La plus grande raffinerie d’or en Suisse se retire du label Swiss Better Gold

Valcambi quitte Swiss Better Gold après sa suspension pour non-respect des normes d’approvisionnement en or certifié, dénonçant des règles trop strictes.

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Lingots d'or
La plus grande raffinerie d'or en Suisse se retire du label Swiss Better Gold - © Shutterstock

Ce retrait marque une nouvelle rupture pour l’entreprise basée à Balerna, déjà en conflit avec d’autres institutions du secteur. Il soulève des questions sur les normes de traçabilité et les exigences éthiques dans la filière aurifère suisse.

Valcambi avait intégré la Swiss Better Gold Association pour promouvoir un or issu de mines artisanales accréditées. Fondée en 2013, l’organisation soutient des producteurs en Colombie et au Pérou en échange d’un or respectant des critères sociaux et environnementaux stricts.

Mais depuis janvier, Valcambi a été suspendue, car elle traitait une quantité jugée insuffisante d’or provenant de ces mines accréditées. Cette décision a été confirmée par la directrice de l’association, Diana Culillas, qui rappelle que l’engagement actif des membres dans la chaîne d’approvisionnement est une exigence. Face à cette suspension, la raffinerie a présenté sa démission sans délai, comme le rapporte Watson.

Une relation de longue date qui s’effondre sur fond de normes strictes

Valcambi collaborait auparavant avec une mine colombienne pour fournir de l’or certifié à la maison de joaillerie Chopard. Mais en 2023, Chopard a cessé ses achats auprès de Valcambi, entraînant la perte de cette chaîne d’approvisionnement. Une autre raffinerie suisse aurait repris ce partenariat, selon les informations relayées par le média helvétique.

Valcambi a alors proposé deux alternatives : intégrer ses propres mines reconnues ou acheter elle-même l’or raffiné pour le revendre. Ces propositions ont été rejetées par Swiss Better Gold, ce qui a conduit l’entreprise à juger que l’organisation ne répondait plus à ses objectifs. Simone Knobloch, directrice des opérations de Valcambi, a déclaré que cette décision leur paraissait incompréhensible.

Un second retrait pour Valcambi en deux ans

Ce n’est pas la première fois que Valcambi tourne le dos à une organisation du secteur. En 2022, la raffinerie s’était déjà retirée de l’Association Suisse des Fabricants et Commerçants de Métaux Précieux (ASFCMP) après quarante ans d’adhésion. Le différend portait sur les restrictions imposées aux importations d’or en provenance des Émirats arabes unis, un point de transit contesté.

L’entreprise considère qu’aucun pays ne devrait être exclu a priori de la chaîne d’approvisionnement. Elle a affirmé avoir traité 300 tonnes d’or en provenance de Dubaï l’an dernier, tout en assurant que la matière provenait de deux sources fiables, comme elle l’a exposé dans un documentaire diffusé par la télévision suisse SRF.

Une vision divergente de la durabilité dans l’or artisanal

Swiss Better Gold, appuyée par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO), mise sur un modèle strict de certification avec des exigences progressives. Les membres, dont des acteurs majeurs comme Cartier, Metalor ou encore MKS Pamp, s’engagent à acheter des quantités définies d’or accrédité.

Une prime de 1,35 dollar par gramme est versée pour financer des projets dans les mines partenaires. En 2023, plus de trois tonnes d’or ont été traitées sous ce label. Face à cela, Valcambi défend une approche différente. La raffinerie affirme continuer de soutenir l’exploitation artisanale à travers d’autres produits équitables distribués notamment aux banques cantonales, comme l’indique la source.

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