Un phénomène météorologique bien connu a refait son apparition au-dessus de la Suisse ces derniers jours. Des masses d’air chargées de poussières désertiques en provenance du Sahara ont traversé l’Europe et atteint le territoire helvétique. Ce type d’événement naturel survient régulièrement, mais il peut provoquer une hausse temporaire de la pollution atmosphérique.
Dans certaines régions du pays, les concentrations de particules fines ont déjà dépassé les seuils normaux. Les autorités appellent donc à la prudence, en particulier pour les personnes sensibles aux problèmes respiratoires.
Les poussières sahariennes font grimper les particules fines
Depuis jeudi, des poussières en provenance du désert du Sahara circulent dans l’atmosphère au-dessus de la Suisse. Transportées par les courants d’altitude, ces particules minérales parcourent plusieurs milliers de kilomètres avant d’atteindre l’Europe centrale.
Le phénomène concerne l’ensemble du territoire suisse, même si certaines régions sont plus touchées que d’autres. Selon la Conférence des gouvernements de Suisse centrale, la concentration de particules fines a nettement augmenté dans cette partie du pays, relève Blick.
Dans deux stations de mesure, les seuils légaux ont été dépassés. À Altdorf, dans le canton d’Uri, et à Kaiserstuhl, dans le canton d’Obwald, la moyenne journalière de particules fines a franchi la limite de 50 microgrammes par mètre cube. Cette valeur correspond au seuil légal fixé pour la qualité de l’air et ne peut être dépassée que trois fois par an.
La Suisse romande n’échappe pas non plus à cet épisode atmosphérique. À Châtel-Saint-Denis, dans le canton de Fribourg, la qualité de l’air a été jugée «mauvaise pour les groupes sensibles» vendredi à 14 heures selon les données du site de surveillance IQAir.
Les experts rappellent que la poussière du Sahara constitue la plus grande source de poussière minérale naturelle dans l’atmosphère mondiale. Elle atteint régulièrement l’Europe lorsque les conditions météorologiques permettent aux vents en altitude de transporter ces particules vers le nord.
Dans la situation actuelle, la persistance du phénomène s’explique par des conditions météorologiques sèches. L’absence de précipitations empêche les particules de retomber rapidement au sol, ce qui prolonge leur présence dans l’air.
Lorsque ces poussières sont présentes en grande quantité, elles peuvent aussi modifier l’aspect du ciel. L’atmosphère peut prendre une teinte légèrement jaunâtre ou rougeâtre et la visibilité peut être réduite dans certaines zones.
Des effets limités mais une vigilance recommandée pour les personnes sensibles
La hausse des particules fines peut susciter des inquiétudes, mais les spécialistes rappellent que les poussières sahariennes sont généralement moins nocives que d’autres sources de pollution.
Selon la Conférence des gouvernements de Suisse centrale, ces particules minérales sont plus grossières que celles produites par le trafic routier ou certaines activités industrielles. Leur taille plus importante leur permet d’être plus facilement filtrées par les voies respiratoires.
Les particules fines présentes dans l’air proviennent de différentes sources. Outre la poussière du Sahara, on peut citer le pollen, les poussières volcaniques ou encore certaines particules naturelles issues des sols.
Pour certaines catégories de la population, la hausse actuelle des particules fines peut entraîner une aggravation des symptômes. Les personnes souffrant d’asthme ou d’allergies respiratoires peuvent être particulièrement sensibles à cette situation.
Dans ce contexte, la Conférence des gouvernements de Suisse centrale recommande de limiter les activités physiques en plein air lorsque les concentrations de particules sont élevées. En cas de symptômes, il est également conseillé de garder les fenêtres fermées afin de réduire l’exposition.
Les poussières sahariennes peuvent aussi avoir d’autres effets. Les dépôts sur les panneaux solaires peuvent réduire temporairement leur rendement en diminuant le rayonnement capté.
Des concentrations importantes de poussière minérale peuvent également perturber le fonctionnement de certains moteurs et compliquer certaines opérations aériennes.








