes puissances, telles que la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, ont créé un climat d’instabilité, incitant de nombreux investisseurs à se tourner vers les métaux précieux. Ceux-ci, et notamment l’argent, sont considérés comme des valeurs refuges, des actifs sûrs en période d’incertitude.
Les spéculations concernant une baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine ont également contribué à l’engouement pour l’argent. En effet, si la Fed décide d’assouplir sa politique monétaire, les rendements des actifs plus risqués pourraient être affectés, tandis que les métaux précieux ne réagissent pas de la même manière aux variations des taux d’intérêt. En conséquence, l’argent, comme l’or, bénéficie d’une attractivité accrue dans un contexte économique volatile, explique RTS.ch.
En 2025, l’argent a donc bondi de 20% depuis le début de l’année, un rythme accéléré au mois d’août. Si l’or reste le métal précieux par excellence, l’argent ne cesse de gagner en popularité. Avec un prix actuel d’un peu plus de 1000 francs le kilo, contre plus de 90’000 francs pour l’or, l’écart de valeur reste considérable, mais la tendance reste similaire pour les deux métaux.
L’importance croissante de l’argent dans l’industrie
Bien que l’argent soit largement perçu comme une valeur refuge, son utilisation industrielle joue également un rôle clé dans sa valorisation. À la différence de l’or, qui est principalement utilisé pour des raisons financières et ornementales, l’argent possède de multiples applications industrielles, ce qui le rend plus sensible aux fluctuations de la demande dans ce secteur.
L’argent est un composant essentiel dans des secteurs tels que l’électronique, la photographie, et, de plus en plus, dans les énergies renouvelables. Il est particulièrement recherché pour la fabrication de panneaux solaires, de batteries et dans d’autres technologies liées à la transition énergétique. Cette demande industrielle exerce une pression croissante sur l’offre, contribuant ainsi à la hausse du prix du métal.
Les experts notent que, contrairement à l’or, l’argent bénéficie d’une demande qui fluctue en fonction de la santé de l’économie mondiale. Marie Thibout, économiste senior au sein du groupe Mirabaud, explique que lors de la reprise de l’activité économique, la demande industrielle pour l’argent augmente généralement plus que pour l’or, en raison de son utilisation dans les processus de fabrication. Cela peut engendrer une hausse plus rapide du prix de l’argent par rapport à l’or lorsque l’économie reprend de la vigueur.
Malheureusement, ces dernières années, la production d’argent n’a pas toujours été suffisante pour répondre à la demande industrielle croissante, ce qui explique en partie l’augmentation des prix observée depuis le début de l’année. L’industrie peine à fournir suffisamment de métal pour satisfaire une demande de plus en plus forte, notamment dans les technologies vertes et les véhicules électriques.
Le prix actuel de l’argent, qui atteint des niveaux inédits depuis 2011, reflète cette situation de rareté. Cette dynamique pourrait se poursuivre si la demande industrielle continue de croître, en particulier dans les secteurs liés aux énergies renouvelables et aux technologies de stockage de l’énergie.








